- Les mycotoxines; Les espèces fongiques toxicogènes
- Les plantes toxiques
1- Famille des equiisétacées:
11- Famille des
euphorbiacées.
Ricinus communis: Ricin
Codiaeum variegatum: le Croton
Euphorbia pulcherrina: Poinsettia
12 - Prunus laurocerasus Laurier rose
13
- Famille des Ficacées
Ficus elastica. Ficus d'appartement.
14 - Famille
des apocynacées.
Nirium oleander. Laurier rose
15- Zantedeschia aethiopica. Arum et Syngonium.
16- Famille des canabacées.
Chanvre indien (haschich)
Intoxication par des substances médicamenteuses
D- Intoxication par les
anti-parasitaires internes
et externe
1) intoxication du chat par le
lindane
2) intoxication
par la pipérazine
3) intoxication
par le tétramisole
4) intoxication
par le diminazène
E- Intoxication par les anti
-inflammatoire
1) intoxication
par l'aspirine
2) intoxication
par le paracétamol
3) Ibuprofen
4) Naproxen
5) Phénylbutazone
Les pesticides
1- Généralité sur la toxicologie des herbicides
2- Dérivés minérauxLes insecticides
a)
Les
organochlorés:
(DDT,
rothane, méthoxychlore,
b) Les organophosphorés et carbamates: ( parathion, malathion, ronnel, diazinon, trichlorfon, dichlorvos)
Les Fongicides
- Toxicologie:
C'est l'étude des
propriétés chimiques, des
méthodes d'identification des poisons;
l'étude des effets biologiques sur l'organisme
animal et du traitement
des conditions pathologiques qu'il induit.
- Toxicologie
clinique: C'est l'étude des moyens
d'identification de la cause et
du diagnostic des cas d'intoxication
animal; de même des modalités de traitement
généraux et spécifiques misent en
place pour guérir les animaux exposés.
- Substance
toxique, un toxique ou un poison: C'est un agent solide,
liquide ou un gaz
qui interfère avec les processus vitaux des cellules.
-Toxine:
C'est un terme réservé pour les poisons d'origine
naturel (animal ou zootoxine,
plante ou phytotoxine ou micro-organisme).
-Toxicose:
L'état pathologique induit
chez un
animal par une exposition à une substance toxique.
-Xénobiotique:
C'est un composé étranger à
l'organisme animal, il ne possède aucune valeur
nutritive. Il cite comme
exemple: les
médicaments, les produits de synthèses, etc.
- Bioaccumulation:
Un composé capable de s'accumuler dans la chaîne
alimentaire.( DDT, en ppb:
Eau= 0.03; Sédiment = 27; Planton = 400;
Saumon = 8,000; Goéland = 300,000).
- Induction
enzymatique: Mécanisme de contrôle de la
synthèse des protéines ( avec
activité enzymatique) qui est activé ( ex.
Cytochrome P-450). Trois types de
composés inducteurs: Composés
polaires (
Phénobarbital), Hydrocarbures
polycycliques (3-méthylcholanthréne) et les
stéroïdes.
-Biotransformation:
Modification de la structure chimique des substances toxiques par
l'action de
diverses enzymes.
- Augmentation
de la solubilité dans l'eau et l'ionisation.
- Diminution de la
capacité de liaison avec les protéines, de la
solubilité dans les
lipides et de la
perméabilité
des membranes.
- Effet toxique:
-Selon le site; Local,
systémique.
-Selon la lésion:
Réversible, irréversible.
-Réponse: immédiate ou
retardée
-Selon l'espèce,
l'age, etc
- Bioactivation:Un
phénomène biochimique ou chimique qui provoque la
conversion de certaine
substance non toxique en composé toxique.
(
Cyclamate---->
cyclohéxylamine,
par la flore intestinale;
Nitrite
----> nitrosamine à pH acide dans l'estomac,
carcinogenèse).
- Génotoxique:
C'est une substance chimique qui réagit naturellement avec
l’ ADN. Elle possède
aussi une activité mutagénique,
carcinogènique .
- Carcinogène:
Se dit d'une substance chimique, une fois activée, se lie
avec
ADN et provoque
des altérations permanentes et cause le
cancer.
( Classification
et les sources de substances toxiques:
Détection de la présence et
détermination
de la teneur des substances toxiques:
Mécanisme d'action).
Le rôle de la chimie en
toxicologie est d'identifier les produits toxiques par des
méthodes de
purification, de caractérisation et de synthèse. La chimie analytique est
utilisée pour la
détection et la quantification, alors que la biochimie et
chimie servent à déterminer
les mécanismes d'action.
Il existe une grande
diversité de composés toxiques qui ont aussi des
origines diverses. En
voici, un aperçu:
-
les radiations ionisantes (rayon X,
rayons cosmiques et radio-isotopes);
-
les radiations non-ionisantes
(visible, UV et micro-ondes);
- les
métaux lourds (plomb, mercure,
cadmium);
-
les toxines des fungi, plantes,
bactéries et certaines espèces animales;
-
les pesticides (produits toxiques
synthétiques);
-
les effluent industriels et autres
agents polluants;
-
les
agents de la pollution atmosphérique (CO,
NOx,SO2,O3 et hydrocarbures).
Il existe plusieurs méthodes
pour séparer et identifier les produits toxiques. Toutefois, il n'y a pas de
recette miracle
pour répondre à toutes les questions analytiques. Les analystes doivent
ajuster leur méthodes
d'analyse à chaque nouveau cas en tenant compte des
propriétés des produits
concernés: la
solubilité, l'acidité, le
poids moléculaire, la volatilité, la
stabilité, la nature de l'échantillon et
la concentration de l'élément à
analyser.
Pour caractériser un
produit, on doit connaître son poids moléculaire,
les groupements fonctionnels,
le type d'atomes présents et de quelle façon, ils
sont unis. Les
techniques les plus utilisées dans ce
domaine sont la spectroscopie de masse pour déterminer les
poids moléculaire et
la formule chimique, la spectroscopie infra-rouge, pour mettre en
évidence les
groupements fonctionnels, et finalement la résonnance
nucléaire magnétique pour
aider à reconnaître les isomères.
La toxicologie analytique
sert à isoler, caractériser et quantifier les
diverses composantes d'un mélange
complexe en utilisant les méthodes de chimie organique et
analytique et la
spectroscopie. La
séparation d'un
mélange complexe en ses composantes pures repose sur la
"partition"
des éléments dans des liquides non-miscibles
(P=C-octanol \ C-eau). Un
coefficient de partition élevé indique un
produit liposoluble et la structure est
déterminée par la solubilité dans
l'eau
qui est favorisée par les charges ioniques. Donc les produits ayant un P
élevé, pénètrent
facilement les membranes et sont responsables de la bioaccumulation. La
chromatographie est une extension du principe de partition et plusieurs
méthodes sont disponibles: TLC, HPLC, GLC (produits
volatiles). Un des
problèmes les plus courants en
toxicologie est de déterminer le devenir d'un
composé donné dans un système
biologique. La
solution adoptée est
celle du marquage à l'aide de radio-isotopes.
On peut ainsi quantifier chaque métabolite,
c'est ce qu'on appelle la
pharmacocinétique.
Les hydrocarbures
aromatiques polycycliques (HAP) ont été
identifiés après de très nombreuses
années de recherche suite à la
découverte de la relation qui existait entre une
exposition au goudron pendant de longues périodes. Des cas de cancer de peau
y ont été associés
à partir de la fin du 18ième siècle et
ce n'est qu'en 1930 qu'on a pu purifiée
le benzo(a)pyrène. Ensuite,
dans les
années 50, par la découverte de la double
hélice de l'ADN et les méthodes de
marquage radioactifs on a pu faire le lien entre l'intensité
entre le
benzo(a)pyrène et l'ADN et le potentiel
carcinogène de ce produit.
Cette découverte a ouvert la porte à de nombreuses questions en recherche sur le potentiel carcinogène des produits chimiques.
L'absorption, la
distribution, la biotransformation et l'élimination des
substances
toxiques. Les
effets des substances toxiques sur les organes et les tissus. Les
mécanismes de
toxicité et les facteurs qui influencent la
réponse. Les processus
et l'application
des tests de toxicité.
Les éléments
d'éthique concernant
l'utilisation des
animaux pour les tests de toxicité).
Il y a trois façons pour un
agent de traverser les membranes biologiques et d'être
absorbé: la diffusion,
le transport par protéines porteuses et le transport actif.
Les caractéristiques d'une
molécule facilement absorbable: être liposoluble,
petite et la moins ionisée
possible.
Les produits toxiques sont
absorbés aux sites qui sont exposés à
l'environnement: le tractus digestif est
un des sites les plus touchés, les voies respiratoires sont
aussi
importantes. La
peau, les muqueuses, les
paupières, les oreilles, les membranes vaginales et l'anus.
Après avoir
été absorbé, un
produit toxique doit atteindre l'organe cible, mais l'organisme lui
impose
quatre types d'obstacles: le cycle
entéro-hépatique (ex. empêche le
méthyle
mercure d'aller se loger dans le cerveau), des barrières
à la diffusion
(barrière entre le sang et le cerveau et le placenta), la
liaison des produits
toxiques à des protéines qui facilitent leur
excrétion ou leur entreposage (les
produits liposolubles comme le DDT dans les graisses et certains types
d'ions
dans les os).
Un produit toxique peut être
éliminé dans sa forme originale ou sous forme de
métabolite (produit de
dégradation). Les
molécules liposolubles
et les grosses molécules passent dans le foie et sont
éliminés dans les fèces
par la bile. Les
petites molécules et
les molécules hydrophiles sont
éliminées par les reins dans l'urine.
Les produits toxiques
peuvent subir des modifications de leur structure par l'action de
diverses
enzymes. Ceci
augmente la vitesse
d'élimination en augmentant la solubilité dans
l'eau et le degré d'ionisation
ainsi qu'une diminution de leur liaison aux protéines et de
leur
liposolubilité.
Ces modifications
peuvent mener soit à la détoxification, soit
à la bioactivation. Le
principal site de biotransformation est le foie.
Il y a 2 types de réactions:
1)
les
réactions de
Phase 1: oxydation, réduction et hydrolyse
(l'enzyme la plus
importante ici est le cytochrome P-450 et il est inductif par les
composés
polaires, les hydrocarbures polycycliques et les
stéroïdes; les MFO sont
impliquées ici aussi;
2) les
réactions de Phase 2: formation de glucuronide,
méthylation,
acétylation et glutathion, conjugaison d'acide
aminé ou de sulfates.
Au niveau cellulaire les
sites de transformation sont soit microsomales (P-450, MFO), soit
non-microsomales
(enzymes cytosoliques et mitochondriales).
Les facteurs qui affectent
la variabilité dans la capacité de
biotransformation sont: l'âge, l'induction
enzymatique, la contamination environnementale, l'état
nutritionnel, l'état de
santé et les facteurs génétiques.
Certains traits génétiques
ralentissent la réponse du métabolisme face
à
certains produits toxiques.
Les
effets toxiques: Les effets peuvent être locaux: ils
agissent au
point de contact: ils peuvent être systémiques:
ils agissent après que la
toxine ait été absorbée et se soit
déplacée vers un organe-cible.
Les effets peuvent être d'ordre fonctionnel
(augmentation de BUN dans le sang, ou de SGPT au foie), d'ordre
morphologique
(nécrose ) ou d'ordre allergique (réaction de
type antigène-anticorps).
Les
mécanismes de toxicité et les
facteurs qui influencent leurs réponses: La plupart des produits
toxiques agissent au
niveau cellulaire dont les cibles sont les acides nucléiques
(ruptures des
liens hydrogènes), les lipides et les protéines
(inhibition d'enzymes). La
réponse aux produits toxiques dépendent
des espèces, du statut hormonal, du sexe et de
l'âge. Quand
plusieurs produits toxiques sont
présents simultanément, il y a des interactions
chimiques qui peuvent être de
type additif synergique, de potentiation ou antagoniste.
Les
tests de toxicité: On classe ces tests en trois groupes selon
leur
durée: aigu, sous-chronique (90jours) et chronique (jusqu'au
dernier quart de
l'espérance de vie; fait seulement avec des rongeurs). Le produit à
tester doit être pur.
La voie d'administration
d'un produit toxique est importante car elle doit être
représentative de la
voie d'absorption normale. Le
véhicule
utilisé pour l'administration du produit doit être
non-toxique et ne doit pas
être du DMSO non plus. On
doit utiliser
plus d'une espèce, les deux sexes et plusieurs
concentrations du produit, un
groupe témoin, une répartition
aléatoire des individus et un protocole bien
établi.
Les tests de toxicité aigu
servent à établir le LD 50, soit la concentration
où 50 % des animaux traités
en meurent. Il
existe aussi les études
de fertilité et de tératologie (malformations
sans atteinte au patrimoine
génétique).
Les tests de toxicité
chronique impliquent un grand nombre d'animaux et coûtent
très chers. Un
examen approfondi de tous les tissus de
l'animal est effectué à la mort de l'animal.
( L'utilisation
des additifs alimentaires; Les
aliments avec
médicaments; période
de
retrait).
Les effets des nutriments
sur la toxicité sont nombreux.
Par
exemple, les protéines alimentaires servent au
métabolisme de détoxification
des substances étrangères dans le foie.
L'apport de protéines augmente
l'activité des oxydases à fonctions
mixtes et un animal qui souffre d'un manque de protéine (en
quantité ou en
qualité) est plus sensible aux effets des substances
étrangères.
Les graisses alimentaires jouent un rôle
primordial dans les cas de cancer du côlon et du sein. Les graisses agissent
comme promoteur du
cancer, en augmentant le temps de rétention des produits
carcinogènes, en
favorisant leur absorption et en stimulant la formation d'agents
promoteurs
comme les acides biliaires. Par
contre,
les fibres alimentaires protègent contre le cancer du
côlon en liant les
résidus intermédiaires réactifs et en
diminuant leur temps de passage. De
plus, les substances étrangères tendent
à
être plus toxiques lorsque les diètes sont pauvres
en vitamines C et D puisque
cela entraîne une diminution de l'activité des MFO.
Les substances étrangères
et
toxiques ont aussi des effets sur le statut nutritionnel d'un animal. En effet, ils peuvent
favoriser la
dégradation ou la biodisponibilité d'importants
nutriments, ils peuvent aussi
réduire l'ingestion de nourriture en altérant les
qualités organoleptiques des
aliments, ils peuvent réduire l'appétit, ils
interfèrent au niveau de
l'utilisation et du transport des nutriments.
De plus, les produits toxiques augmentent
l'activité des MFO ce qui
augmente à son tour le métabolisme des vitamines
C et D, ce qui entraîne une
surutilisation des réserves corporelles.
Le principal objectif des
tests de toxicité est de s'assurer que l'ingestion de
contaminants et
d'additifs de la nourriture ne produit pas d'effets
délétères chez le
consommateur. Plus
précisément les
toxicologues visent 6 objectifs scientifiques:
- Identifier les effets
qu'un produit entraînera (sans tenir compte de la
concentration);
- Établir des relations
entre les concentrations et les réponses;
- Élucider les mécanismes
des effets toxiques;
- Établir un niveau
"sans effet" (NEL);
- Étudier la synergie avec
d'autres produits sur l'espèce à
l'étude, en tenant compte du sexe, de
l'âge et des conditions
expérimentales, pour
ce qui est du NEL;
- Déterminer la
"concentration quotidienne acceptable" (ADI).
Les études toxicologiques
faites en vue d'évaluer l'aspect sécuritaire des
alimentaires L'ADI demandent
des études de toxicité aiguë,
sous-chronique et chronique, des études de
tératologie, de
carcinogénécité et de
génotoxicité.
Les changements physiques, l'hématologie, la
chimie du sang, les analyses des fèces et de l'urine, la
pathologie et
l'histologie sont également observés.
La compréhension des bases
génétiques du cancer et la détection
d'agents carcinogènes sont des sujets
d'intérêt en toxicologie.
L'ADN est une molécule de
poids moléculaire élevé faite de bases
azotées (pyrimidines et purines), d'un
sucre et de groupes
phosphate. Les deux
brins d'ADN sont liés entre eux par
des liens hydrogènes.
Une substance génotoxique
est un produit chimique qui réagit naturellement avec l'ADN. Cette substance est
généralement aussi
mutagène (cause des mutations), clastogène (bris
de chromosome) et carcinogène
(induit le cancer). Il
y a des
différences spécifiques dans le potentiel
d'activation. Tous
les carcinogènes\mutagènes n'induisent
pas une réponse positive à chaque test et on doit
donc utiliser toute une
batterie de tests (screening chemicals for mutagenecity, point mulation
tests,
dominant lethal and heritable translocation tests, aneuploidy test,
Ames test).
Synergie
mutagénique
Un produit peut influencer
l'expression des propriétés mutagènes
d'un agent mutagène principal.
Les agents mutagènes sont probablement,
carcinogènes
mais on ne sait pas jusqu'à quel point puisque les deux
tests sont généralement
faits sur des systèmes biologiques différents.
Le
cancer et l'environnement:
On estime que 70-90 % des
cas de cancer sont dus à une exposition environnementale. Souvent, il y a au moins
deux facteurs
carcinogènes environnementaux: le facteur initiateur et le
facteur promoteur
lequel n'est pas détectable par les tests de
mutagénécité.
On croit que l'initiateur transforme une ou
des cellules en un état précancéreux
par une ou plusieurs altérations de l'ADN
chromosomique.
Les
substances carcinogènes dans la
nourriture:
Toutes les surfaces
carbonisées contiennent des produits mutagènes
dérivés des protéines.
Certains
additifs alimentaires et agents de
conservation ont été classifiés
mutagènes
après avoir été utilisés
pendant des
années. Certaines
plantes contiennent
aussi des agents mutagènes naturels (ex. la solanine de la
pomme de terre).
L'évaluation
du risque de mutation:
( Les principaux
pesticides: La source et l'utilisation. Les effets des pesticides sur
les
divers écosystèmes. Les métaux lourds
et
les autres produits industriels).
Est considéré comme une
peste, tout organisme qui entrave les activités des humains
(santé et
production de nourriture). Les
pesticides sont des substances qui contrôlent ou tuent ces
pestes.
Les implications
toxicologiques de l'utilisation des pesticides dans la protection de la
santé
humaine et de la production de nourriture ont conduit au
développement de la
toxicologie réglementé et continue à
défier le développement de techniques
d'analyse et de procédures d'évaluation du risque.
Les pesticides les plus
nombreux sont les insecticides, les antibiotiques et les herbicides. Les catégories
de pesticides reconnues sont
les suivantes: adjuvants, antimicrobiens, fongicides, herbicides,
insecticides,
les régulateurs de croissance et les poisons contre les
vertébrés.
On a déjà
utilisé l'arsenic,
le soufre, le sel, le créosote, les composés
à base de cuivre et certains
produits naturels comme pesticides.
Avec
l'avènement de la chimie moderne on a tenté de
trouver des pesticides de plus
en plus sélectifs, c'est-à-dire qui ne touchaient
que les espèces cibles.
