1.
Le sang : fonction
2.
Composition du sang
A ) Le plasma sanguin
B
) Les éléments figurés
-
Les globules rouges
1
) Hématopoïèse
embryonnaire et
fœtale.
2
) La moelle
osseuse hématopoïétique.
3)
Activité
métabolique des cellules précurseurs de globules rouges
4).
Evaluation
clinique des érythrocytes
5). Déficiences
protéiques des cellules de la lignée rouge.
6). Anabolisme des porphyrines et porphyries.
7). Pathologie du métabolisme du fer .
8). Pathologies du catabolisme des porphyrines
9) Récapitulafif des causes d'anémie
10). Bilan biologique .
Le
sang se différencie très tôt dans l'évolution animale comme un nouveau
compartiment extracellulaire essentiel. Sa fonction initiale est de
faciliter
les échanges de matière entre des masses tissulaires devenant trop
importantes
pour que ces échanges restent assurés par diffusion. D'autres fonctions
sont
venues s'ajouter à celle-ci, qui font du sang un "organe" essentiel à
plus d'un titre. Le sang va ainsi intervenir dans :
1)
Les échanges gazeux (O2
et CO2) chez la plupart
des espèces.
4)
L'équilibre acide-base de l'organisme et le contrôle du pH.
5)
Le mouvement au niveau de certains organes et la
locomotion chez
certaines espèces par
modification
de pression hydrostatique.
7)
La défense de l'organisme au niveau
cellulaire contre des éléments
étrangers
Ainsi, le "liquide extra tissulaire" des animaux est devenu au cours de l'évolution un support indispensable à leur unité fonctionnelle. Il est devenu le véritable milieu de vie des cellules auxquelles il assure, chez les espèces les plus évoluées, une stabilité d'environnement physico-chimique. Dans ce cadre, il apparaît comme un élément majeur de la libération des organismes vis à vis des contraintes de l'environnement.
Le
sang est un liquide dans lequel peuvent flotter des cellules (éléments
figurés)
en plus ou moins grand nombre. Le liquide une fois débarrassé des
éléments figurés
porte généralement le nom de plasma sanguin. Chez bon nombre
d'invertébrés, la
quantité de cellules sanguines est très faible, le sang se résume
essentiellement au plasma. Par son origine, le sang doit être considéré
comme
un tissu mésenchymateux dont les éléments cellulaires sont séparés par
un
liquide interstitiel, le plasma.
Le
volume sanguin est extrêmement variable ; il est beaucoup plus
important chez
la plupart des invertébrés que chez les vertébrés.
Le
plasma est un liquide contenant en solution ou en suspension divers
sels
minéraux (NaCl essentiellement, ainsi que des composés organiques
(substances
nutritives, urée, protéines). La nature et la concentration des
protéines
plasmatiques sont très variable d'un groupe zoologique à l'autre. Les
données
concernant les invertébrés sont par ailleurs éparses et peu nombreuses.
Nous
nous concentrerons donc sur les vertébrés et plus particulièrement les
mammifères.
Chez
les vertébrés, les protéines plasmatiques sont assez concentrées et
responsables du développement d'une pression oncotique non négligeable.
Ce
facteur joue un rôle important dans les mouvements d'eau au niveau des
capillaires. Ces protéines vont également intervenir dans le transport
de
nombreux éléments peu ou pas solubles. Elles vont également jouer un
rôle
primordial dans les phénomènes d'hémostase et de coagulation ainsi que
dans les
processus d'agrégation des globules rouges qui vont influer sur la
viscosité et
donc les caractéristiques d'écoulement du sang.
Chez
l'homme, la concentration en protéines atteint 70 à 80 g/l. L'albumine
représente 60 % du total, une bonne part du reste, soit près de 40 %,
étant
représenté par des globulines (et différents facteurs intervenant
dans la coagulation du sang).
L'albumine
va intervenir dans le transport de différentes substances: bilirubine
(voir
plus loin) ou hormones par exemple. Elle peut ainsi servir de réserve
protéique
en cas de déficit nutritionnel.
Les
a1, a2 et b globulines servent
notamment au transport des lipides et de diverses vitamines (voir plus
loin),
de l'hémoglobine (heptaglobine), du fer (transferrine), du cortisol
(transcortine) et des cobalamines (transcobalamine).
Les
immunoglobulines (Ig) font partie
essentiellement des g - globulines. Elles
constituent les substances immunitaires du plasma (anticorps). La plus
importante d'entre elles en terme de concentration (7 à 15 g/l) est
l'IgB. Elle
intervient avec les IgA, IgM, IgD et IgE dans les processus de défense
de
l'organisme contre l'intrusion de corps étrangers.