Le DNOC est un des premiers pesticides de
synthèse sélectifs.
L'inhibition de la
cholinestérase est un exemple de la
sélectivité des pesticides.
L'acétylcholine est un
neurotransmetteur relâché dans l'espace entre les
axones en réponse à une
stimulation. Son
action est normalement
de courte durée car l'acétylcholine est
enlevée par l'action de
l'acétylcholinestérase.
Cette inhibition
se fait en 3 étapes.
Les composés
organophosphorés ont été
développés dans les années 40
à partir d'esters
d'acide phosphorique. Les
organophosphorés inhibent l'action normale de la
cholinestérase en
phosphorylant cette enzyme. La
mort de
l'animal atteint résulte d'une accumulation
d'acétylcholine dans le système
nerveux. Il existe
deux antidotes aux
organophosphorés: l'atropine qui agit en bloquant les
récepteurs de l'acétylcholine,
et le 2-PAM réactive l'acétylcholine
inhibée par les organophosphorés.
Les carbamates, une autre classe de
pesticides, agissent aussi en inhibant
l'acétylcholinestérase.
La plupart des pesticides
ont été découverts par hasard. Par
exemple, le cas de la physostigmine qui est un inhibiteur naturel de
l'acétylcholine chez l'humain et en éprouvette
mais ne parvient pas à traverses
la cuticule des insectes. Alors,
dans un
analogue de synthèse on a substituer un atome d'azote
là ou il y avait un atome
de carbone ce qui en faisait un produit non-ionique capable de
traverser la
cuticule.
Les rapports entre la
structure et l'activité d'un produit sont
gouvernés par plusieurs facteurs:
l'ionisation, la forme, la taille, la distribution des
électrons et le coefficient
entre la polarité et la partition.
La sélectivité peut se
définir comme étant une augmentation de la
toxicité vers une espèce non
désirable combinée à une
réduction des dangers pour l'utilisateur ou
l'organisme à protéger.
Ce qui retarde la développement
de produits sélectifs est d'ordre économique.
En effet, si chaque produit était
très sélectif, il y aurait une moins
grande application et donc moins de revenus.
Les pesticides, comme toutes
les autres toxines sont sujets à un grand nombre de
barrières ce qui réduit
leur capacité à se rendre au site d'action.
La sélectivité d'un
pesticide dépend de deux mécanismes majeurs: une
sélectivité d'ordre
physiologique\biochimique (pénétration,
emmagasinage, détoxification,
excrétion, activation, sélectivité au
site d'action) et une sélectivité d'ordre
écologique (qui dépend en gros du manufacturier:
timing, formule, développement
de lignées bénéfiques etc. p.44). C'est
ce dernier point qui a le plus de chance de donner des
résultats utiles dans le
futur.
Toxicologie
environnementale des
pesticides:
( Les effets des pesticides sur les
écosystèmes; Les
méthodes utilisées pour l'étude des
pesticides).
Les facteurs qui influencent
l'impact environnemental des pesticides sont: la toxicité
envers des organismes
non visés, la quantité des pesticide
utilisée, la persistance du pesticide dans
l'environnement, le potentiel de mobilité du produit dans
l'environnement.
Prenons le cas du DDT et du
saumon de l'Atlantique. Il
s'agit là
d'une grave erreur de "timing".
Le DDT a été utilisé
comme insecticide dans des forêts envahies par la
tordeuse des bourgeons de l'épinette.
Le
DDT vaporisé du haut des airs s'est
déposé dans les cours d'eau au moment
où
les jeunes poissons étaient les plus vulnérables,
ce qui a décimé des
populations.
On mesure les effets d'un
pesticide dans l'écosystème aquatique en
utilisant des enclos (méthode mise au
point par l'Université de Guelph, Ontario).
Cette méthode permet de vérifier les
effets d'un agent toxique directement
dans le milieu naturel, d'une part, et d'autre part, de
vérifier la puissance
capacité d'homéostasie des systèmes
naturels. La méthode des enclos permet une
approche holistique du problème, une approche qui tient
compte des divers
éléments du système et de leur
interaction.
L'utilisation des enclos permet d'obtenir des informations
sur la
toxicité d'un produit et la
récupération des organismes touchés,
la diversité
des espèces de l'écosystème
touché et une plus grande précision des
interactions impliquées.
De plus,
l'utilisation des enclos peut servir à valider des
modèles mathématiques.
Toutefois, l'utilisation des
enclos comporte certains inconvénients comme la croissance
de population
parasite de l'infrastructure et l'accumulation des pesticides sur les
parois de
l'enclos.
Résistance
aux pesticides et
biomagnification: (Les facteurs qui affectent la
résistance).
La résistance est
l'habileté
d'une souche d'insectes à tolérer une
concentration de produit toxique qui
autrement serait létale pour la majorité d'une
population sauvage de la même
espèce. C'est
aussi un phénomène
préadaptation qui est le résultat d'une
sélection des individus qui sont moins
sensibles que les autres.
La tolérance
des insectes aux insecticides représentera un danger pour
l'économie mondiale
quand on ne pourra plus contrôler les insectes ravageurs.
La toxicité a un rôle
à
jouer dans l'étude des mécanismes
impliqués dans la résistance d'une souche
d'insectes par exemple, pour choisir par quoi remplacer l'insecticide
devenu
inefficace. Les
divers mécanismes de
résistance se répartissent en trois groupes: des
changements dans les sites
d'action: des changements de pénétration, des
changements de métabolisme.
Il faut aussi tenir compte de la
biomagnification et de la bioconcentration et de l'effet que cela a sur
toute
la chaîne alimentaire.
Les divers
facteurs qui influencent l'ingestion de pesticides par les organismes
est le
coefficient de partition et la biodisponibilité. L'accumulation des
pesticides dans la chaîne
alimentaire de l'écosystème dépend de
la liposolubilité des produits (ex.le
DDT).
a) Classification des risques
d'intoxication
-
Les risques d'origine naturelle:
Les plantes.
Les champignons, les algues.
Les zootoxines(Venins de serpents,
amphibiens, d'insectes).
Les mycotoxines.
Les minéraux toxiques dans les aliments
et l'eau.
-
Les risques d'origine humaine:
Les contaminations industrielles.
Les pesticides.
Les produits domestiques.
Les
médicaments.
Les aliments et
l'eau.
b) Centre de
toxicovigilance vétérinaire:(
École nationale vétérinaire de Lyon,
France).
Quelques données
épidémiologiques sur les intoxications animales
en France. Le Centre National
d'Informations Toxicologiques Vétérinaires et le
Laboratoire de diagnostic
reçoivent des appels et des
prélèvements de toutes les régions de
France, et
parfois de Suisse, Belgique, Italie, Espagne, Canada, etc...
Aujourd'hui le
nombre de cas (ou de suspicions) d'intoxications examinés
est suffisant pour
avoir une bonne idée de ce qui se passe
réellement sur le terrain.
Quelques données vont préciser
certains points.
- Fréquence des appels selon
les espèces.
Ovins
4.9
3.4
Porcins
1.6
1.5
Equins
3.4
3.1
Caprins
2.2
2.1
Chats
6.7
6.4
Poules
1.4
1.7
Autres
4.6
3.8
Gibier,Rapaces, poissons
Deux espèces sont
particulièrement touchées avec des
fréquences voisines: les bovins et les
chiens (25 à 30 % des appels pour les premiers, 35
à 40 % pour les
seconds). Les
densités de population de
ces animaux sont, certes, très élevées
sur tout le territoire. Mais
il faut également ajouter que les
élevages bovins encore de type traditionnel pour la plupart
d'entre eux,
l'environnement des chiens facilitant leur contact avec les produits
les plus divers,
enfin et surtout la propension de ces deux espèces
à avaler n'importe quoi,
sont des facteurs expliquant pour une bonne part ces
fréquences élevées.
Le chat, par contre, montre une méfiance
systématique à
l'égard de toute
substance étrangère à son
environnement habituel. Ainsi,
bien que sa répartition soit voisine
de celle du chien, on ne note que peu d'intoxications dans cette
espèce (4 à 6
% des appels).
Les porcins, les volailles,
les lapins, aujourd'hui presque exclusivement en élevage
industriel, sont peu
concernés par des accidents toxicologiques.
Cependant, lorsqu'une intoxication se produit (par exemple
à la suite de
la distribution d'un aliment médicamenteux
surdosé), les conséquences sont
particulièrement graves puisque
généralement tout l'effectif
(c'est-à-dire
plusieurs milliers d'animaux) est touché.
Les appels concernant les animaux sauvages (gibier y
compris) sont peu
nombreux, environ 6 à 8 % du total.
Ces
chiffres sont certainement relativement éloignés
de la réalité.
En effet, la recherche des cadavres est
particulièrement difficile et bien sûr, non
systématique. Par
ailleurs, la découverte d'un ou plusieurs
sujets n'entraîne généralement pas de
demande de renseignement. Les
mortalités de poissons consécutives à
des
phénomènes de pollution des eaux sont
relativement fréquentes notamment de juin
à août.
- Répartition dans le temps
La répartition mensuelle des appels et des envois d'échantillons montre des augmentations de ceux-ci très nettes de mars à juin, moins marquées en septembre et octobre. La première correspond à la mise à l'herbe des animaux, en particulier des bovins, et à la mise en place des traitements phytosanitaires de printemps sur la plupart des cultures; la seconde à une période où s'effectuent certaines grandes prophylaxies antiparasitaires et où le tapis végétal raréfié par une sécheresse estivale plus ou moins importante peut inciter les ruminants à ingérer des végétaux habituellement non consommés.
- Catégories
de toxiques
Les toxiques peuvent être
classés en quatre grandes catégories:
médicaments, produits phytosanitaires,
végétaux et polluants.
Si les trois
premiers sont clairement définis, il convient de
préciser que par polluants il
faut entendre aussi bien les polluants industriels (hydrocarbures,
métaux
lourds, cyanures ...), agricoles (engrais, nitrates , ...) que
ménagers
(détergents). Les répartitions, en pourcentages,
des appels et des
intoxications certaines sur l'ensemble des données
informatisées du Centre sont
les suivantes:
Les pesticides
52.4%
Les médicaments
24.3%
Les produits ménagers
7.8%
Les substances polluantes
8.24%
Les plantes
4.22%
Les autres
3.01%.
Ainsi, On observe qu'un appel et un cas d'intoxication sur deux mettent en cause un produit phytosanitaire. Il est intéressant de noter que si les pourcentages des intoxications confirmées augmentent par rapport aux appels pour les médicaments ils sont identiques pour les polluants et plus faibles pour les pesticides et les végétaux.
- Nature des toxiques
Les
médicaments:
Les espèces les plus
concernées sont, par ordre de fréquence
décroissante, les bovins, les chiens,
puis à un degré nettement inférieur
les équins, les chats, les ovins et les
volailles. Dans
près de 25 % des cas le
nombre de sujets atteints ou morts est supérieur
à 6.
Les médicaments incriminés sont, en
premier
et de très loin, les antiparasitaires (utilisation
importante et souvent
systématique effectuée fréquemment par
l'agriculteur, présence de quelques
composés tels que le tétramisole, à
indice thérapeutique faible).
Ensuite et par fréquence
décroissante des
accidents, viennent les antibiotiques, les nitrofurannes, les
hypnotiques, les
anti-inflammatoires, les neuroleptiques... Nous ne
détaillerons pas plus avant
ces accidents thérapeutiques qui seront traités
dans le cours de pharmacologie.
Les produits
phytosanitaires:
Près d'un appel (ou
intoxication) sur deux met en cause un pesticide.
C'est dire l'importance que revêt cette
catégorie de produits. Il est tout à fait
remarquable de constater la fréquence
énorme des cas concernant les chiens.
Les causes en sont multiples (ingestion directe du
principe actif, buvée
des eaux de ruissellement après traitement de
végétaux, consommation de
végétaux traités, etc...). Chez les
bovins, les accidents les plus fréquents
résultent de l'ingestion directe de la
préparation phytosanitaire, de l'absorption pulmonaire lors
d'un épandage par
pulvérisation (hélicoptère) en
présence des animaux, etc...
Les types de
pesticides concernés pour toutes les
espèces:
Appels
Intoxications
Pesticides
(en
%)
certaines (en
%)
Insecticides, Acaricides
19,4
22,6
Fongicides 6,0 6,0
Herbicides
27,2
21,3
Rodonticides,Molluscicides,
Destructeurs des nuisibles
42,3
48,5
Pesticides non identifiés
5,1
1,6
Les rodenticides,
molluscicides et destructeurs des nuisibles, très largement
utilisés et
généralement toxiques, représentent
plus de 40 % des appels. Leur
toxicité est confirmée par le fait que
l'intoxication est plus fréquente.
Il en
est de même à un degré moindre, pour
les insecticides et les acaricides.
Les herbicides, produits également
très
employés, sont facilement incriminés, mais leur
responsabilité dans le
déclenchement d'une intoxication est plus faible. Ce sont en effet,
à quelques exceptions près,
des composés de toxicité faible à
modérée.
Les fongicides très largement
épandus sont, pour la plupart, très peu
toxiques, d'où des appels et des intoxications
très peu nombreux.
Les types de
pesticides concernés chez les chiens:
(en %)
certaines (en %)
![]()
Insecticides,Acaricides 14,7
17,6
Fongicides
3,2
2,8
Herbicides
16,0
13,1
Rodonticides,Molluscicides
Destructeurs des nuisibles
63,3
65,5
Pesticides non identifiés
2,8
1,0
Le chien, de par son
environnement, peut se trouver facilement en contact avec les rodenticides, voir avec les
molluscicides
ou les produits de destruction
des nuisibles. Par
ailleurs, ces composés ont une toxicité
élevée et bien connue de tous.
Ils sont,
de ce fait, souvent utilisés à des fins
malveillantes pour la fabrication
d'appâts destinés à la destruction des
espèces non cibles. Les
insecticides et les herbicides sont
également concernés (respectivement 15 et 16 %
des appels) mais les premiers
intoxiquent, plus fréquemment que les seconds.
Les types de
pesticides concernés chez les bovins
(en %)
certaines (en %)
![]()
Insecticides,Acaricides 23,9
30,0
Fongicides
10,4
10,2
Herbicides
48,9
41,8
Rodonticides,Molluscicides
Destructeurs des nuisibles
12,2
16,4
Pesticides non identifiés
4,6
1,6
Les herbicides sont, de très
loin, les composés les plus suspectés (48,9 % des
appels) et les plus
responsables d'intoxication (41,8 %). Cependant, on note une
très nette
diminution des cas confirmés par rapport aux appels. Comme nous l'avons dit,
les herbicides, très
utilisés sur toutes les cultures, sont presque
systématiquement mis en cause
mais leur responsabilité est souvent infirmée du
fait d'une toxicité
relativement faible pour un grand nombre d'entre eux.
Les insecticides acaricides donnent lieu,
aussi, fréquemment à des appels.
Leur
toxicité est confirmée par le fait que les
intoxications par ces dérivés
augmentent en pourcentage par rapport aux demandes d'informations.
Les principes
actifs les plus incriminés:
Pour les
insecticides-acaricides: Les
organochlorés (principalement le lindane), puis les
organophosphorés
(parathion, fenthion, chlorpyriphos éthyl), les carbamates
(aldicarbe, carbofuran).
Pour les
herbicides: Les
dérivés
très utilisés donc très
fréquemment suspectés, mais donnant peu
d'intoxications
réelles (aryloxyacides: 2,4-D, 2,4,5-T, MCPA; di- et
triazines:
simazine,atrazine). Les dérivés très
toxiques: dipyridiliums (paraquat et
diquat), nitrophénols (DNOC, dinoterb),
préparations à base de minéraux
(arsenic).
Pour les
rodonticides: Les
anticoagulants (coumafène, difénacoum,
bromadiolone, chlorophacinone).Les
composés à action immédiate
(crimidine, chloralose, phosphures, scilliroside,
vitamine D3).
Pour les
molluscicides: Le
métaldéhyde et le mercaptodiméthur.
Pour les
destructeurs des nuisibles:
La
strychnine (qui, bien qu'interdîtes, sauf dans une
utilisation contrôlée comme
taupicide) reste très utilisée en
matière d'acte de malveillance.
Les
végétaux:
Les intoxications
végétales
sont relativement nombreuses et leur fréquence varie
beaucoup en fonction des
conditions climatiques de l'année.
Elles
ont souvent une incidence économique relativement grave car
elles touchent
généralement plusieurs animaux, voir la
totalité d'un troupeau. Elles
concernent essentiellement les bovins, les chiens et secondairement les
ovins,
caprins et volailles. Chez
les premiers,
quelques plantes dominent nettement: la mercuriale, la morelle noire,
les
glands, la fougère aigle, l'oenanthe safranée,
l'amarante, l'if, etc.... Notons
qu'un des problèmes particulièrement
préoccupant dans ce domaine résulte de la
contamination des mais ou fourrages
pour ensilage par des végétaux (mercuriale,
morelle noire, amarante) devenus
résistants aux herbicides sélectifs.
Dans certains cas, les taux de contamination atteignent 30
à 40 % du
poids frais végétal interdisant l'utilisation des
dits ensilages.
Enfin, il convient de
souligner qu'il existe des cas difficiles à diagnostiquer
sur le terrain et qui
résultent de l'ingestion de plantes toxiques à la
suite d'un traitement
phytosanitaire. On
observe, en effet,
dans les jours qui suivent l'épandage de certains herbicides
(notamment de
phytohormones) que l'appétence de plantes toxiques augmente
pour les
ruminants. La
dessiccation progressive
de la plante fait par exemple, disparaître l'amertume et
permet alors une
ingestion massive. Du
fait que les
principes toxiques végétaux sont encore intacts,
une intoxication peut alors se
produire. Chez les
carnivores, ce sont
les plantes d'appartement ou d'ornement qui sont les plus
incriminées: dieffenbachia,
philodendron, mimosa du Japon,
thuya, pommier d'amour, laurier rose, ficus etc...
Les polluants:
Ce sont les bovins qui, avec
près de 60 % des appels, sont les plus touchés
par ce type de substance.
Les intoxications par le plomb, les
nitrates et nitrites, l'urée et l'ammoniaque, le chrome,
concernent de façon
préférentielle, et pour certaines, de
façon exclusive, les bovins;
celles par le cuivre dominent chez les ovins;
celles par les hydrocarbures, solvants, cyanures,
détergents, se partagent
entre les espèces bovines, canines et félines.
c)
Centre de toxicovigilance
vétérinaire:(
Illinois animal poison information center).
-
Fréquence
des appels selon les espèces.(1987)
Espèces
Appels (En %)
Nombre d'appels
Bovins
2.0
563
Ovins
0.3
88
Porcins
0.5
136
Equins
2.0
568
Caprins
0.4
110
Chiens
66.2
18807
Chats
20.3
5758
Aviaires
2.2
631
Autres
6.1
Totale:
28427.