Chez
la plupart des organismes, on trouve des cellules capables de
mouvements
amiboïdes dont le rôle essentiel est de phagocyter les débris
cellulaires et
les corps étrangers. Chez différents invertébrés, les éléments figurés
du sang
se limitent à ce type de cellules, en faible quantité. Chez les
vertébrés, ces
cellules entrent dans la catégorie des leucocytes. On trouve par
ailleurs des thrombocytes
et des érythrocytes. Les érythrocytes
ont également été
appelés globules rouges. Ils doivent leur couleur rouge au pigment
respiratoire
coloré qu'ils contiennent, l'hémoglobine. Les leucocytes, cellules
incolores, sont également appelés globules blancs, par opposition aux
globules
rouges.
L'ensemble
des éléments figurés peut représenter quelque 40 % du volume sanguin
total chez
les mammifères; ce qui correspond chez l'homme par exemple à environ
5x106
particules par mm3. Le sang apparaît donc comme
une suspension très
concentrée dont les globules rouges sont les éléments majoritaires. Les
érythrocytes vont donc intervenir de façon déterminante dans les
propriétés du
sang (viscosité et dynamique d'écoulement dont elle dépend). Dans
certains cas,
comme la leucémie, le nombre de globules blancs peut toutefois
s'accroître
suffisamment pour augmenter la viscosité de façon significative.
Le globule rouge
transporte l’oxygène vers les tissus et élimine
le gaz carbonique. Il contient beaucoup d’hémoglobine (95% du poids sec
des
cellules).
Le
rôle essentiel de ces cellules sanguines est donc le transport
d'oxygène des
surfaces respiratoires vers les tissus. On trouve ces cellules chez
quelques
invertébrés et chez tous les vertébrés. Ils sont exceptionnellement
absents
chez les Chaenichthyidés, une famille de poissons téléostéens
antarctiques
dépourvus d'hémoglobine.
Les globules rouges se présentent comme des cellules incapables de mouvements propres mais extrêmement déformables, dont la forme d'équilibre est un disque aplati, ovalisé (circulaire chez les cyclostomes et les mammifères). Comme nous l'avons vu, la déformabilité est, avec la capacité d'empilement, une caractéristique importante intervenant dans la dynamique de l'écoulement sanguin. En conditions normales, la taille et le nombre de globules rouges sont pratiquement constants dans une même espèce mais varient beaucoup d'une espèce à l'autre et d'une classe de vertébrés à l'autre. La taille ne varie en général pas au sein d'une même espèce, sauf cas pathologique. Le nombre par contre peut varier assez largement en fonction de différents paramètres extérieurs comme la disponibilité de l'oxygène.
Les globules rouges les plus petits et les plus nombreux se rencontrent chez les mammifères: homme: 5.106/mm3, diamètre 7,7 µ; chèvre: 18.106/mm3, diamètre 4 µ. Ils sont nettement moins nombreux et plus grands chez les pœcilothermes. Ainsi, chez la grenouille, on en compte 6.105/mm3 de diamètre moyen 16 à 22 µ. Au cours de leur différenciation à partir des cellules souches qui assurent leur formation et leur remplacement, les globules rouges de mammifères perdent leur chondriome, leur appareil de Golgi, leur centrosome et leur ARN. Le noyau est conservé dans tous les autres groupes; les mammifères sont les seuls organismes à posséder des érythrocytes anucléés, appelés aussi hématies.
1
) Hématopoïèse
embryonnaire et fœtale.
a)
Hématopoïèse
prénatale.
Elle commence chez
l’embryon au niveau des îlots de Pander-Wolff dans les parois de la
vésicule
vitelline par la formation des mégaloblastes. Il y a ensuite
colonisation du foie, où
l’on retrouve, entre les cordons des cellules hépatiques, des cellules
souches
des lignées rouge, granuleuse et plaquettaire. La colonisation v
également
gagner la moelle osseuse, de la rate et du thymus de l’embryon.
b)
Hématopoïèse
postnatale.
-
Au moment de la
parturition, la moelle osseuse
est le site principal de l’hématopoïèse. Le
foie et la rate sont également le siège d’une hématopoïèse.
-
La
moelle
osseuse s’étudie par coupe de biopsie ostéo-médullaires décalcifiées ou
sur
frottis obtenus par ponction ou aspiration du liquide médullaire. Les
frottis
sont traités comme des frottis sanguins.
2
) La moelle
osseuse hématopoïétique.
A ) Structure
générale de la moelle hématopoïétique.
Le tissu médullaire
est constitué par ;
-
Une trame de tissu
réticulaire s’étendant dans tout
l’espace hématopoïétique de la cavité médullaire. On y trouve des
cellules
réticulaires (fibroblastes), des fibres réticuliniques, des adipocytes,
des
macrophages (70 % de la moelle rouge est occupée par des adipocytes).
Les
mailles sont occupées par des cellules à différents stades de
différenciation
des lignées rouge et granuleuse.