Gibier,Rapaces, poissons
Fréquence
des appels selon les risques toxiques
associés aux agents:
Biologiques:
Plantes
(91%)
Oxalate
(12%)
Alcaloïde
(4%)
Glycoside
(9%)
Autres Plantes
( 64%).
Zootoxines
(5%)
Mycotoxines
(2%)
Bactéries
(1%)
Fréquence
des appels selon les risques toxiques
associés aux agents:
Chimiques:
Hydrocar.
(48%);
Glycols
(16%);
Autres
(10%)
Alcools
(7%);
C.Halogènes
(6%);
Azotés
(3%)
Fréquence
des appels selon les risques toxiques
associés aux agents:
Médicaments
humains:
SNC
(41%);
M.Peau
(14%);
Cardio
(7%)
Combinaisons
(6%);
Hormones
(6%);
S.Digest.
(6%)
Fréquence
des appels selon les risques toxiques
associés aux agents:
Métaux
lourds:
Plomb
(27%);
Cuivre
(16%);
Fer
(10%);
Combi
(10%);
Mercure
(9%);
Arsenic
(8%);
Zinc
(6%);
Sélénium
(4%);
Cadmiun
(1%);
Fréquence
des appels selon les risques toxiques
associés aux agents:
Pesticides:
Rodenticides
(51%);
Insecticides
(29%);
Combi (10%);
Herbicides
(5%);
Fungicides
(3%);
Autres
Fréquence
des appels selon les risques toxiques
associés aux agents:
Médicaments
vétérinaires:
Anthelmentique
(42%);
SNC
(10%);
Antibiotiques
(10%);
T.Peau
(10%);
Systémique P (8%);
Biologiques
(4%);
Fréquence
des appels selon les risques toxiques
associés aux agents:
Divers:
P.Ménagers
(29%);
Construction
(22%);
Maison
(16%);
Fertilisants
(11%);
Cosmétique
(9%);
A.Physique
(8%);
d)
Prévalence au Québec: Les cas
d'intoxication:
- Chez les
bovins,
Les bovins
laitiers: Au plomb (25%); Nitrite-nitrate (15%); Acide cyanhydrique
(12%); La
fougère (8%); Au
sel (5%); Au phosphore (2%); A l'urée (2%); Aux insecticides
(2%); de
causes non
spécifiées (29%).
Chez les bovins
de boucherie: Les plantes toxiques contaminants de l'alimentation; Le
plomb, l'arsenic,
les insecticides et les herbicides, les nitrates et les nitrites, les
hydrocarbures et
le sel.
- Chez
les porcs:
Le mercure, le
cuivre, l'arsenic, le plomb et le fer;
le sel, le produits de préservation du
bois, le goudron
et les huiles industrielles, les insecticides et les herbicides.
- Chez les
volailles:
Les contaminants
de l'eau et de la moulée: Les insecticides,les arsenicaux,
le mercure,
les médicaments
(Sulfamides, les coccidiostatiques), les fongicides et le sel.
- Chez le cheval:
Intoxications
médicamenteuses( vermifuges, tranquillisants,
analgésiques), Insecticides
et
rodenticides, toxines naturelles, les
conséquences du doping.
- Chez les
petits ruminants,
Les plantes
toxiques, les insecticides, les vermifuges, le cuivre, l'arsenic, le
plomb, les
nitrates et le
sel.
- Chez les animaux de
compagnie: Le chien et le
chat.
Les intoxications
alimentaires (30%); Les rodenticides (20%); Les pesticides (Arsenic,
Organochlorés -
organophosphorés (10%);
Les métaux
lourds plomb et mercure (2%);
Le glycol -
Antigel (1%); Diverses autres
substances: Plantes toxiques, produits
ménagers,
médicaments (37%).
e) Risques
toxicologiques pour les
cliniciens.
Les produits en
aérosols et les poussières; Les produits
anesthésiques volatiles; Les
rayons
X lors des radiographies; Les parasites
externes et l'usage non médical des
drogues.
B) Diagnostic des intoxications
a) Généralités:
-
Pas de signe évident d'une exposition
à un poison.
-
Les effets d'un poison ne sont pas
les mêmes pour toutes les espèces.
b) Procédure clinique pour établir un diagnostic: Établir un bon dossier médical. Les cinq étapes:
1.ère Histoire
du cas;
évidence circonstancielle: -Risques toxicologiques
naturels, Métaux
lourds, plantes
toxiques. Risques toxicologiques
d'origine humaine: Contamination
industrielle, Herbicides et pesticides, produits d'utilisation
courante,
Médicaments, Les aliments et l'eau
2.ième Examen clinique de
l'animal ou des animaux.
-
La procédure
de l'examen clinique est identique à celle
des autres types de maladies.
-
L'évolution d'une intoxication
aigu: Signes
cliniques très évidents et
l'évolution rapide vers
la mort.
-
Système
nerveux ( excitation, paralysie).
-
Système digestif: Diarrhée,
vomissement.
-
Hépatotoxicité: ictère.
-Néphotoxicité:
Coloration anormale de
l'urine.
-
Sang: Hypoxémie, hémolyse,
coagulopathie, hypocalcémie ; coloration de
l'hémoglobine.
-
Système respiratoire:
-Système cardio-vasculaire:
3.ième Examen post mortem: Évidence
pathologique, Selon
la procédure
normale.
Examen de l'estomac et de
son contenu. Prélèvement
de tissu pour
l'histopathologie et pour les analyses chimiques.
-
Indications générales: Nature du
prélèvement, Le conditionnement des
prélèvements,
Fiche de commémoratifs,
Envoi des échantillons
-
Prélèvements
complémentaires;
Échantillons d'aliments, Tissus pour examen
histologique,
-
Prélèvements particuliers: Plantes pour
identification; Recherche
de mycotoxines; Échantillons
d'eau.
-
Avec suite judiciaire probable.
4.ième Évidence
analytique.
Le diagnostic
final est basé sur la détection d'une teneur
significative de l'agent toxique
dans les
tissus
de l'organisme animal.
5.ième Évidence
expérimentale:
Reproduire
la maladie avec le matériel
échantillonné. (Un aliment ou de l'eau)
c)Les prélèvements en
toxicologie
vétérinaire. (Indications
générales).
- Nature du
prélèvement:
Lorsque le toxique est connu
se reporter à la fiche toxicologique correspondante. Lorsque
le toxique est
inconnu:
- Pour
les grands animaux:
Animal vivant:
Vomissures, sang
(20à 30 ml sur tubes
héparinés),
urine, éventuellement
des phanères (20 à 30 g).
Animal mort: Prélèvements
obligatoires: foie(100
à 250 g); contenu
stomacal ou ruminal (0,5 à 1
kg); rein
(généralement un rein entier);
graisse, périrénale par exemple (100
g); sang (caillot
cardiaque agonique).
Prélèvements
éventuels: urine
(si possible, car souvent absente par
relâchement des sphincters avant la mort),
encéphale (partie ou totalité),
phanères (20 à 30 g).
- Petits
animaux:
Cadavre
entier, sauf dans quelques cas bien précis,
le contenu
intestinal est inutile; pour
les petits
animaux (poissons, gibiers à plumes, lapins etc...) les
intoxications touchent
souvent plusieurs animaux. Il
est
conseillé d'autopsier immédiatement un ou
plusieurs sujets, de noter les
observations et lésions rencontrées et d'envoyer
au laboratoire un ou plusieurs
cadavres entiers:
Lorsqu'il s'agit d'animaux
de très petite taille (canari, ...) ou de poissons, il est
nécessaire
d'expédier, lorsque cela est possible, le maximum de sujets.
- Le
conditionnement des prélèvements:
Les échantillons doivent
être placés dans des poches ou flacons plastiques
(de préférence de qualité
alimentaire); le sac plastique poubelle, le gant de fouille sont
déconseillés
(non étanchéité,
fragilité,...)
- Si plusieurs
prélèvement sont effectués: mettre
obligatoirement chaque prélèvement dans un
emballage différent.
- Ne
rien ajouter: pas d'antiseptiques, pas de
conservateurs, pas de fixateurs.
- Ne
pas placer au contact direct de
l'échantillon des matières absorbantes (coton
hydrophile, gaze, tissus,
papier,...) qui dessèchent totalement les
prélèvements.
- Fermer
le sachet ou le flacon hermétiquement.
- Identifier
clairement chaque poche ou flacon
à l'extérieur (à l'aide
d'étiquette, de stylo feutre
indélébile).
Notes:
- Le
flacon de verre peut être utilisé, mais il
nécessite un emballage protecteur important et efficace.
- Les
flacons vides de médicaments (ou autres
produits) sont à proscrire totalement.
- Ne
pas remplir totalement les récipients
(attention aux fermentations en particuliers avec les contenus du rumen
ou de
l'estomac).
- Fiche de
commémoratifs
Obligatoire et fondamentale
pour le travail du laboratoire d'analyse:
1- noms et adresses
complètes
du vétérinaire et du propriétaire de
l'animal; 2-
Identification de
l'animal (espèce, race, sexe, âge); 3-
nombre d'animaux atteints et morts, nature des
prélèvements; 4-
Dates de l'apparition des symptômes,
de la mort éventuelle; 5- Description des
symptômes (et lésions)
constatés, et toute indication susceptible d'orienter la
recherche du ou des
toxiques responsables.
Tous ces points ne sont pas
forcément disponibles et portés à la
connaissance du praticien. Parfois,
même, ce dernier n'a pas (ou que
très peu) de renseignements: découverte de
cadavre d'animaux (gibier). On
peut cependant avoir la possibilité
d'indiquer le lieu, la nature des cultures voisines, les
éventuels traitements
phytosanitaires, ...L'expérience montre qu'une fiche de
commémoratifs établie
avec soin permet dans de nombreux cas de guider et d'orienter
efficacement le
travail du laboratoire et, par là même, de
conduire au résultat analytique
recherché.
- Envoi des
échantillons
Placer les échantillons dans
une boîte en polystyrène (ou à
défaut une boîte en carton rigide). Le polystyrène
est un bon isolant thermique,
mais sa fragilité implique une protection en carton du colis. Entourer les
échantillons de substances
absorbantes (sciure, papier journal, ..) en quantité
suffisante. Ajouter
si nécessaire une réserve de froid
(type camping) ou à défaut des sachets
étanches remplis d'eau et préalablement
congelés. Placer
à l'extérieur du colis,
sous l'emballage extérieur ou dans une enveloppe
collée sur le paquet, la fiche
commémoratifs. Expédition par la poste "en
urgence" ou "par
porteur spécial". Ne
pas expédier
la veille (voir l'avant-veille) d'un week-end ou d'un jour
férié. Dans
ce cas, placer en attente au congélateur
et expédier obligatoirement avec une réserve de
froid et un emballage isolant
thermique, de façon à éviter la
décongélation pendant le transport.
-
Prélèvements complémentaires:
Échantillons
d'aliments: Aliments secs
(granulés, poudres,...): 1 kg
environ.
Aliments frais (herbe,
fourrage, ...): 2 Kg environ. Attention,
les végétaux frais moisissent et se
putréfient rapidement dans un emballage
plastique étanche; les mettre dans un sachet de papier
ordinaire.
Échantillons
pour examen histologique:
Réalisés sur
des tissus et organes très frais. Placer les
échantillons dans un liquide de
fixation: par
exemple formol à 10 % (un
volume de la solution du commerce pour neuf volumes d'eau); ou mieux,
eau
physiologique formolée: 100 ml de formol de commerce, 900 ml
d'eau distillée,
8,5 g de NaCL. Utiliser 20 volumes de fixateur pour un volume
d'échantillon.
Utiliser un flacon sans col ou à col large pour le
prélèvement un fois fixé
puisse être facilement extrait. Ne jamais fixer un
prélèvement congelé.
Emballage expédition selon les mêmes
modalités qu'en toxicologie. Mettre cependant une
quantité d'absorbant en
rapport avec le volume du fixateur.
-
Prélèvements particuliers
Échantillons de plantes pour identification: Plante fraîche: Récolte:
- plante entière pour les
petits sujets, - rameau
feuillé avec
inflorescence pour les grandes plantes et les arbres. Vous
étalez la plante (et
surtout les feuilles) sur du papier journal, séparer chaque
échantillon; -
mettre l'ensemble entre deux plaques de
carton rigide, réunies par du scotch; -
si organe volumineux (racines, fruits,...) ne pas les
écraser, les
mettre dans un sachet plastique puis dans un emballage carton.
Plante
sèche: Prélever dans
plusieurs bottes une poignée en
prenant soin de ne pas casser les rameaux, ni de détacher
les feuilles. Mettre
dans une boîte en carton rigide. et
joindre les renseignements suivants:
lieu et date de la récolte,- condition de la
récolte, - répartition
de la plante, -
symptômes et lésions,
-
traitements phytosanitaires éventuellement
effectués. En
effet, certains d'entre eux augmentent
l'appétence de certaines plantes toxiques.
Échantillons
pour examen mycologique et recherche de mycotoxines: Aliments:
0,5 Kg. de foin: - prendre
une
tranche intérieure;- dans
les grosses
balles rondes, prendre une partie externe, une en zone centrale et une
zone
moyenne (50 cm du bord externe). Pour
les ensilages: prélever
les parties
moisies, noter l'emplacement dans le silo, leur couleur, leur
importance.
Échantillon
dans les cas de pollutions des eaux avec mortalité de
poissons: Prélèvement
d'eau : Choix
des points de prélèvement:
Dans un cours d'eau:-
50m en amont du point d'accident (départ de
la mortalité);-
au point de mortalité:
dans l'effluent suspect,
dans le cours d'eau, au point déversement de
l'effluent. - 50 m
en aval de
l'accident. Les
prélèvements se font
mieux au milieu du courant à mi-profondeur.
Parfois nécessité de
prélèvements de surface (hydrocarbures) ou de
fond,
vase, sédiments (produits lourds).
Dans
un plan d'eau: - Prélever
aux points de mortalité et de
rejets suspects ainsi qu'à un endroit
éloigné.
- Volume: chaque
prélèvement
d'eau (au minimum 2 l), de vase (1l), en bouteilles ou en flacons de
verre ou
de plastique, à goulot large pour permettre un
prélèvement rapide et non
sélectif. - Identification:
Chaque
échantillon doit être identifié avec
précision, quant au lieu, à l'heure du
prélèvement,..
Note: pour analyse
bactériologique sur l'eau, utiliser obligatoirement des
flacons stériles.
Prélèvements
de poissons: Deux points
importants: -
nécessité d'avoir des poissons frais
(à
leur arrivée au laboratoire),-
2 à 3 kg
minimum (poissons de grande taille de
préférence),-
Placer les poissons dans des sachets
plastiques,- même
conditionnement que
les autres prélèvements mais avec
réserve de froid obligatoire.
Fiche de
commémoratifs très précise: Enquête
sur le terrain indispensable. - Renseignements
concernant: - le
cours d'eau (largeur, courant, etc..) -
la mortalité (espèces
touchées, ..) en
précisant si les invertébrés et les
végétaux sont atteints.
- l'effluent
suspect (type d'industries, etc..) -
Faire un croquis des lieux.
Prélèvements
concernant le dopage de cheval et visite d'achat: Faire
une
prélèvement de sang:
3 tubes de 10 ml
sur tubes héparinés sous vide (si
contre-expertise probable ajouter 2 tubes
complémentaires), ne
jamais
congeler, conserver
à +4 C avant
l'envoi. Si
besoin: prélèvement
d'urine, uniquement de miction naturelle (diurétiques
à proscrire),
50 ml (si contre-expertise possible, ajouter
50 ml), ne
pas ajouter de conservateurs,
conserver à + 4 C avant l'envoi;
Même
conditionnement et mêmes modalités pour envoi que
pour les autres prélèvements.
Prélèvements
effectués dans le cas où une suite
judiciaire est probable: Lors de
mortalité importante, mettant en
cause par exemple une pollution industrielle, un aliment
médicamenteux, etc...
enfin dans tout accident, avec ou sans mortalité animale,
pour lequel le
contexte laisse présager une issue devant les tribunaux, ou
même tut simplement
faisant intervenir d'éventuels règlements par des
compagnies d'assurances, il
est impératif que le praticien garde en mémoire
un certain nombre de points
importants, et respecte certaines règles:
1-
'il y a mortalité, il faut faire des autopsies
détaillées; ceci est une
évidence, encore faut-il le répéter.
Assister à l'autopsie au clos
d'équarrissage, et en cas d'impossibilité,
s'arranger pour qu'un confrère le fasse à sa
place.
2-
En cas d'intoxication présumée, sans que le
toxique soit connu avec précision,
faire le maximum de prélèvements (si besoin sur
plusieurs animaux); nature des
prélèvement voir ci-avant.
3-
Faire en sorte que ces prélèvements soient faits
correctement, en quantité
suffisante, conditionnés et expédiés
selon les normes.
4-
Faire une enquête précise sur le
terrain. Prendre
son temps et faire ce travail le plus
correctement et le plus complètement possible.
Tout manquement sur ces quatre points peut engager
directement la
responsabilité du praticien.
Par ailleurs il convient
d'insister sur quelques cas particuliers:
Lors d'accidents importants (avec mortalité)
provoqués par des aliments
(ou aliments médicamenteux) il est nécessaire de
veiller: - à
ce que le fabricant ne vienne pas récupérer
la totalité de l'aliment, -
à ce que
des prélèvements de sacs intacts (lorsque cela
est possible) soient effectués
sous contrôle d'huissier de justice (ce même
huissier pouvant faire un constat
de l'état des sacs, de l'aliment, etc...).
Lors d'accidents provoqués par des
médicaments, faire en sorte que le
flacon incriminé soit prélevé pour
analyse, de même qu'un flacon intact du même
lot (il en est de même pour les produits phytosanitaires).
EN
RÉSUMÉ:
Se rappeler qu'un laboratoire ne peut travailler correctement que s'il reçoit de bons prélèvements, en bon état, en quantité suffisante et accompagnés d'une fiche de renseignements précise et complète.
C) Traitement général des intoxications .
a)
Généralités.
Pourquoi un tel sujet ?
Pourquoi ne pas se limiter au traitement
spécifique des intoxications ? Car,
dans de très nombreux cas, un diagnostic d'intoxication est
posé mais la nature
du toxique implique reste inconnue; or, différentes mesures
thérapeutiques
peuvent alors permettre de sauver l'animal.
Retenir qu'en cas d'intoxication ou de suspicion
d'intoxication, il est
très important de traiter le patient (signes et
symptômes qu'il exprime) et non
pas le toxique.
Pourtant, tenter de
préciser le diagnostic et de déterminer la nature
du toxique impliqué reste
important. Dans
le but:
-
d'utiliser éventuellement une
antidote spécifique
-
de déterminer la source de
l'intoxication et d'être en mesure de protéger les
autres animaux et les hommes
qui pourraient y accéder
-
de fournir une preuve de
l'intoxication car, au niveau médico-légal, les
signes cliniques seuls ne sont
pas une preuve.
Donc, ne pas oublier
d'effectuer les prélèvements
nécessaires
à la détermination de la nature du
toxique impliqué (sang, urine,
liquide gastrique, source du toxique et \ ou son contenant).
b)
PRINCIPES DE BASE DU TRAITEMENT
GÉNÉRAL
D'UNE INTOXICATION
1-
Avant
tout, séparer l'animal de la source du toxique:
transporter l'animal à la clinique
vétérinaire réalise
généralement cet
objectif, dans le cas d'un animal non transportable, penser
à faire changer
l'eau et les aliments.
2-
Restaurer
les fonctions vitales et stabiliser l'animal
3-
Agir
sur le toxique: - Limiter son absorption. -
Utiliser un antidote spécifique -
Accélérer son élimination.
4-
Faire
un traitement symptomatique de soutien et suivre l'état de
l'animal
5-
Éduquer
le propriétaire de l'animal.
c)
ÉTAPES CHRONOLOGIQUES
DU TRAITEMENT
Toute intoxication doit être
considérée comme une urgence.
Il faut
agir vite et de façon rationnelle.
1:
PRÉLIMINAIRES:
INSTRUCTIONS TÉLÉPHONIQUES
Très souvent, un
propriétaire suspectant une intoxication contacte la
clinique vétérinaire par
téléphone. Il
faut alors: Questionner
rapidement le propriétaire:
-
du poison suspecte ?
- quand
la contamination a-t-elle eu lieu ?
- comment
est l'animal ?
Vous pouvez alors
téléphoner
a un centre antipoison en attendant que l'animal arrive à la
clinique. N.B.:
divers produits ne sont pas toxiques
après ingestion.
Faire venir l'animal à la
clinique, le plus rapidement possible. En demandant au
propriétaire:
- de
transporter l'animal calmement et de se
méfier d'éventuelles griffures ou morsures (le
comportement de l'animal peut
être grandement modifié).
-
d'amener la source du poison suspecte et\ou
son contenant
-
de recueillir, en cas de vomissements, le vomitus
dans un sac ou un bocal propre.
En cas d'extrême urgence, il
peut être préférable de faire donner
les premiers soins par le propriétaire:
- En
cas de contamination oculaire (rincer
immédiatement l'oeil à l'eau claire pendant 20
à 30 min.)
- En
cas d'ingestion d'un poison et si vous
estimez qu'il sera trop tard pour faire vomir l'animal lorsqu'il
arrivera à la
clinique (aux contre-indications- utilisation de sirop
d'ipéca ou d'eau
oxygénée en solution à 3 %-voir plus
loin)
C'est à vous de juger en fonction du
cas.
N.B.: ne jamais faire boire de lait a un
animal
intoxiqué: le lait favoriserait l'absorption des toxiques
liposolubles.
2: TRAITEMENT
D'URGENCE: RESTAURER LES FONCTIONS VITALES
La Fonction
respiratoire:
Maintenir des voies aériennes
fonctionnelles et une bonne ventilation.
Vous pouvez avoir recours à:
- L'intubation
endotrachéale (chez un animal
comateux ou anesthésie)
- Une
trachéostomie (chez un animal vigile et
sous anesthésie locale)
- La
respiration artificielle en utilisant un
respirateur ou par compression manuelle du ballon des appareils
à anesthésie
(utiliser un mélange 50 % air-50 % oxygène).
La fonction
cardio-vasculaire:
Maintenir un volume
circulant, une fonction cardiaque, une perfusion tissulaire corrects. En cas
d'hypovolemie
- Due
a une hémorragie: transfusion de sang
total (jusqu'à restauration d'une hématocrite
égale à 75 % de la normale)
- Due
à une perte de fluides uniquement:
perfusion de Ringer Lactate.
En cas de troubles de
l'activité cardiaque:
- Massages
cardiaques
- Administration
de substances inotropes et
chronotropes positives tel
que le
Gluconate de Ca (IV très lente) toujours sous surveillance
de l'activité
électrique du coeur.
En cas de troubles graves de
la perfusion tissulaire: Corticosteroides (Dexamethasone).
- Il
faut commencer par ressusciter l'animal,
si nécessaire, et le stabiliser.
3: LIMITER
L'ABSORPTION DU TOXIQUE
Les méthodes utilisées
varient en fonction de la voie de contamination, mais ne pas oublier,
dans tous
les cas, et avant tout, de séparer l'animal de la source du
toxique.
Après ingestion:
Différents procédés
permettent de limiter la
résorption digestive du toxique ingéré.
-VIDANGE
GASTRIQUE:
Induction du
vomissement
Méthode la plus simple pour
vider l'estomac. -
Espèces
concernées: Chien,
chat, porc. - Les
rongeurs sont incapables de vomir ne
jamais faire vomir un lapin (paroi stomacale très fragile).
Délai d'action: Agir le plus rapidement possible: après 4 heures suivant l'ingestion, induire le vomissement n'a que peu d'intérêt (la plupart des toxiques auront alors largement dépasser l'estomac).
Contre-indications: NE
JAMAIS
FAIRE VOMIR UN ANIMAL
APRES INGESTION
DE:
Caustiques-Corrosifs
(acide, base, eau de Javel ...)
Hydrocarbures
(essence...)
Lors de leur ingestion, ces
produits ont déjà lésé la
muqueuse oesophagienne (épithélium abrase et
musculeuse ..) et de plus, ils fragilisent la paroi stomacale. Faire vomir un animal
avant ingéré ce type de
substance pourrait entraîner une rupture de l'estomac et des
lésions
irréversibles voir une rupture de l'oesophage.
N.B.: lors d'ingestion de caustiques ou de corrosifs des
lésions sont
généralement visibles dans et autour de la bouche.
Les antiémétiques
(phénotiazines, diazepam et autres benzodiazepines,
barbituriques,
antihistaminiques, codéine...).
Lors de
: Grande faiblesse,
de coma, Convulsions
(sauf si contrôlé), d'absence de
réflexe, de toux et\ou de déglutition afin
d'éviter des accidents de fausse
déglutition
Émétiques
utilisés:
Apomorphine:
Un émétique d'action centrale, inefficace dans
les états dépressifs.
C'est un émétique de choix chez le
Chien
(sauf en cas d'état dépressif)
0.03 mg\kg IV ou
0.04 mg\kg IM.
Préférer la voie intraveineuse car
l'induction du vomissement est quasi immédiate et les
vomissements sont moins
prolongés. Un
surdosage peut entraîner
une dépression respiratoire, une dépression du
SNC, réversibles sous l'action
d'antagonistes des narcotiques: naloxone (NARCAN) 0.04 mg\kg IV,
levallorphan
(LORFAN) 0.02 mg\kg IV.
Le sirop
d'ipéca:
Un émétique d'action mixte, efficace dans les
états dépressifs.
Chien 1-2.5 ml\kg per
os; Chat 3.3 ml\kg per os (diluer a
50 % dans l'eau
pour atténuer le goût, possibilité
d'utiliser une sonde gastrique;
Porc
15-20 ml\kg per os
Le vomissement doit se
produire dans les 10 à 30 min. suivant l'administration. Un deuxième
dose peut être administré après
30 min., si le vomissement n'a pas eu lieu.
Mais si cette dose reste inefficace, il faut
procéder à un lavage gastrique
car le sirop d'ipéca est cardiotoxique (arythmie, mort). Attention,
ne pas confondre le sirop avec
l'extrait d'ipéca qui est 14 fois plus concentré
et qui est a proscrire en
raison de sa cardiotoxicité élevée.
N.B.: De nombreux foyers disposent de sirop
d'ipéca dans leur pharmacie
(campagnes de promotion en Amérique du Nord
auprès des familles possédant des
enfants).
La Xylazine: Un
émétique agissant par stimulation des
récepteurs adrénergiques a2, très
efficaces chez le chat 1.1 mg\kg IM ou SC.
Mais, attention, risque d'aggraver une
dépression respiratoire et d'entraîner une
bradycardie. Ces
effets secondaires sont antagonistes par
la Yohimbine (bloque les récepteurs a2).
Utiliser cette substance à très
faible dose (0.1 mg\kg IV) afin de ne
pas antagoniser l'action émétique de la Xylazine. Certains auteurs
préconisent d'utiliser la
Yohimbine en prévention.
Le sulfate de
Veratrine: Un
émétique d'action
périphérique. 100 % efficace
chez le Porc, 7.5
mg SC. Contre-indique
chez le chat et le chien.
L' eau
Oxygéné (Solution à 3 %): Peut
être
utilisée chez le chat et le chien 1 à 2 ml\kg, si
le vomissement n'a pas lieu
10 min., après, la dose peut être
répétée une fois.
Attention, ne pas confondre avec de l'eau
oxygénée concentrée
utilisée pour la décoloration des cheveux.
Le Chlorure de
Sodium: Il est
efficace chez les petits animaux mais à ne
pas recommander en raison de leur grande sensibilité
à l'intoxication par le
sel (Hypernatrémie).
En
résumé:
Chien,
apomorphine
(sauf état dépressif) ou sirop d'ipéca
Chat, sirop d'ipéca
ou Xylazine
Porc, sulfate de Veratrine ou Sirop d'ipéca
N.B.: Ne pas oublier de conserver le vomiture pour analyses.
- LAVAGE GASTRIQUE.
Les Indications : -
Chez le
cheval et - Chez les petits animaux, si induire le vomissement n'est
pas
contre-indique, préférer l'emploi
d'émétique au lavage gastrique qui est
généralement moins efficace et plus complexe
à mettre en œuvre.
Le lavage gastrique est indiqué lorsqu'on
n'a pas réussi à induire le vomissement
après ingestion d'antiémétiques,
lorsque induite le vomissement n'est pas sécuritaire (coma
par ex.).
Les
Contre-indications:
Après ingestion
de caustiques ou corrosifs
En cas de convulsions (sauf
contrôlées).
La technique:
Il est important de respecter une bonne
technique, elle va conditionner l'efficacité du lavage:
- Agir
sur un animal inconscient ou légèrement
anesthésié
- Intubation
endotrachéale. Le
tube doit sortir de la bouche afin
d'éviter l'aspiration du
contenu
stomacal.
-
Utiliser un tube endogastrique le plus large
possible (règle: du même calibre que la
sonde
endotrachéale) l'insérer d'une longueur
égale à la distance existant entre le bout
du
nez et l'appendice xiphoïde.
- Abaisser
la tête de l'animal
- Remplir
et vider l'estomac avec des fluides
tièdes: eau ou saline additionné de charbon
active:
5-10 ml\kg à chaque cycle remplissage-vidange
et pour 8 à 15 cycles, les
derniers
rinçages doivent être clairs
conserver le premier rinçage pour analyses au
dernier
rinçage, laisser un quart de la
suspension de charbon active dans l'estomac.
ACCELERATION DU
TRANSIT PAR
UTILISATION DE PURGATIFS.
Purgatifs salins
- Mode d'action:
Substances faiblement absorbées au niveau de
la muqueuse intestinale et provoquant un appel d'eau dans la
lumière
intestinale; l'augmentation de volume de l'intestin stimule la
motilité
intestinale.
Substances:
Sulfate de Na 1g\Kg per os; Sulfate
de Mg ig\Kg per os.
De préférence, utiliser
le
sulfate de Na car il y a un risque de dépression du SNC avec
le sulfate de Mg,
suite à la résorption du Mg et
hypermagnésemie.
L'hydroxyde de Mg (lait de
magnésie) peut être également
utilisé mais son efficacité est moindre. Utiliser
ces purgatifs en association avec
du charbon active.
Purgatifs huileux
Ils peuvent être utilisés
en
cas d'intoxication par des substances liposolubles, mais
généralement
l'association charbon active - purgatif salin est largement aussi
efficace.
Utiliser seulement de
l'huile minérale (les huiles végétales
ne sont pas recommandées car elles
peuvent être absorbées au niveau de la muqueuse
digestive).
Administrer 30 à 40 min.
après l'administration du purgatif huileux, un purgatif
salin.
Lavements
Ils peuvent être
intéressants en cas d'intoxication par un composé
non totalement résorbé en
portion haute de l'intestin. De
plus,
ils renforcent l'activité des purgatifs.
Utiliser de la saline ou de
l'eau savonneuse tiède.
Ne pas exercer
de pression importante, ni injecter rapidement de grands volumes.
Attention au risque de
déshydratation
et de déséquilibre électrolytique.
UTILISATION
D'ADSORBANTS
On peut limiter la
résorption digestive du toxique en l'adsorbant a la surface
d'un composé non
résorbé.
Utilisation combinée avec un
émétique ou un lavage gastrique et avec un
purgatif salin.
Le charbon active est l'adsorbant le plus
efficace. ATTENTION,
seul le charbon
d'ORIGINE VÉGÉTALE a un pouvoir adsorbant.
Il est active par pyrolyse puis oxydation
contrôlée, ces deux opérations
ayant pour effet d'augmenter le nombre de pores et donc la surface
d'adsorption.
Ne jamais utiliser de
charbon d'origine minérale ou animale. (un toast
brûlé n'a aucun pouvoir
adsorbant ..).
Le charbon active est
capable d'adsorber le plupart des toxiques (insecticides, herbicides,
alcaloïdes,
barbituriques, éthylènes glycol ...); il est
inactif sur les cyanures.
Il existe différentes préparations
commerciales vétérinaires de charbon active:
-
Sous forme de poudre:
Forme la plus efficace à utilise en
suspension dans l'eau: 1-4 g\Kg- 1g\5ml d'eau,
administration per os ou mieux par sonde gastrique se
mettre dans un
endroit facile à nettoyer.
-
Sous forme de comprimés:
25 % moins efficace que la poudre mais plus
facile à manipuler. Administrer
un
purgatif salin (sulfate de Na) 30 min. après
l'administration de charbon active
(sauf si la préparation commerciale utilisée
contient déjà un purgatif).
Récemment, certains auteurs sont
préconisé
d'utiliser le charbon active 3 à 4 fois par jour, 2
à 3 jours de suite en cas
d'intoxication.
ATTENTION, l'efficacité du charbon active
est grandement diminuée par le Sirop d'ipéca et
les purgatifs huileux; ne pas
l'associer à ces produits.
N.B:
l'"Antidote Universelle" (2 parts de charbon active, 1 part
d'hydroxyde de Mg, 1 part d'acide tannique) est beaucoup moins efficace
que le
charbon active seul; ne pas l'utiliser.
Neutralisation
du toxique dans le tube digestif
Les absorbants:
Charbon végétal
activé,
charbon officinal: - adsorbant
le plus
efficace, le plus polyvalent; à
administrer
de préférence en suspension dans l'eau, quelques
minutes à 24 heures après
l'ingestion du toxique, si possible avant le vomitif; - doses: grands
animaux:
250 à 500 g; petits
animaux: 5 à 50 g.
Autres adsorbants:
ils sont tous d'activité inférieure
à celle
du charbon végétal activé et donc ont
un intérêt secondaire: - magnésie
calcinée, - kaolin, -
antidote universel (charbon végétal
activé 10 g ; magnésie 5g ; kaolin 5
g ; tannin 5 g; eau qs 200 ml).
Les antidotes chimiques généraux:
- Substances
pouvant former avec les toxiques des combinaisons, des
précipités insolubles et
les neutraliser dans le tractus digestif.
-Souvent d'effets très limités et discutés.
- Substances: - Eau albumineuse (protéines donnant des combinaisons insolubles avec les métaux lourds et neutralisant les acides et les bases), - tannins (précipitent les métaux lourds, les alcaloïdes,...)
-l'hydrate ferrique (même action),
- lait: souvent
considéré comme l'antidote
général par
excellence: en fait le lait favorise l'absorption gastro-intestinale
des
toxiques liposolubles; donc une bonne règle; ne jamais administrer de lait.
4-UTILISATION
D'ANTIDOTES AGISSANT LOCALEMENT
Si l'on connaît la nature du
toxique, on peut limiter son absorption en utilisant des substances
capables de
précipiter, inactiver, neutralise ou chélate le
toxique non résorbé.
Par ex, les tannins précipitent les
métaux
lourds, les alcaloïdes...
Donc, pour limiter
l'absorption digestive:
-
induire le vomissement ou lavage gastrique
(sauf contre-indications).
-
administrer du charbon active,
-
administrer un purgatif salin.
APRES CONTAMINATION CUTANÉE :
Limiter l'absorption transcutanee et digestive
(suite au léchage) en
éliminant le toxique du pelage ou du plumage de l'animal.
Agir le plus vite possible
(dans les 20 à 30 min.).
Méthode:
laver
le pelage à l'eau ou à l'eau savonneuse (savon
acide de préférence).
NE JAMAIS UTILISER DE SOLVANTS (White-spirit,
essence ...) rincer
abondamment
recommencer autant de fois que nécessaire
laver en douceur, ne pas frotter énergiquement
la peau: ceci
favoriserait l'absorption transcutanee
sécher.
L'animal est souvent en état
de choc, le manipuler avec précaution.
La personne qui opère doit
se protéger en portant des gants.
APRES CONTAMINATION
OCULAIRE: Rincer l'oeil
à l'eau claire
ou avec de la saline pendant 20 ou 30 min.
Agir le plus rapidement possible.
Ne pas utiliser d'agents neutralisants.
Examiner l'oeil au plus vite.
5- UTILISER
UNE ANTIDOTE SYSTÉMIQUE SPÉCIFIQUE
Si et seulement si on connaît
la nature du toxique, et au cas ou une antidote spécifique
existe, celle-ci
doit être utilisée.
ATTENTION: les
antidote sont elles-mêmes toxiques; ne
pas les utiliser à l'aveuglette.
L'utilisation d'une antidote spécifique ne
dispense pas des étapes précédentes
et suivantes. Les
antidotes spécifiques
agissent de différentes façons:
-
complexation avec le toxique, ce qui
le rend inerte ex:
dimerca (B.A.L.) sur
l'arsenic.
-
Accélération de la conversion
métabolique du toxique en un composé non toxique
ex: thiosulfate sur les
cyanures.
-
Accélération spécifique
de
l'excrétion du toxique
ex: chlorure sur
le bromure.
-
Compétition avec le toxique au niveau
des principaux récepteurs;
ex: vit K1 et
dérivés coumariniques
-
blocage des récepteurs responsables
des effets toxiques; ex:
sulfate
d'atropine contre les inhibiteurs des cholinestérases.
-
Restauration d'une fonction normale
en réparant les effets du toxiques ex: bleu de
méthylène dans la
méthémoglobinémie induite par les
nitrates.
6- ACCÉLÉRER
L'ÉLIMINATION DU TOXIQUE RÉSORBÉ
- STIMULATION
DE L'EXCRÉTION RÉNALE
Utilisation
de Diurétiques
ATTENTION, l'état
d'hydratation et la fonction rénale doivent être
normaux.
Produits utilisés:-
Mannitol 2g\kg\H en perfusion; -
Furosémide (Lasix) 2mg\kg toutes les 6-8
Hrs. Il
est très important de contrôler
le débit urinaire suite à l'administration de
diurétiques. Celui-ci
doit être au minimum de 0.1 ml\kg\mn.
Altération du pH urinaire
- Le
principe:
A l'état ionisé, les
composés ne peuvent
pas traverser les membranes cellulaires et ne subissent donc pas la
réabsorption tubulaire.
En modifiant le
pH urinaire, on peut jouer sur le degré d'ionisation des
acides et des bases et
ainsi les "piéger" dans l'urine.
Les acides faibles tels que l'acide
acétylsalicylique, certains
barbituriques, l'éthylène glycol ... restent
ionisés dans une urine
alcalinisée.
Les bases faibles telles que
les amphétamines, la strychnine... restent
ionisées dans une urine
acidifiée. N.B.
Les acides et les bases
fortes se trouvent naturellement à l'état
ionisé dans l'urine.
- Les
agents
acidifiants:
Chlorure
d'ammonium (50mg toutes les 6 H).
Alcalinisants: Bicarbonate
de
sodium (5mEq\kg\h dans la perfusion).
Surveiller le statut acido-basique de l'animal.
- DIALYSE
PÉRITONÉAL
Le principe:
La
large surface du péritoine est
utilisée comme membrane d'échange entre des
fluides placés dans la cavité
péritonéale et le sang perfusant les organes
abdominaux. L'efficacité
dépend de caractéristiques du
toxique: - Taille
moléculaire; -
Degré de liaison aux protéines
plasmatiques; -
Pharmacocinétique: plus
le volume de distribution est large, plus l'efficacité de la
dialyse
diminue. Les
indications: Indiquée
en cas d'oligurie ou d'anurie.
Difficile à mettre en oeuvre chez les grands
animaux. Méthode
lourde, longue mais qui
peut être très efficace, notamment en cas
d'intoxication à l'éthylène glycol et
aux barbituriques.
La méthode:
- Solution pour dialyse tiède;
- Infuser 10
à 20 ml\kg de solution dans la cavité
péritonéale;
- Attendre 30 à 60 min. - Retirer la
solution.
-Infuser une nouvelle
solution. Répéter
les cycles pendant 12
à 14 H où jusqu'à restauration de la
fonction rénale.
N.B. le pH peut être modifié de
façon à
maintenir le toxique à l'état ionisé.
7: TRAITEMENT
SYMPTOMATIQUE DE SOUTIEN
Il est fonction des signes
et des symptômes exprimes par l'animal:
SOUTIEN DE LA
FONCTION RESPIRATOIRE;
SOUTIEN DE LA
FONCTION CARDIO-VASCULAIRE;
CONTROLE DE LA TEMPÉRATURE DU CORPS:
En Hypothermie; Garder l'animal dans un
environnement chaud, sans courant d'air.
Couvertures-Tapis chauffant de chirurgie.
Manipuler les lampes à IR avec
précaution
(risque de brûlures et de déshydratation), sous
surveillance permanente
uniquement.
N.B. L'hypothermie
ralentit les réactions métaboliques et donc les
processus physiologiques de
détoxification: il est donc très important de la
combattre. En
Hypothermie: L'utilisation
d'antipyrétiques est déconseillée en
cas d'intoxication. Utiliser des sacs
contenant de la glace des bains froids
des lavements avec des solutions froides une dialyse
péritonéale avec
une solution froide. ATTENTION,
ne pas
sur corriger; il faut prendre la température très
fréquemment.
ÉQUILIBRE ACIDE-BASE:
Le déséquilibre
le plus fréquemment rencontre en cas d'intoxication est une acidose
métabolique; Corriger avec du bicarbonate de Na.
En cas d'alcalose
métabolique (très rare), corriger avec
du chlorure d'ammonium.
ATTENTION de ne pas sur
corriger; surveiller le statut acido-basique de l'animal.
TROUBLES NERVEUX:
En
pratique, ils sont difficiles à
corriger et l'on passe très vite d'un état
dépressif à un état
d'hyperactivité
et vice-versa. Dépression
du SNC: Contrôler
de la même façon qu'une dépression
respiratoire.
Se méfier des
analeptiques en cas d'intoxication, préférer la
respiration artificielle sous
pression positive. Lors
d'hyperactivité
et Convulsions: 1-
Diazepam; 0.5 mg\kg
IV ou IM toutes les 10 min., maximum 3 fois. 2- Si échec,
Phenobarbital; 6 mg\kg
IV. 3- Si
échec, Pentobarbital dans le
but d'induire une anesthésie.
Et tenir
l'animal dans une pièce calme et obscure.
TRAITEMENT
SYMPTOMATIQUE ET ADJUVANT: -
Très varié
en fonction des troubles fonctionnels observés, mais une des
préoccupations majeures
du praticien est de soutenir les grandes fonctions, respiratoire et
cardiaque.- Parmi
les composés les plus
utilisés: -
caféine, théophylline:
analeptiques cardiovasculaires et respiratoires, à action
diurétique
intéressante; - nicéthamide:
analeptique
respiratoire; - heptaminol: tonicardiaque.
L'acéfylline d'heptaminol associe
théophylline et heptaminol. - Pour les
traitements symptomatiques appropriés voir chaque
composé.
CONCLUSION:Même
sans connaître la nature du toxique et donc sans pouvoir
utiliser un traitement
spécifique, on a de bonnes chances de sauver l'animal;
à condition d'agir vite
et de façon rationnelle.
Certaines variétés de
champignons sont impliquées dans des cas d'intoxication chez
le porc, la
volaille et les bovins. Les
métabolites,
produit par ces champignons, contaminent plus ou moins les aliments
selon les conditions
d'humidité et de température lors de la
récolte ou de l'entreposage.
L'ingestion d'aliment
contaminé par les mycotoxines provoquent chez les animaux
divers signes
cliniques dû à des anomalies
métaboliques. Les
mycotoxines sont des substances qui:
1- Inhibent les enzymes;
2- Réagissent avec les
molécules de DNA ou de RNA pour
la synthèse protéique;
3- Interagissent avec les membres cellulaires et
affectent le transport moléculaire et
l'intégrité des lysosomes;
4- Réagissent avec les co-facteurs
enzymatiques.
Plusieurs méthodes
analytiques permettent de mettre en évidence et de mesurer
quantitativement
l'aflatoxine, le zéaralénone, toxine-2
(trichothecès) et l'achratoxine dans les
aliments contamines. Très
souvent
l'exposition des animaux avec mycotoxine est accidentel et de courte
durée. Le
problème le plus difficile du diagnostic ou de la
confirmation de la présence
des mycotoxines est lié à l'effet retard entre
l'apparition des signes
cliniques et la présence de la toxine dans les aliments. Très souvent,
l'exposition aux mycotoxines
est terminé lorsque les signes de toxicité
apparaissent chez les animaux. La
nécessité d'avoir des indicateurs
précoces
d’un état de mycotoxicose est une
préoccupation actuelle des divers intervenant
lié au maintient de l'état de santé
animale et de l'innocuité des produits
agro-alimentaires.
Les effets
immunosuppresseurs de plusieurs mycotoxines modifiés de
manière importante
l'évolution des maladies infectieuses et les effets d'une
vaccination.
La mise en évidence
d'anomalies métaboliques ou de lésions
cellulaires, dû à la présence d'une mycotoxine, peut
être exploité pour le
diagnostic précoce de
l'état de
mycotoxicose. Ces biomarqueurs sont: l'activité de l' AST,
de l'ALP et de la
t-GT plasmatique; de
la SD, de la GSH-PX et de la LDH des
globules rouges; de la phosphoénolpyruvate carboxykinase de
l'extrait
tissulaire rénale; et des taux plasmatiques de glucose, de
protéines totales,
d'albumine, de ß-carotène et de vitamine E.
Plusieurs mycotoxines sont
catabolisées grâce à un processus
métabolique d'hydroxylation réalisé
par les
cytochromes P-450 des divers tissus.
Les
enzymes de ces voies métaboliques ont des groupements
porphyrines et
l'induction de leur synthèse est à l'origine
d'une altération du ration uroporphyrine/coproporhyrine
et 2e de l'augmentation des taux de porphyrines totales urinaires et
fécales. Les
mesures des ratios et des
taux de porphyrines totaux des globules rouges, des matières
fécales et de
l'urine donnent des indices intéressants de l'exposition des
porcs et des
volailles à divers éléments toxiques.
Les facteurs
influencant la production de
mycotoxines.
- Les facteurs
intrinsèques;
- Les facteurs
extrinsèques
L' activité en eau;
La température;
La composition gazeuse;
La nature du substrat.
B) Les Plantes Toxiquues
1- FAMILLE EQUISÉTACÉES:
Equisetum
Palustre et arvense :
Prêle des marais et prêle des champs
Description
botanique.
Toutes les prêles sont
vénéneuses, mais les deux espèces le
plus souvent responsables des
intoxications sont Equisetum arvense et Equisetum palustre -Famille des
Equisétacées.
Equisetum avense L.- Prêle
des champs. Plante
herbacée vivace de
20 à 60 cm. commune dans les prairies à flore
dégradée, à sol silicieux. Cette plante
émet à partir d'un rhizone
profondément enfoncé dans le sol, deux sortes de
tiges aériennes: les
unes stériles, vertes, à tige cannelée
silicifiée, se séparant facilement en articles,
portant à chaque noeud un
verticille de rameaux verts; les
autres,
fertiles, brunes, non ramifiées ayant à leur
extrémité un épi oblong
constitué
d'écussons portant les sporanges.
Principes
toxiques.
La chimie des prêles est
extrêmement complexe et confuse.
Elles
contiennent, comme la fougère aigle, une thiaminase
à activité antivitaminique B1,
responsable, des accidents observés chez le
cheval. Elles
renferment un complexe alcaloidique
mal défini.
Description
clinique de l'intoxication.
L'intoxication survient chez
le cheval et les bovins après consommatin de foin renfermant
des prêles. En
effet, le plus souvent les animaux les
dédaignent au pâturage.
On signale
cependant quelques cas d'intoxication à la mise à
l'herbe chez des bovins ayant
été conduits dans des prairies
marécageuses entièrement envahies par les
prêles. Un
taux de 5 p. 100 dans le foin
peut déclencher une intoxication qui apparaît
toujours après plusieurs jours,
voire plusieurs semaines de consommation du foin toxique. Ce n'est que dans le cas
d'une ingestion
massive de ces plantes au pâturage que l'intoxication se
déclare dans les
quelques heures.
Symptômes.
Dans
la majorité des cas l'évolution de
l'intoxication est subaigue ou chronique.
Chez le cheval ce
sont les symptômes nerveux qui dominent: incoordination
motrice, difficulté de
la station debout avec parfois hyperexcitabilité. L'animal maigrit,
s'affaiblit progressivement
tout en conservant uin appétit normal.
Au début, l'évolution est facilement
réversible par simple changement de
régime.
Chez la vache,
le signe principal de l'intoxication est la diminution brutale de la
sécrétion
lactée, alliée à une baisse de
l'appétit, de l'inrumination, une modification
de l'habitus se traduisant par de l'hébétude, de
la difficulté au relevé.
Ces signes s'accompagnent souvent
d'hémoglobinurie. Dans
les cas graves
l'animal s'affaiblit de plus en plus et l'issue peut être
fatale.
Lésions.
Dégénérescences
hépatique et
rénale dans le cas d'une évolution chronique
ayant abouti à la mort.
Traitement:
Le
seul traitement efficace chez le cheval
combattant les effets de la thiaminase est l'administration quatre
jours de
suite de vitamine B1 à forte dose ou de levure de
bière (50 à 250 g\j).
Chez les bovins: caféine strychnine,
vératrine, sulfate de soude, iodure dans les formes
à évolution chronique.
2. FAMILLE
DES HYPOLÉPIDACÉES:
Pteridium aquilium Fougère d'aigle
Description
botanique:
Pteridium aquilinum L. Kuhn
(syn. Pteris aquilina L.)- Fougère aigle, Grande
fougère- Famille des
Hypolépidacées.
Cette grande fougère est
très commune sur les terrains silicieux.
Les frondes issues d'un rhizome robuste, sortent de terre
isolément. Elles
sont profondément
découpées avec deux ordres de ramification.
Les folioles ou pinnules portées par les
dernières ramifications sont
elles-mêmes découpées dans la partie
inférieure de celles-ci.
Les sporanges sont réunis en spores
linéaires
qui forment une ligne brune continue à la face
inférieure des pinnules.
Il ne faut pas confondre cette espèce avec la
fougère mâle, moins
découpée, sortant de terre par touffe, et portant
des écailles
brunes à la base des frondes.
Principe
toxique:
La fougère aigle renferme
une thiaminase provoquant la
coupure
de la vitamine B1, en ses parties pyrimidique et thiazolique. La thiaminase intervient
dans le syndrome
observé chez les monogastriques, mais ne joue aucun
rôle dans le déterminisme
du syndrome hémorragique constaté chez les bovins. Ce dernier est
dû à un facteur isolé par
EVANS provoquant l'anémie aplastique.
Sa
nature chimique exacte est encore inconnue.
Etude
clinique de l'intoxication.
Atteint les jeunes bovins de
trois à dix-huit mois, beaucoup plujs rarement les bovins
adultes. La maladie
ne s'observe que sur les animaux
en stabulation après consommation de fougère
utilisée comme litière, quinze
jours en moins.
Symptômes.
Le tableau clinioque dans
les cas classiques est caractéristique: abattement profond,
fièvre avec
température élevée (41-42.5 oC) puis,
au bout de quelques jours apparition d'un
état hémorragique
caractérisé par des
pétéchies sur la pituitaire et la
muqueuse buccale, un jetage strié de sang, des
hémorragies cutanées agglutinant
les poils sur la tête et sur le dos, ressemblant à
de véritables "sueurs
de sang", des oedèmes sous-glossiens, une
diarrhée hémorragique.
L'animal s'affaiblit et meurt entre le 6e et
le 10e jour après l'apparition des symptômes.
Lésions.
Ulcères dans la caillette et
l'intestin grêle, suffusions sanguines dans les muscles,
transsudat rosé dans
les séreuses, ganglions hémorragiques,
piqueté hémorragique sur les reins et le
coeur. Chez le
cheval on note seulement
des symptômes nerveux: faiblesse, parésie,
contraction des muscles de la face
et de l'encolure, mydriase.
Traitement:
Chez le cheval vitamine B1,
à forte dose.
Chez les bovins:
administration d'alcool butylique, stimulant de la moelle osseuse
(contesté par
Dalton), injections par voie veineuse de bleu de toluidine,
anti-histaminiques,
antibiothérapie de précaution
contre
d'éventuelles complications septiques.
De toutes façons ces divers traitements sont
inefficaces à un stade
avancé de l'intoxication.
3. FAMILLE DES OMBELLIFÈRES
Corium Maculatum: Grande Ciguë .
Description
botanique:
Conium maculatum L.- Grande cigue tachée -
Famille des
Ombellifères. Plante
herbacée
bisannuelle commune au bord des chemins, dans les décombres,
sur le bord des
rivières. C'est
une plante de 0,80 à
1,50 m de hauteur à tige dressée,
marquée de taches lie de vin (d'où le nom qui
lui est donné), à grandes feuilles
très découpées, divisées 3
à 5 fois en
segments grossièrement triangulaires.
Les fleurs blanches sont groupées en ombelles
composées. L'involucre
est composé de
3 à 5 bractées courtes et non
ramifiées. Les
involucelles des petites
ombelles secondaires ou ombellules ont des bractées
renversées plus courtes que
les fleurs. Le
fruit est un méricarpe
globuleux présentant dix côtes longitudinales peu
saillantes. La
plante exhale une odeur désagréable
lorsqu'on la froisse.
Principes
toxiques.
La grande cigue renferme 5
alcaloides à noyau pipéridine. Le principal est la conicine ou x-propylpipéridine.
On trouve également de la
méthylconicine, de la conhydrine (oxyconicine), de
la pseudo-conhydrine
isomère de l'oxyconicine et de la y-conicéine
dérivé de la tétrahydropyridine.
Tous ces alcaloides sont toxiques mais c'est à la conicine
que la cigue doit le
maximum de sa toxicité.
C'est un
dépresseur du système nerveux.
Toutes les parties
de la plante sont
vénéneuses.
Après la floraison, le fruit s'enrichit d'abord
en conicine puis
s'appauvrit lorsqu'il arrive à maturité et se
dessèche. La plante entièrement
desséchée sur pied ou mêlée
au foin a perdu la quasi totalité de sa toxicité,
la conicine étant relativement volatile.
Les feuilles avant floraison et les fruits non
mûrs renferment 2 p. 100
de conicine.
Description
clinique de l'intoxication.
Tous les animaux sont
susceptibles de s'intoxiquer par la cigue mais sont, toutes choses
égales, par
ailleurs, moins sensibles que l'homme.
Selon CORNEVIN, la dose mortelle pour le cheval est de
l'ordre de 2 kg
de feuilles fraîches et de 4 à 5 kg pour le boeuf.
Selon POLL, la dose
létale chez le canard est
de 50 à 70 g de feuilles.
Les petits
ruminants semblent très résistants. Les
accidents arrivent par ingestion de la plante fraîche. Ils sont rares du fait de
la mauvaise odeur
de la plante.
Symptômes.
Le cheval, une demi-heure
après l'absorption, fait des efforts de vomissement,
présente de la mydriase,
de la dyspnée, est atteint de tremblements musculaires puis
de paraplégie et
enfin se couche et se paralyse. La
mort
survient par asphyxie. Chez
le boeuf, il
y a également une altération des fonctions
digestives avec salivation,
tympanisme, constipation.
Lésions.
Elles sont minimes et non
caractéristiques, la conicine agissant surtout sur les
centres nerveux. On
peut observer une congestion légère des
muqueuses digestives, une congestion pulmonaire.
L'urine a une odeur marquée rappelant celle
de la plante fraîche.
Traitement:
Administration de tanin. Thérapeutique symptomatique: excitants généraux, strychnine, analeptiques respiratoires.
4- FAMILLE
DES COMPOSÉES,
Description
botanique:
Senecio
Jacoboea L. - Séneçon
Jacobée, Séneçon de Jacob -Famille des
Composées. Plante
herbacée vivace à
tige dressée de 30 cm à 1 m de hauteur,
très commune dans toute l'étendue de
notre flore, abondante dans les prairies mal entretenues. Les feuilles, alternes,
sont très découpées
et embrassent la tige à leur base par deux oreilles
elles-mêmes découpées.
Les fleurs, jaunes, réunies en capitules,
eux-mêmes groupés en corymbes, sont de 2 sortes
en languette dépassant largement le bord du
capitule à la périphérie, en
tube au centre. Le
capitule, de 6 à 10
mm de hauteur comprende un involucre de bractées
appliquées, presque
égales. A
sa base, il y a , en outre,
quelques bractées beaucoup plus petites et peu nombreuses.
Le fruit est un
akène couvert de petits poils, côtelé,
surmonté par une aigrette. Cette espèce
principale comprend plusieurs sous-espèces
également vénéneuses notamment S.
aquaticus.
Senecio
vulgaris L. -
Séneçon commun - Famille des Composées. Plante herbacée
annuelle de 10 à 60 cm, très
commune dans les endroits incultes.
Les
feuilles sont divisées en lobes;
elles
sont sessiles sur le haut de la tige, pétiolées
à la partie inférieure.
Les petites bractées de la base de
l'involucre sont tachées de noir.
Les
capitules sont plus hauts que larges mais les fleurs en languettes ne
s'étalent
pas et dépassent à peine le bord du capitule.
Principe
toxique.
Tous le séneçons
renferment
à un degré plus ou moins marqué des
alcaloides hépatotoxiques.
Selon Léonard ces alcaloides au nombre de 65
donnent par hydrolyse un dérivé de la
pyrrolizidine (nécine) et un acide mono
ou dicarboxylique (acide
nécique). Ces
alcaloides ont fait l'objet d'études
chimiques et pharmacodynamiques très importantes. SCHOENTAL
a étudié les
rapports existant entre les caractéristiques structurales
liées à l'hétérocycle
pyrrolizidine et les propriétés
hépatotoxiques.
Parmi les espèces françaises le
séneçon commun est relativement pauvre
en alcaloides. Ceux-ci
sont souvent
contenus dans la racine. Le
sénecon
jacobée est beaucoup plus toxique.
Il
renferme de la jacobine donnant par hydrolyse de la
rétronécine et de l'acide
jaconécique. La
plante a son maximum de
toxicité dans les premiers stades de
végétation.
La dessiccation ou l'ensilage ne la modifie
pas.
Description
clinique de l'intoxication.
Toutes les espèces peuvent
être intoxiqueés.
Le cheval est le plus
sensible, les ruminants le sont légèrement moins,
ayant la possibilité de
détruire une partie des alcaloides par les micro-organismes
du rumen. On a
même signalé en Afrique du Sud des
intoxications chez l'homme dues à la consommation de pain
fait avec de la
farine renfermant des graines de séneçon. Les
accidents peuvent se produire
fréquemment par ingestion de fourrages conservés,
beaucoup plus rarement par
consommation de la plante en vert.
Une
grande quantité de séneçon
ingérée en une ou deux fois peut produire une
intoxication mais la plupart des accidents naissent de l'ingestion
répétée
pendant plusieurs semaines d'une petite quantité. Selon HUTYRA, MAREK,
MANNINGER des
lésions hépatiques peuvent être
induites
avec 50 à 100 g par jour pendant 7 à 8 semaines.
Symptômes.
Dans la plupart des cas,
l'intoxication est chronique et prend le nom de séneciose. L'incubation peut durer,
selon WIESNER, de 5
jours à 5 mois. Les
symptômes sont peu
caractéristiques: inappétence,
constipation, amaigrissement progressif, muqueuse oculaire
subictérique. A
la fin on observe des baillements, de la
somnolence, une démarche chancelante.
Dans l'intoxication aigue, rare, on observe une
accélération du pouls et
de la respiration, des coliques, un ictère.
La mort peut survenir en quelques jours ou quelques heures.
Lésions.
La lésion caractéristique
est une cirrhose hypertrophique, avec mégalocytose. Elle peut
s'accompagner d'ascite, de
dégénérescence rénale, de
lésions hémorragiques sur la muqueuse de
l'intestin
grêle et, chez les ruminants, d'oedème de la
caillette.
Traitement:
Certains auteurs ont eu de
bons résultats par administration
de
méthionine à forte dose.
En fait, dans
la plupart des cas, il n'y a pas de traitement efficace.
BRASSICA
OLERACEA VAR. ACEPHALA DC.
CHOU FOURRAGER
Bromatologie.
Brassica oleracea var.
acephala Dc. - Chou fourrager - Famille des Crucifères. Le chou fourrager est
cultivé en France sur
près de 300 000 ha principalement en Vendée, dans
le Poitou, en Bretagne. C'est
une culture fourragère susceptible de
fournir jusqu'à 50 t à l'hectare.
La
variété la plus cultivée est le chou
moellier blanc ou rouge, à grande tige
renflée en fuseau remplie de moelle et à feuilles
très amples. Les
feuilles et les tiges de chou constituent
une excellente nourriture pour les vaches laitières.
Principes
toxiques.
Le chou moellier contient
dans toutes ses parties des hétérosides
souffrés: sinigroside,
gluco-brassicine, progoitrine
qui donnent par hydrolyse respectivement de l'isothiocyanate d'allyle,
de
3-indoylméthyle, de 2-hydroxy-3-butényle.
Ce dernier corps se cyclise pour donner la
vinylthio-oxazolidone ou
goitrine qui est un puissant anti-thyroidien.
Les ions thiocyanates ont
également un pouvoir antithyroidien.
Les
feuilles de chou en contiennent 7 à 100 mg\kg.
La teneur est maximale au printemps.
Le chou renferme également
0,3 à 0,4 p. 100 de nitrates.
Le
principe responsable de l'anémie
étudiée par Rosenberger n'a pas
été isolé.
Description
clinique de l'intoxication.
Le chou moellier est
susceptible de provoquer plusieurs types de troubles qui sont en
relation avec
la présence d'hétérosides
souffrés ou dûs à des principes
inconnus.
a) Anémie
des bovins.
Elle a été
décrite par
Rosenberger sur les vaches laitières consommant de fortes
quantités de choux
moelliers, 20 à 50 kg\j, ou pendant une longue
période. Le
principe responsable est inconnu.
Cette anémie n'apparaît d'ailleurs
pas
fréquemment. Dans
l'Ouest où l'on
utilise couramment le chou moellier pour l'affouragement du
bétail, il ne
semble pas que de tels accidents aient été
constatés. L'affection
serait favorisée par
l'aphosphorose, par la distribution de choux gelés; selon
Angelo, seule la
plante en graine provoquerait l'anémie.
Symptômes-Lésions. C'est une
anémie très sévère. Le nombre de globules
rouges diminue de 6 à
1,5 millions par milimètre cube.
L'hémoglobinurie est un symptôme
fréquent et précoce.
La sécrétion lactée
diminue. Les
animaux maigrissent, se déplacent
péniblement. Si
la distribution de choux
se poursuit, la mort survient fréquemment.
b) Action
antithyroidienne.
L'importance réelle de cette
action sur les animaux et sur l'homme buvant le lait de vaches nourries
avec de
grandes quantités de choux est très
controversée. La
distribution de choux augmente la teneur
en ion thiocyanate dans le sang et provoque son apparition dans l'urine. Sinclair et Andrews ont
observé un taux élevé
de goitres et de mortinatalité sur des agneaux
nés de mères ayant consommé de
grandes quantités de choux moelliers.
Ces résultats ont été
retrouvés en France par Lombard et Raby chez le
chevreau.
En France cependant, ce type
d'accident est peu fréquent.
Il a été
signalé chez la chèvre.
La goitrine peut
passer dans le lait et donc être absorbée par
l'homme. La goitre
endémique en Tasmanie a été
attribué par Clements en Wishart à l'utilisation
de chou moellier. Inversement
selon les travaux de Virtanen,
les quantités de goitrine trouvées dans le lait
sont insuffisantes pour
provoquer le goitre chez l'homme.
Stanley et Astwood arrivent aux mêmes
conclusions.
c) Intoxication
aigue par les sommité
fleuries.
Elle survient à la suite
d'une consommatin excessive de sommités fleuries, ou d'une
consommation moyenne
pendant une dizaine de jours.
Selon
Priouzeau qui l'a fort bien décrite, l'intoxication
débute par une dyspnée
intense accompagnée d'une toux sèche, douloureuse
et de l'émission d'un jetage
spumeux. Ces signes
s'accompagnent
d'inrumination, de météorisation
légère, la muqueuse oculaire est rouge
violacé. Les
troubles peuvent regresser en trois à
cinq jours ou au contraire s'aggraver.
La mort survient alors par asphyxie.
Traitement
- Prophylaxie.
Anémie de Rosenberger : administration de
phosphore, de magnésium, de
fer et de cuivre. Intoxication par les sommités fleuries: saignée,
révulsion, analeptiques cardiaques
et respiratoires. Traitement
de
l'inrumination. Il est prudent de ne pas donner des
quantités excessives de
choux aux femelles en gestation et de veiller à
l'équilibre minéral des rations.
6- FAMILLE DES PAPILIONACÉES, Triflolium repens L. (FEUILLES COMPOSÉES À 3 FOLIOLES)
Trifolium repens L. Trèfles.Description
botanique –
Bromatologie. Genre Triflolium (feuilles
composées à
3 folioles) - Trèfle - Famille des Papilionacées. Ce genre comprend de
très nombreuses espèces
de trèfles dont certaines sont spontanées dans
les prairies. Quatre
espèces ont été
particulièrement sélectionnées
et utilisées comme plantes
fourragères.
Triflokium
repens L.-
Trèfle rampant, trèfle blanc. C'est le
trèfle le plus commun dans les prairies
naturelles; sa tige rampante porte des feuilles très
longuement pétiolées, à
folioles presque isodiamètriques, des capitules
hémisphériques de fleurs
blanches portées par un très long
pédoncule.
La gousse ne renferme qu'une seule graine.
Principes
toxiques.
Le principe toxique du
trèfle hybride responsable de la trifoliose chez le cheval
est inconnu. On
considère certaines manifestations de la
trifoliose comme des accidents de photosensibilisation.
En fait, ces accidents sont secondaires à une
lésion hépatique.
On a émis l'hypothèse
que le trèfle hybride renfermerait des alcaloides
hépatotoxiques analogues à
ceux du lupin. Aucune
vérification
expérimentale n'en a été faite. Le
trèfle blanc renferme un glucoside
cyanogénétique: la lotaustraline.
La teneur en acide cyanhydrique varie suivant
les variétés cultivées. Certaines comme
le "Ladino" ou le "S 100" en sont particulièrement
riches. C'est
là plante jeune, au cours
du stade de croissance active, qui est riche en acide cyanhydrique. Ce dernier
disparaît à la floraison.
Il renferme également des saponines et des
dérivés flavoniques, actifs sur la musculature
lisse de l'intestin.
Description
clinique de l'intoxication.
Trèfle Hybride - C'est la
trifoliose qui affecte le cheval.
Elle
survient à la suite d'une distribution de trèfle
comme seul fourrage pendant
plusieurs semaines.
Symptômes.
Ils sont de trois types:
nerveux, digestifs et cutanés.
Les
animaux présentent des alternances de périodes de
dépression pendant lesquelles
ils sont tristes, somnolents, mastiquent difficilement et
incomplètement, et
des périodes d'excitation avec
élévation de température, sudations
abondantes,
délire furieux et convulsions épileptiformes.
Parallèlement ils présentent des
coliques, de la constipation, les
muqueuses sont sub-ictériques, une stomatie
signalée par un ptyalisme abondant
apparaît. Les
symptômes cutanés sont
plus inconstants; ils sont représentés par une
dermite siégeant aux endroits à
peau fine et dépigmentée
particulièrement au pourtour des yeux.
Ces accidents cutanés sont vraisemblablement
d'origine photodynamique. Ils
seraient
dus à l'accumulation de phyllo-érythrine, produit
de dégradation de la
chlorophylle du fait de la lésion hépatique.
La maladie peut prendre une allure aigue ou chronique et
aboutir à la
mort des animaux si l'administration de trèfle n'est pas
arrêtée précocement.
Lésions.
Dégénérescence hypertrophique du foie (la maladie est appelée "big liver disease" par les auteurs anglo-saxons).
Traitement:
1.
Trifoliose. Changement
de régime. Mise
à l'écurie à l'ombre.
Purgatifs, diurétiques,
hépato-protecteurs,
administration de lait.
2.
Intoxication par T. repens. Traitement
classique des météorisations et, le cas
échéant, médication anti-cyanhydrique.
Description
botanique.
Solanum nigrum
L. -
Morelle noire - Famille des Solanacées-
Mauvaise herbe extrêmement commune au bord des
chemins, dans les champs
incultes. C'est une
plante de 80 cm à 1
m. Les feuilles
alternes, simples, ont
un limbe à bord grossièrement denté. Les
fleurs sont groupées par 3 à 5 le long de la tige. Elles sont blanches
à corolle plate, dite
rotacée, formée de 5 pétales
soudés. Les
5 étamines sont soudées par les
anthères et forment une masse oblongue jaune au
centre de la fleur. Le
fruit est une
baie sphérique jaune verdâtre puis noire.
Principes
toxiques.
La morelle noire renferme de
l'x-solanine. C'est
un glucoalcaloide
qui donne par hydrolyse des oses:
glucose, galactose et rhamnose, et un stéroide
azoté la solanidine. Elle
contient également un isomère la
solasodine. Dans la
douce-amère on
trouve 3 glucoalcaloides x,B,y soladulcine dont l'aglycone est un
stéroide
azoté isomère de la solanidine.
Il y a
aussi um peu de solanidine. Selon
Schreiber, la morelle noire renferme de 0 à 1,1 p.100 de la
matière sèche en
glucoalcaloides totaux. Les
fruits non
mûrs sont les plus riches.
Les fruits
mûrs seraient sans danger.
La teneur en
glucoalcaloide est très variable suivant l'endroit
où la plante a poussé et
suivant la saison. Dans
la douce-amère,
selon Alkemeyer et Sander, on trouve respectivement dans les feuilles,
la tige
et les fruits non mûrs 1,1 p. 100, 0,07 p. 100 et 1,9 p. 100
de glucoalcaloides
totaux. Les baies
même mûres sont
vénéneuses.
Description
clinique de l'intoxication.
Les intoxications par la
morelle noire ou la douce-amère sont rares chez les animaux
domestiques. Elles
ont été signalées chez les bovins, le
porc, les oiseaux. Il
est impossible de
fixer avec précision la dose toxique d'autant plus que
celle-ci varie
grandement en fonction du stade de végétation de
la plante et le lieu où elle a
poussé. C'est
cependant lorsque la
plante est couverte de fruits non mûrs eque cette
toxicité est au maximum.
Chez l'homme, Levain signale l'empoisonnement
d'un enfant par 10 baies de douce-amère.
Par contre des baies mûres de morelle noire ont
pu être consommées en
confiture sans provoquer d'accident.
Symptômes.
Chez les bovins, à la suite
d'ingestion de douce-amère Barrat a observé les
symptômes suivants: un
volumineux oedème du poitrail, de l'auge
et de l'encolure, un abaissement de la température de 1 oC,
de l'inappétence et
de la diarrhée, une diminution de la
sécrétion lactée, de la mydriase, une
atteinte rénale avec présence d'albuminerie dans
l'urine. En
général l'évolution est favorable. La morelle noire provoque
chez la plupart des
espèces de sévères troubles
intestinaux, de la mydriase, de la tristesse et de
la prostration, de l'incoordination des mouvements, une
accélération cardiaque
et respiratoire.
Traitement.
Administration
de tanin, de boissons
mucilagineuses, caféine.
8- FAMILLE DES ARACÉES:
A)Généralités:
Toutes les espèces de cette
famille de Monocotylédones contiennent dans leurs cellules,
des paquets de
cristaux d'oxalate de calcium de fines aiguilles.
Selon les genres, les plantes renferment
aussi des enzymes protéolytiques, des glucosides irritants
et d'autres
substances dont le rôle pathogénique n'est pas
encore bien connu. Très
répandu, ce végétal est
caractérisé par
une tige droite et épaisse.
Les feuilles
larges, de forme elliptique, avec une nervure centrale très
saillante, sont
très décoratives:
elles ont des
panachures, des marbrures ou des rayures, blanches ou crèmes
sur fond vert.
Les racines, les feuilles
mais surtout les tiges contiennent un suc, très irritant
pour les
muqueuses. Celui-ci
renferme des
cristaux de monohydrate d'oxalate de calcium, auxquels on donne le nom
de
raphides. On trouve
en outre, de l'acide
oxalique libre et des sels solubles d'oxalate.
Il existe une relation entre le ratio oxalate\cristaux
d'oxalate et la
toxicité relative de la partie
végétale considérée. La tige (ratio 0,29) est
plus toxique que le
pétiole (0,12) lui-même plus actif que la feuille
(0,003). Des
doses létales 50 % sont déterminées
chez
le cobaye, par l'administration de jus de Dieffenbachia picta. Celui-ci est obtenu
à partir de tiges ou de
pétioles frais. Les
valeurs sont
rapportées dans le tableau ci-dessous.
DL 50 per os - tiges 0,6 à 0,9 g de tiges\24
heures; DL
50 per os - pétioles 1,44 g de
pétioles\24 heures; DL
50 voie
intrapéritonéale-tiges 1 g de tiges\24 heures
L'hypothèse la plus
réaliste
semble la combinaison d'une irritation mécanique lors de
l'effraction
tissulaire et d'une injection simultanée d'autres
constituants comme l'acide
oxalique et les enzymes. Ces
dernières
contribuent à l'inflammation en provoquant la
dégranulation des mastocytes et
la décharge d'histamine.
Au USA, elle
représente avec celle due au Philodendron, près
de 8 % des cas incriminant des
plantes. Elle se
produit lors de
projection de sève dans l'oeil, sur la peau ou
après mastication d'une partie
de végétal, le plus souvent les feuilles ou les
tiges.
B)
Signes cliniques:
Sur les 37 intoxications par
le Dieffenbachia, 31 ont présenté des signes
cliniques. En
effet, dans 16,2 % aucun symptôme n'a
été
observé entre l'exposition au toxique et le moment de
l'appel au Centre de
toxicovigilance. Nous
notons dans les
deux espèces , essentiellement des troubles du transit:
vomissements (40,5 %),
diarrhée (32,4 %), coliques (10,8 %) et dysphagie (5,4 %); ceux-ci sont
accompagnés de signes
d'irritation et d'inflammation des muqueuses du tube digestif: hypersalivation (24,3 %),
ulcération buccale
(13,5 %), gastrite ou entérite (8,1 %); l'animal peut
être temporairement
anorexique en raison de la douleur causée par l'inflammation
(18,9 %). Les
troubles neurologiques, moins fréquents
et principalement observés chez le chat, mettent en
évidence un abattement
général de l'animal: prostration (8,1 %), ataxie,
parésie ou paralysie du train
postérieur (5,4 %), attitude anormale, décubitus
et coma (2,7 %); on observe
également des symptômes en "hyper" comme des
trémulations
musculaires (10,8
%) (également sur un
chien) et de l'hyperexcitabilité (2,7 %).
Chez le chat, au niveau de
l'appareil urinaire, des néphrites (8,1 %) sont
reliées à l'augmentation de la
créatinémie (2,7 %) mais surtout de
l'urémie (18,9 %). On
peut trouver du sang dans les urines dans
2,7 % des cas. La
dyspnée (16,2 %) est
le trouble respiratoire le plus souvent présent. De la polypnée
et de la tachycardie ne se
manifestent que dans 2,7 % des appels.
Ces troubles cardio-respiratoires ne sont
relevés que dans l'espèce
féline. Lorsque
la sève est projetée
dans l'oeil d'un chien ou d'un chat, la douleur est
immédiate et intense. Dans
le cas d'une projection oculaire, on
conseille un lavage des yeux, immédiat et abondant,
à l'eau, au sérum
physiologique ou avec une solution de nettoyage oculaire
(tiède). Un
examen ophtalmologique minutieux est
indispensable.
Dans le cas de symptômes
digestifs, on préconise la mise en oeuvre:
d'un rinçage abondant à l'eau
tiède de la gueule de l'animal ou des
bains de bouche au gluconate de calcium à renouveler
plusieurs fois; d'un
lavage d'estomac pratiqué sur animal
inconscient (anesthésie générale),
tête placée en position basse et avec mise
en place d'une sonde intra-trachéale (soluté
isotonique de NaCL - 5 à 10 ml\kg
contenant en suspension un adsorbant - charbon
végétal activé officinal en
poudre - 5 à 50 g); de
pansements
gastro-intestinaux (type hydroxyde d'aluminium); d'anti-vomitifs
(météclopramide - 1 à 3 mg\kg -
intramusculaire); d'antispasmodiques; pour
pallier la dysphagie, l'animal sera nourri avec une alimentation
liquide ou
laissé à la diète hydrique, le temps
nécessaire à l'atténuation des
troubles.
Un traitement général
peut
éventuellement être appliqué avec
emploi: d'antiseptiques et\ou anti-infectieux
gastro-intestinaux, en particulier lors de diarrhées
hémorragiques (sulfamides,
oxyquinoléine et dérivés); de sédatifs
(chlorpromazine - 0,5 mg\kg en intramusculaire) et d'antalgiques pour
soulager
la douleur; d'anti-histaminiques
(prométhazine
- 2 mg\kg, diphénhydramine - 4 mg\kg, ces
molécules sont de plus hypnotiques et
antalgiques).
Philodendron species:
ce genre regroupe environ 120 espèces,
à la
végétation grimpante de type liane (atteignant
plusieurs mètres de hauteur),
qui forment des racines aériennes au niveau de chaque noeud. Philodendron species:
contient environ 0,7 %
d'oxalate sous forme de cristaux calciques. Chez les carnivores
domestiques,
son ingestion entraîne l'apparition d'un syndrome digestif
(diarrhée,
vomissements, coliques). Chez
le chat,
cette plante verte est responsable d'intoxication mortelles (50 % des
cas). Des
symptômes d'insuffisance
rénale et parfois d'encéphalite
(nervosité, tremblements, convulsions ou
opisthotonos) peuvent souvent s'ajouter aux troubles digestifs. Sa toxicité est
cumulative et ses
manifestations se maintiennent pendant un mois.
La mort fait suite aux altérations de la
fonction hépatique.
A) Généralités:
Fleurissant
à l'état sauvage d'Avril à Mai,
cette herbacée prospère dans les sous-bois de
notre hémisphère.
On la trouve cultivée comme plante
ornementale, en fleurs à couper ou pour son essence florale. La médecine
l'utilise comme tonicardiaque et
comme diurétique. Convallaria
majalis: le Muguet de Mai est
également nommé Lis des
vallées, Clochette des bois ou Guillet.
Cette vivace à rhizome atteint la hauteur de 10
à 30 cm. Ses
deux feuilles vertes présentent un
pétiole entourant la partie inférieure de la
tige, par des gaines membraneuses
emboîtées les unes dans les autres. Le
limbe est allongé, aiguë au sommet, avec des
nervures non ramifiées.
Les fleurs, regroupées en grappes
lâches,
portées toutes du même côté
par une hampe, sont blanches ou parfois roses;
chaque bouton floral naît à
l'aisselle d'une
bractée.
B) Localisation
et structure chimique:
Les racines, les feuilles,
les fleurs et les baies renferment une quinzaine de glucosides
cardiotoniques. Les
concentrations les
plus élevées se trouvent dans les graines, qui en
contiennent environ 0,45 %,
suivies des fleurs (0,4 % de leur poids sec) et des feuilles (0,13 %
à 0,2
%). Les glucosides
sont des hétérosides
qui, sous l'action d'une enzyme, ont la propriété
de s'hydrolyser en donnant un
produit constant, un ose et une partie dite aglycone ou
génine qui est
généralement à l'origine des
caractères pharmacodynamiques, donc de la
toxicité
du glucoside. La convallatoxine ou convallatoxoside (localisée
principalement dans les feuilles),
et la convallamarine ou convallamaroside (particulièrement
concentrée dans les
fleurs) sont les plus puissantes.
Elles
appartiennent au groupe des cardénolides,
extrêmement actifs. Le
type cardénolide possède un anneau
lactonique pentagonal fixé sur le carbone 17 du noyau
cyclo-pentano-perhydrophénanthrénique.
La convallarine ou convallaroside est une saponine
glucosidique,
contenue dans les fleurs et le péricarpe des baies.
C) Effets
physio-pathogéniques :
A forte dose, ces
hétérosides sont très dangereux chez
des individus n'ayant pas de pathologie du
coeur. Leur action
est du même type que
ceux de la digitale, avec un effet vasoconstricteur et inotrope positif. Comme lors d'une
intoxication par les
digitaliques, la conduction cardiaque devient défaillante,
entraînant une
contraction ventriculaire prématurée, de la
tachycardie ou des fibrillations du
ventricule. La
pathogénie présumée de
ces toxiques, serait l'inhibition
d'une
pompe membranaire enzymatique Na+K+ATPase, ayant pour
conséquence une
augmentation intracellulaire des ions Na+ et de ce fait des ions Ca++; ce qui conduit
à l'accroissement des
contractions du tissu musculaire cardiaque.
Cependant, le praticien ne devra pas se laisser abuser par
le tropisme
myocardique car la symptomatologie dominante est souvent digestive et
nerveuse,
les troubles cardiaques n'apparaissant que tardivement.
D) Signes
cliniques.
L'intoxication
se produit par mâchonnement d'un brin fleuri,
des feuilles ou des
fruits. On rapporte
un cas chez un
enfant qui aurait bu l'eau d'un vase ayant contenu un bouquet. Les
manifestations digestives et cardio-respiratoires dominent: des vomissements sont
présents chez 4 sujets
(spumeux ou contenant du sang); de la diarrhée et une
hypersalivation (1
animal) peuvent également apparaître. De
la bradycardie (2 cas), de la tachycardie (1 cas) et de la
dyspnée (1 cas) sont
observées. Des
variations de la
température corporelle sont relevées: un
chat en hypothermie et en état de choc, un autre, en
hyperthermie. Une
modification du diamètre pupillaire est
notée chez un seul sujet (mydriase).
Traitement
:
De l'atropine par voie
veineuse ou sous-cutanée est fortement
préconisée (0,2 ml à 0,025 % par kg
). Elle
possède une action
parasympatholytique, anticholinergique,
antisécrétoire et antispasmodique. Si l'ingestion s'est faite
dans les deux
heures précédentes, un lavage gastrique et
l'administration de charbon activé
sont conseillés pour évacuer et neutraliser les
principes actifs. Dans un
premier temps, on peut également faire vomir l'animal et
utiliser des
purgatifs. Ensuite,
on prescrira des
pansements gastriques et des anti-vomitifs.
Une surveillance cardiaque sera effectuée et
des anti-arythmiques et des
analeptiques cardio-respiratoires seront éventuellement
injectés par voie
parentérale. Une
perfusion de glucose
isotonique facilitera l'élimination urinaire des
composés toxiques.
10- Pommier d'amour
Solanum pseudocapsicum:
A)
Généralités:
Ces petits arbustes, aux
branches très ramifiées, peuvent atteindre
jusqu'à 1 mètre de haut.
Les fleurs sont blanches avec des étamines
jaunes; il y a cinq
sépales, cinq
pétales, cinq étamines et un ovaire avec deux
carpelles. Les
fruits cylindriques, semblables à une
cerise ont un diamètre d'environ 10 à 15 mm.
Solanum capsicastrum et Solanum pseudocapsicum: le Pommier d'amour
(à fruits rouges),
originaire de l'est de l'Amérique du sud, est
cultivé comme plante
ornementale. On
peut confondre ses
fruits avec des petits piments. On
l'appelle
également cerisier d'hiver, cerisier de Jérusalem
ou oranger du savetier. Les
fruits contiennent des gluco-alcaloide
stréroidiques, la solanine et la solanocapsine.
Ces molécules ont une structure similaire aux
glucosides
cardiaques. Leur
activité inotrope
positive a été démontrée. La solanine
donne par hydrolyse un ose, la solanose et un alcaloïde
stéroidique, la
solanidine. Un de
ses dérivés, la
solanocapsine est localisée dans les feuilles et dans les
baies. Les fruits
verts sont particulièrement
dangereux. Les
toxiques sont plus
concentrés avant la maturité complète.
Non hydrolysée, la solanine
traverse difficilement la muqueuse intestinale; elle est responsable
d'irritations se traduisant par une diarrhée aiguë. Après
dissociation, sa partie alcaloidique
libre, absorbée, entraîne des signes
d'intoxication générale.
Elle possède des
propriétés toxiques peu
différentes de celles des saponines, et exerce une action
irritante sur la
muqueuse du tube digestif et, après absorption par celle-ci,
provoque
l'hémolyse des globules rouges.
Elle a,
par ailleurs, une action sur le système nerveux, avec des
phases de stimulation
suivies de dépression des centres moteurs et respiratoires. A forte dose, elle
provoque l'arrêt du coeur.
C)
Signes cliniques:
Chez le chien, les premiers
symptômes sont digestifs:
vomissements,
diarrhée, hypersalivation, coliques avec douleurs
abdominales et chute de
l'appétit. Puis
des atteintes du système
neuro-végétatif apparaissent:
mydriase,
tachycardie, dyspnée, hypothermie (35 oC), ataxie et dans
les intoxications
graves, convulsions cloniques, perte de conscience et mort.
11- FAMILLE DES EUPHORBIACÉES.
Cette
plante ligneuse est cultivée en pays
tropicaux et dans la région
méditerranéenne.
Son nom latin "ricinus" signifie tique, en rapport avec la
forme de sa graine. L'appellation
commune "palme du Christ" lui est également
donnée; les
Anglais parlent de "castor
bean", la "graine de Castor".
C'est une plante annuelle herbacée de 1,5
à 2 mètres de haut.
En région tropicale, elle est pluriannuelle. Les
variétés naines sont utilisées en
plantes
décoratives, pour la beauté de leur feuillage,
souvent chargé de pigments rouge
foncé. Les
feuilles sont palmatilobées,
divisées en lobes aigus et dentés,
portées par de longs pétioles.
Localisation
et nature chimique:
Le principe toxique du Ricin
est une phytotoxine glycoprotéique,
la
ricine. C'est une
des substances
toxiques parmi les plus violentes qui soient connues.
Elle a été historiquement
isolée par
neutralisation d'un extrait chlorhydrique de graines, par le carbonate
de
soude. On avait
ainsi obtenu un
précipité la renfermant.
Ce principe
actif est localisé dans l'albumen de la graine et
disparaît au cours de la
germination.
Le tourteau est un
sous-produit du traitement industriel des graines, en vue de
l'obtention de
l'huile de Ricin. Le
processus
d'obtention est classique: dans
un
premier temps, il y a extraction à froid par deux presses; on déshuile
ensuite par l'hexane, puis les
traces du dérivé pétrolier sont
éliminées sous vide par augmentation de la
température des cuves et injection de vapeur d'eau. Le tourteau ainsi obtenu,
débarrassé des ses
constituants oléagineux, est conditionné en sac
de 50 kg (jute ou papier).
Effets
physio-pathogéniques:
Les phytotoxines ont un
pouvoir antigénique et induisent la formation d'anticorps
protecteurs de la
part de l'organisme animal, dans lequel elles sont introduites. La ricine irrite les
muqueuses gastriques et
intestinales mais est, contrairement à la
majorité des autres toxines, absorbée
par la paroi du tube digestif. Elle
déclenche également des troubles du
système nerveux et des appareils
cardio-vasculaire et urinaire. Elle
possède aussi la capacité
d'hémagglutination et de coagulation de la fibrine
chez les vertébrés.
Elle inhibe la
synthèse des enzymes hépatiques et par son action
toxique au niveau de la
cellule, provoque des lésions hépatiques et
rénales. La
prise orale des graines est à l'origine
d'accidents toxicologiques. L'évolution
et le pronostic dépendent cependant de la manière
dont elles sont
ingérées: le
tégument externe, dur,
empêche la libération de la ricine. Le
délai d'apparition des symptômes n'est pas
lié à la quantité de toxine. Le temps de latence entre
l'ingestion du
toxique et l'apparition des premiers symptômes chez le chien
peut être
variable. Ceux-ci
se déclarent quelques
heures voire même plusieurs jours plus tard.
Après l'absorption de quelques graines, on peut
observer: une
brûlure de la cavité buccale, des
vomissements répétés, une douleur
abdominale à la palpation accompagnée de
coliques violentes. Des
signes généraux
se manifestent également:
muqueuses
pâles, prostration, faiblesse générale,
paraplégie et hypothermie.
On constate aussi une atteinte rénale plus ou
moins grave, avec protéinurie et albuminurie.
Traitement:
Il faut éviter la consommation de
graines et de
résidus de pressage par les animaux.
On
peut soumettre les tourteaux à l'action d'un traitement
thermique, associé aux
différentes méthodes d'extraction. La
coagulation par la chaleur inhibe complètement la
toxicité de la ricine. Le
traitement symptomatique, est souvent inefficace.
On tente dans un premier temps d'éliminer le
toxique avec un lavage d'estomac et des purgatifs en respectant les
vomissements et la diarrhée provoqués par
l'intoxication. Du
charbon activé limite l'absorption de la
ricine, des pansements digestifs et des antidiarrhéiques
contribuent au
traitement de la gastro-entérite.
On
surveille les urines qu'il est possible d'alcaliniser avec du
bicarbonate de
sodium (5 à 15 g). L'état
de choc doit
être combattu et la perfusion de solutés permet de
rétablir l'équilibre
hydro-électrique.
Cette plante au feuillage
panaché de rouge, jaune et vert donne des graines
marbrées comme le Ricin, mais
de couleur terne. Chez
les carnivores
domestiques, l'ingestion de feuilles provoque après quelques
heures de latence,
des troubles digestifs (coliques, diarrhée
hémorragique, vomissements), de l'hyperthermie,
de la tachycardie, des trémulations musculaires, des
contractions tétaniques,
de l'abattement et une mydriase très importante. Au niveau urinaire, il y a
protéinurie et
cylindrurie. Les
diesters terpènes que
son latex contient, provoquent des irritations locales de la peau et
des
muqueuses (dermatites de contact de nature allergique).
On rapporte que le mâchonnement des racines
provoque des sensations de brûlures orales:
celui des fleurs causerait également une
irritation.
Euphorbia pulcherrima: Poinsettia
Ce petit arbuste originaire
du Mexique est caractérisé par ses
bractées rouges, roses ou blanches.
Il est susceptible de provoquer des troubles
locaux cutanés ou oculaires chez les carnivores domestiques:
dermatite
vésiculeuse ou conjonctivite si non latex est
appliqué sur la peau ou projeté
dans l'oeil. Il
contient en effet, des
euphorbiostéroides des euphorbones et des
triterpènes qui possèdent des
propriétés irritantes.
En cas
d'ingestion, il entraîne une stomatite, des vomissements ou
de la diarrhée qui
rétrocèdent avec un traitement symptomatique.
Description
botanique.
Prunus
laurocerasus: on l'appelle
également Laurier amandier,
Laurier royal, Laurier aux crèmes et Laurelle à
lait. Originaire de
l'est des Balkans, cet
arbrisseau décoratif, aux feuilles vertes et persistantes,
est très répandu
dans les parcs et les jardins. Son
port
très ramifié peut atteindre 7 à 8
mètres.
Il s'agit d'un glucoside
cyanogénétique.
On parle pour cette molécule, d'action
indirecte car elle n'est active
qu'après scission enzymatique par hydrolyse.
Le glucoside du Laurier cerise est le prunasoside ou
laurocérasine ou
prulaurosine, la diastase spécifique s'appelle la synaptase. La teneur en prunasoside
varie entre 1,2 à
1,8 g par kg de feuilles à l'état frais.
Ce sont les parties les plus dangereuses.
Fraîches et intactes, elles n'ont aucune
odeur mais lorsqu'on les mâche, on aperçoit
nettement l'odeur et la saveur d'amande
amère. Elles
seraient plus toxiques en
été qu'au printemps.
Le fruit vert est
également très dangereux.
Cependant, une
fois à maturité, il peut servir à
préparer des liqueurs au goût agréable
d'amande, à condition de n'employer que la pulpe sans
écraser le noyau. L'amande
du fruit contient également les
principes actifs. Mise
en contact l'un
de l'autre dans l'estomac et l'intestin par la mastication et dans des
conditions
favorables de température et d'humidité, le
glucoside subit une hydrolyse,
catalysée par la synaptase, une Béta-glucosidase
végétale. Il
y a libération du
glucose et d'une cyanhydrine
instable. Cette
dernière se dissocie en
aldéhyde benzoïque (essence d'amande
amère) à l'odeur caractéristique et en
acide cyanhydrique.
Effets
physio-pathogéniques :
L'HCN
est rapidement absorbé par l'organisme
et se fixe sur le cytochrome-oxydase a3 de la chaîne
respiratoire, empêchant
l'utilisation de l'oxygène transporté par
l'hémoglobine. L'action
pathogénique se fait par arrêt des
oxydations tissulaires aboutissant à une asphyxie par anoxie. Les cellules nerveuses, en
particulier celles
des centres bulbaires, sont les premières victimes car elles
ont de gros besoin
en oxygène. La
coloration rouge vif du
sang de l'animal intoxiqué, résulte de la
non-utilisation par les tissus, de
l'oxygène disponible et traduit l'augmentation du taux de
l'oxyhémoglobine dans
le sang veineux. La
combinaison
cyanure-cytochrome étant réversible, cette
propriété est mise à profit dans le
traitement. On
pourra utiliser, pour
dissocier le complexe, des substances ayant une plus grande
affinité que
l'hémoglobine pour l'ion cyanure, comme la
methémoglobine. L'organisme
essaie aussi de réagir par
élimination pulmonaire du poison, en le transformant en
composés
sulfocyaniques. Les
symptômes sont
d'installation rapide par rapport au temps de l'ingestion. Le tableau d'intoxication
est, le plus
souvent bénin, en relation avec une ingestion
modérée. Il
se limite chez le chien à des
vomissements, des coliques et une gêne respiratoire. Cependant, une ingestion
massive détermine
dans cette espèce, une intoxication suraiguë avec
mort foudroyante en une ou
deux minutes, par inhibition brutale des centres bulbaires. Après
éventuellement des vomissements, il y a
arrêt du coeur et de la respiration.
La
teinte rouge vif du sang et des tissus constitue la principale
lésion
caractéristique. Le
conjonctif
sous-cutané présente le signe de
l'araignée.
Un oedème et une congestion des poumons, non
spécifiques de cette intoxication,
sont également observés.
Les
commémoratifs, les symptômes et les
lésions, en particulier le sang rouge
vermillon et l'odeur éventuelle d'amande amère
à l'ouverture du cadavre,
permettent d'avoir une forte suspicion.
La rapidité d'évolution est telle
qu'on retrouve une grande partie du
toxique dans l'estomac et le duodénum.
Sa diffusion s'effectue avec une si grande
rapidité qu'on le met en
évidence dans la plupart des organes.
Traitement
:
Il est spécifique mais
souvent inapplicable et très peu efficace tant
l'évolution de l'intoxication
est rapide. Il
repose sur les principes
suivants: -prévenir
l'inhibition par les
ions cyanures du complexe enzyme-cytochrome a3 de la chaîne
respiratoire
cellulaire, en provoquant la formation de methémoglobine. -former des sulfocyanates
atoxiques en
administrant après les methémoglobinisants des
composés soufrés.
En effet, sous l'action d'une enzyme, la
rhodanèse, les cyanures subissent une
détoxification en se transformant en
sulfocyanates.
13- FAMILLE DES FICACEES
Ficus elastica, Ficus d'appartement:
Il est originaire d'Asie
tropicale (Malaisie
et Indes
orientales), où il est cultivé comme arbre
d'alignement. Sa
taille atteint 25 à 30 mètres de haut.
Sous notre climat, il dépasse rarement une hauteur de 3
mètres. Ces
grandes feuilles épaisses, d'aspect
vernissé, sont oblongues, lancéolées,
persistantes, de couleur vert foncé,
parfois panachées de crème (cultivar-"variegata").
Les bourgeons sont entourés
d'une enveloppe pointue et rouge.
Les
nouvelles feuilles sont d'abord de couleur bronze puis verdissent par
la
suite. On le nomme
souvent Caoutchouc ou
Gommier. Il s'agit
sans doute de la
plante d'intérieur la plus répandue.
Exceptionnellement sous nos latitudes, les sujets
âgés peuvent fleurir
et donner des fruits ressemblant à des figues comestibles.
Ficus lyrata ou
pandurata: Il a une allure similaire
au Caoutchouc, mais
possède de grandes feuilles en forme d'étui de
violon de 30 cm de long sur 23
cm de large.
Ficus
benjamina ou nitida:
cet arbuste possède des petites feuilles
ovales, lancéolées, vertes ou
panachées de blanc. Elles
sont abondantes et mesurent environ 8
cm de long sur 2,5 de large. Le figuier est une autre plante de la
même
famille.
Le latex de toutes ces
plantes du genre Ficus contient des substances vésicantes,
corrosives pour la
peau et les muqueuses. Elles
possèdent
également des propriétés
émétocathartiques pour le système
digestif. Le latex
des figues avant maturité et des tiges du figuier
cultivé était utilisé
autrefois comme présure (car il contient des enzymes qui
coagulent le lait) et
pour faire disparaître les verrues.
Ses
feuilles contiennent aussi des furocoumarines photosensibilisantes.
Intoxication:
L'intoxication se produit par
ingestion ou mâchonnement de feuilles et
éventuellement, par léchage du latex.
ÉTUDE
bibliographique: Après ingestion
ou mâchonnement des feuilles
chez les carnivores domestiques, on observe des signes digestifs comme
de la
diarrhée et des vomissements, parfois des signes urinaires. Le contact ou la
projection de latex entraîne
des irritations cutanées et oculaires.
On observe une éruption cutanée type
urticaire, une conjonctivite, une
rhinite ou de l'asthme.
On retiendra
que l'intoxication par voie orale du Ficus n'est pas aussi
bénigne que la
décrivent les publications;
nous
constatons en effet de la mortalité dans l'espèce
féline. Le
petit nombre de nos cas ne nous permet
malheureusement pas de généraliser.
Traitement:
Il est symptomatique: anti-vomitifs et antidiarrhéiques, pansements gastriques et adsorbants.
14- Famille des Apocynacées.
Localisation
et structure chimique.
Toutes
les parties fraîches sont
vénéneuses:
bois, écorce, feuilles et
fleurs. Ces
dernières gardent leur
nocivité après ébullition et
dessication (des fleurs séchées depuis 7 ans
demeurent toxiques). L'écorce
et les
feuilles seraient cependant les parties les plus actives. Historiquement, trois
substances avaient été
isolées dans le Laurier rose:
l'acide
oléandrique, l'oléandrine et la pseudo-curarine. Cette dernière
ne jouerait aucun rôle dans
l'intoxication. L'oléandrine
est un
corps résinoide, jaunâtre, inodore et d'un
goût très amer.
En intraveineuse, elle provoque immédiatement
la mort de l'animal. L'acide
oléandrique, obtenu par précipitation de
l'oléandrine par l'acide nitrique, est
aussi très amer. Aujourd'hui,
on
considère trois substances responsables de la
toxicité, l'oléandroside ou
l'oléandrosine, le nérioside ou
nériine, le nérianthoside ou
onérianthine qui
sont des hétérosides cardiotoxiques
stéroidiques proches de ceux de la
digitale. Ces deux
substances diminuent
la qualité de transmissibilité de l'influx
nerveux. Par
hydrolyse, l'oléandroside fournit de l'oléandrose
(désoxyméthylpentose) et de
l'oléandrigénine ou
acétyl-16-gitoxigénine.
Effets
physio-pathogéniques:
Ses
substances ont une activité sur la
musculature cardiaque. Les
glucosides
cardiotoniques agissent directement, sans dissociation
moléculaire préalable
(contrairement aux glucosides cyanogénétiques).
Pratiquement tous les animaux sont sensibles. L'oléandroside
chez l'espèce canine, a une
action hypertensive marquée.
En
revanche, il a peu d'effets sur le ralentissement du rythme cardiaque
et il est
peu diurétique. Le
nérioside, à
l'inverse, chez le chien, a une faible action sur la pression sanguine
mais une
action cardiaque nette et prolongée car il ralentit le
rythme cardiaque,
augmente l'amplitude des contractions et possède une action
diurétique
marquée. Le
seuil d'intolérance est
signalé par l'apparition de vomissements et de troubles
intestinaux. La
dose mortelle est dans cette espèce, de 2
mg par kg. Il
existe de plus des
saponines qui sont également des glucosides qui forment des
solutions
colloïdales dans l'eau et qui sont douées de
propriétés émulsionnantes. Elles provoquent
localement une irritation de
la bouche et de façon systémique une
hémolyse.
Étude
bibliographique:
De quelques minutes à une ou
deux heures après l'ingestion apparaissent chez le chien: -des troubles digestifs
très violents dans un
premier temps: les
vomissements
incoercibles peuvent durer pendant des heures, la diarrhée
est parfois
hémorragique, des coliques très douloureuses et
du ténesme contribuent à
l'affaiblissement de l'animal. -Puis
ensuite des troubles nerveux et cardiaques se manifestent: le sujet est
agité puis prostré, il présente
de l'incoordination et des convulsions; inconscient, il sombre ensuite
dans un
coma hypothermique.
Traitement:
On
procède tout d'abord à l'évacuation du
toxique en faisant vomir l'animal et en mettant en oeuvre un lavage
gastrique. Puis, on
traite les troubles
digestifs avec des médications à
propriétés adsorbantes (charbon
activé) et
antispasmodiques et on restaure l'équilibre
hydro-électrolytique par perfusion
de solutés. On
combat les effets
digitaliques avec du sulfate d'atropine en intraveineuse ou en
intramusculaire
(0,04 mg\kg) à répéter 2 à
6 fois par jour.
En cas d'arythmie, on peut injecter des analeptiques
cardio-respiratoires en intraveineuse ou intramusculaire (propanolol
à répéter
2 à 6 fois - 1 mg\kg, procainamide, phénytoide ou
lidocaine).
L'Arum d'Éthiopie est
surtout proposé en fleurs coupées. Cette
plante fleurit au printemps et possède des fleurs minuscules
sans calice ni
corolle, portées sur un organe blanc et jaune en forme de
massue, le spadice,
entouré d'un grand cornet blanc, la spathe.
Dans l'espèce canine, on relève une
hypersalivation apparaissant 10
minutes après l'ingestion, des vomissements importants et
des coliques
entraînant de violentes douleurs abdominales.
Des trémulations musculaires
complètent ce tableau clinique.
Chez le chat, des vomissements et des
trémulations musculaires sont relevés.
Le traitement est symptomatique.
Allium cepa: l'oignon
de
cuisine contient un dérivé soufré, le
disulfure d'allyl propyle qui agit au
niveau de l'hématie.
Il entraîne une
dénaturation oxydative irréversible de
l'hémoglobine, avec formation ce corps
de Heinz, une oxydation des lipides membranaires et la formation de
methémoglobine. Cette
pathogénie est à
l'origine d'une anémie hémolytique chez le chien: après un ou
plusieurs repas d'oignons crus ou
cuits, on observe en 24 ou 48 heures, une perte d'appétit,
une pâleur des
muqueuses, un état de fatigue, de la prostration et parfois
de la diarrhée
(pouvant contenir du sang). Des
vomissements, de la tachycardie, une parésie du train
postérieur ou des
convulsions sont relevés.
Les urines
sont peu abondantes, foncées, avec
hémoglobinurie, hématurie et
bilirubinurie. Le
traitement consiste à
favoriser l'élimination digestive avec de l'huile de
paraffine et à stimuler la
diurèse. On
préconise une
vitaminothérapie et du fer en intramusculaire.
Sur un animal très atteint, une transfusion est
envisageable.
Tulipa species:
la Tulipe, plante herbacée
décorative ne
porte qu'une fleur (floraison au printemps).
Les intoxications se font principalement par ingestion de
bulbes et
accessoirement, de fleurs ou de feuilles.
Le bulbe contient un alcaloïde, la tulipine, des
glucosides à activité
cardiaque les tuliposides A et B et des micro-cristaux d'oxalate de
calcium. Dans
l'espèce canine, la
symptomatologie est digestive, dominée par des vomissements,
de la stomatite
avec une hypersalivation importante et des troubles de
gastro-entérite. Le
traitement est symptomatique. Des
accidents de dermatites allergiques sont décrits chez les
personnes manipulant
beaucoup de bulbes.
Colchicum
autumnale: cette plante à
bulbe, à la fleur rose lilas
semblable à celle du crocus, fleurit à l'automne
dans les prés. Toutes
les parties sont très toxiques.
Le principe actif essentiel est un alcaloïde,
la colchicine; elle
possède des
propriétés antimitotiques et a un effet cumulatif. Après un temps
de latence de plusieurs heures
(2 à 12 après l'ingestion), des
symptômes digestifs apparaissent chez le chien
(douleurs abdominales, irritation gastro-intestinale avec de la
diarrhée
parfois hémorragique) rapidement responsables d'une
déshydratation. Le
traitement consiste à éliminer le toxique
(vomitifs, lavage gastrique) et à
fournir une assistance circulatoire en compensant les pertes hydriques
et
électrolytiques.
Description
botanique.:
On a longtemps affirmé que
l'espèce comprenait deux variétés;
sativa et indica. En
fait, si
aucune différence morphologique n'est visible, des
phénotypes existent, définis
par des critères chimiques:
le chanvre à
résine, "type drogue", très riche en delta 9
tétrahydrocannabinol
(taux de THC supérieur à 0,5 %) et pauvre en
cannabinol, pousse dans les pays à
climat chaud (Mexique, Inde). Dans
ces
régions du monde, on le cultive d'ailleurs de
façon illicite pour les
propriétés psychotropes de sa résine.
Cannabis sativa
variété indica: son
nom vient du latin "cannabis"
chanvre et de "sativa" cultivé.
Cette plante herbacée annuelle peut atteindre 2
mètres de hauteur.
L'espèce est dioïque.
Les racines sont
pivotantes, la tige dressée est rameuse et anguleuse. Opposées dans
la région basale, les feuilles
deviennent alternes vers le sommet de la plante.
Principes
toxiques.ETLocalisation et
structure chimique.:
La chimie du chanvre est
particulièrement complexe.
Les
cannabinoides (52 identifiés à ce jour)
représentent la plus importante classe
de composés du Cannabis sativa.
Ce sont des composés phénoliques de
la série terpénique, de plusieurs
types: le
cannabidiol, le cannabinol et
le delta 9 tétrahydrocannabinol ( THC).
Ce dernier est le plus actif.
Il
est concentré dans les bractées
chargées de résine des sommités
fleuries. On le
trouve en moindre proportion dans les
graines et les feuilles. Les
pieds mâles
sont souvent aussi riches en THC
que les
pieds femelles.
Effets
physio-pathogéniques.:
L'action pharmacologique se
ferait par inhibition du système parasympathique, au niveau
des récepteurs à
l'acétylcholine. Une
activité sur le
métabolisme du GABA a également
été envisagée.
Très liposolubles, les cannabinoides sont
rapidement absorbés par l'organisme.
Le THC
est hydroxylé au niveau hépatique, en
métabolites actifs; ces
derniers sont éliminés après
conjugaison,
par voie urinaire. Le THC a un effet inhibiteur
sur le turn-over
des phospholipides des membranes plasmiques des lymphocytes. Il possède
également un effet toxique sur
toutes les phases du cycle cellulaire (croissance de la cellule
synthèse de
l'ADN et division cellulaire).
Intoxication. :
Elle se produit par
ingestion de drogue sous forme boulettes ou de plaquettes,
découvertes
fortuitement par l'animal; parfois
lorsque le toxicomane souffle la fumée de sa cigarette au
haschich, sur le
museau de l'animal familier, pour s'amuser de ses réactions. L'absorption directe de la
plante a été
rarement incriminée. Les
chiens utilisés
pour le dépistage de la drogue peuvent également
être des victimes. Une
heure après l'absorption de la drogue, le
chien présente une modification de son comportement
psychique et moteur: il
peut ne plus obéir à son maître, voire
devenir agressif à son égard.
Il erre
sans but, a du mal à se lever, se déplace d'une
démarche ataxique avec des
mouvements instables, s'appuie ou se cogne contre les meubles et
même tombe sur
le sol. Il semble
ressentir une grande
faiblesse musculaire générale,
entrecoupée de trémulations intermittentes. L'animal paraît
tantôt déprimé avec des
phases de somnolence tantôt hyperexcité.
Les états de vigilance correspondent aux
périodes d'hyperesthésie:
l'animal est attentif au moindre but.
Victime d'hallucinations, sa tête et son
regard semblent alors suivre un mouvement invisible dans la
pièce. Pendant
les moments d'hypoesthésie, il paraît
insensible à tout et presque endormi.
Ces signes peuvent évoquer une
méningo-encéphalite ou une autre atteinte
cérébrale. Les
yeux d'aspect vitreux, en
myosis, réagissent cependant à la
lumière.
Un examen ophtalmologique ne signale aucune autre anomalie.
Traitement.:
Il
est uniquement symptomatique et vise
l'élimination du toxique du tube digestif et le maintien des
fonctions
vitales: on peut
faire vomir l'animal
(apomorphine en sous-cutanée ou intramusculaire - 0,05
à 0,1 mg\kg) et
administrer des adsorbants digestifs (charbon
végétal activé).
La perfusion de solutés (Ringer-lactate)
accélère l'élimination urinaire des
métabolites. Certains
auteurs préconisent l'administration
de diazépam (pour calmer l'hyperexcitabilité et
l'agressivité - 0,5 mg\kg) de
corticoïdes ou d'atropine.
Des
analeptiques cardio-respiratoires peuvent éventuellement
être employés
(caféine, théophylline, heptaminol). En
résumé:
les praticiens doivent être
sensibilisés à la possibilité de
survenue d'un tel incident. En
raison de la crainte des répercussions
légales, un client sera presque toujours réticent
pour avouer que son chien a
absorbé du Haschich. Un
examen attentif
de l'animal et un interrogatoire minutieux du propriétaire
permettent parfois
d'orienter le diagnostic dans la bonne direction.
Ce syndrome clinique est difficilement
rattachable à une autre affection connue, en raison de ses
particularités
symptomatologiques: dépression
du
système nerveux central, ataxie et perturbation du
comportement.
Les intoxications
médicamenteuses constituent un domaine relativement
important de la toxicologie
vétérinaire chez les animaux de compagnie. En
1990, 25 % des appels
téléphoniques parvenus au Centre National
d'Information Toxicologique
Vétérinaire (C.N.I.T.V.) à LYON
concernaient des suspicions d'intoxications
médicamenteuses chez le chien et chez le chat. Des
statistiques semblables
proviennent de l'Illinois Animal Poison Information Center (I.A.P.I.C).
A part
quelques exemples classiques comme la sensibilité du chat
à l'aspirine ou à la
streptomycine, les risques liés à
l'administration de médicaments sont encore
mal connus.
Après un rappel des
principaux facteurs épidémiologiques et
toxicologiques relatifs aux accidents
thérapeutiques, objet d'une première partie, nous
aborderons dans une deuxième
partie les principales intoxications médicamenteuses
rencontrées chez les
carnivores domestiques.
La fréquence relativement
élevée des accidents médicamenteux en
médecine vétérinaire est due
à certains
facteurs épidémiologiques et toxicologiques
pouvant favoriser leur apparition.
On distingue sur le plan étiologique plusieurs types
d'intoxications:
a) Des
intoxications d'origine thérapeutique du fait de la toxicité importante de
certains
principes actifs pour l'espèce canine ou féline.
Elles sont consécutives le
plus souvent à un surdosage. Des quantités de
médicament équivalentes à
plusieurs fois la posologie habituelle sont administrées
à l'animal. Les
accidents toxiques surviennent également lors
d'administration par le
propriétaire de l'animal de
spécialités pharmaceutiques humaines dont les
principes actifs n'ont pas encore été
étudié en thérapeutique
vétérinaire.
b) Des
intoxications
d'origine accidentelle.
c) Des effets
adverses apparaissant
dans le cadre d'une utilisation
normale du médicament.
d) Des
réactions allergiques: La
sulfadiazine (sulfamide antibactérien) entraîne
chez les Pinschers des
réactions d'hypersensibilité de type III avec
polyarthrite accompagnée de
glomérulonéphrite, dermite, anémie,
fièvre, leucopénie.
e) Des
perturbations de la flore digestive:
Signalons
à ce sujet la mauvaise tolérance per os des
tétracyclines chez le chat si la
posologie quotidienne est administrée en une seule fois.
Des facteurs intrinsèques
tenant à l'animal et extrinsèques relatifs aux
substances administrées
interviennent dans la genèse des intoxications
médicamenteuses.
1 -
Facteurs intrinsèques:
La toxicité d'une substance
varie en fonction de certains facteurs d'origine
génétique (espèce, race) et
pathologique.
a)
Espèce:
Les variations spécifiques sont importantes à
considérer en médecine
vétérinaire. Les voies et l'intensité
des biotransformations souvent
différentes d'une espèce animale à une
autre peuvent expliquer des différences
de sensibilité aux médicaments.
Le chat
présente un faible pouvoir de glucurono-conjugaison qui le
rend
particulièrement sensible aux acides aromatiques (acide
acétylsalicylique,
acide benzoïque) et aux dérivés
phénoliques.