-
Un réseau de
sinusoïdes disposées disposé en trèfle.
- Il existe une barrière entre l’endroit de naissance des globules rouges et celui où ils vont vivrent, entre «l’organe hématopoïétique et le sang. Les cellules de la moelle vont la quitter et doivent donc êtres continuellement renouveler. Pour ce faire, il existe des cellules multipotentielles communes aux différentes lignées et qui se renouvellent sans cesse et se différencient en les différentes lignées suivant les besoins.
B )
Caractéristiques de la maturation cellulaire.
-
Les cellules jeunes
et indifférenciées sont d’ordinaire
plus grandes que les formes mûres.
-
Elles n’ont pas de
granules et ont un noyau large.
-
Le rapport noyau
/cytoplasme diminue progressivement en
même temps que la taille de la cellule.
-
Le mégacaryocyte est
une exception dans la mesure où sa
taille croît au fur et à mesure de son évolution.
-
Le noyau d’une
cellule jeune est pâle parce que la
chromatine est dispersée suite à l’activation de l’ADN. Lors de son
évolution,
la chromatine se condense et devient plus colorée.
-
Les nucléoles sont
visibles dans les cellules
indifférenciées et non chez les vieilles cellules.
C ) La série
érythrocytaire- L’érythropoïèse.
L’érythropoïèse est l’ensemble des processus de prolifération, de différenciation et de maturation qui aboutissent à la formation du globule rouge dont le rôle fondamental est d’assurer par son constituant essentiel, l’hémoglobine, le transport de l’oxygène dans les tissus.
4. Facteurs
influençant l’érythropoïèse.
A)
Influence
indirecte :
-
Disponibilité en fer.
Son absence conduit à la formation
d’hémoglobine anormale.
-
Circulation sanguine
inadéquate conduisant à une hypoxie.
-
Mauvaise ventilation
pulmonaire conduisant à une
hémoglobine n’étant pas assez chargée en oxygène.
-
Modification de
l’affinité de l’Hb pour l’oxygène.
B
) Influence directe :
- Erythropoïèse inefficace (cycle «futile » n’aboutissant pas à la formation de 16 normoblastes à partir d’une seule cellule souche.
-
Anémie hémolytique
congénitale chez le bovin. Hémolyse
sévère.
-
Erythropoïèse
stimulée par l’érythropoïétine. On a cru
qu’elle était fabriquée par le rein, mais en fait elle vient du foie.
L’érythropoiétine à son activité augmentée par l’érythrogénine venant
du rein.
En cas de lésion rénale chronique, il carence en érythropoïétine
activée car il
n’y a plus d’érythrogénine.
5. Anomalies de
l’erythropoïèse .
a
) Erythropoïèse inefficace .
L’érythropoïèse n’aboutit pas à l’érythrocyte, les cellules sont perdues. C’est physiologique dans une certaine mesure, mais çà devient pathologique lorsque la stimulation de cette érythropoïèse inefficace devient trop importante.
Pour survivre, l’organisme doit augmenter l’érythropoïèse efficace ;La B2 globine augmente la différenciation des cellules souches en cellules souches primitives mais n’augmente pas la vitesse de division.
b
) Macrocytes .
Mais quand l’Hb est synthétisée en quantité suffisante, elle bloque la synthèse d’ADN ce qui bloque la division cellulaire.
On
reste donc au stade macrocytaire (c-à-d au stade de rubricyte qui sont
ces
grosses cellules appelées macrocytes).
Les
macrocytes sont libérés dans la circulation. Leur demi-vie est
inférieure à
celle des érythrocytes. On ce trouve donc dans les conditions d’une anémie
macrocytaire.
c
) Microcytes.
La vitB12 est responsable
de la transformation de l’ homocystéine en méthionine. Lors de carence
en
viyB12, il y a anémie macrocytaire car il y a inhibition du
développement
initial. On se retrouve donc avec une grosse cellule souche.
Une carence en vitB12
est souvent
due à l’absence du facteur gastrique responsable de son
absorption
intestinale.
3 Activité
métabolique des cellules précurseurs de globules rouges .
Comme il y a un noyau et un cytoplasme, il existe donc au niveau des cellules précurseurs des globules rouges ;
-
Des synthèses
protéiques.
-
Des oxydations
aérobies.
-
Des réplications et
différenciations.
Le normoblaste ne possède pas
d’ADN.
Le réticulocyte a encore des
mitochondries (pour la synthèse de
l’hème de l’hémoglobine).
A ) Synthèse de
l’hème et de la globine .
Pour réaliser cette
synthèse, il faut ;
-
des mitochondries
pour la synthèse de l’hème.
-
des polyribosomes
pour la synthèse de la globine (=
protéine).
Les mitochondries et
les polyribosomes sont présents jusqu’au
stade du réticulocyte puis après ils n’existent plus, il n’y a plus de
synthèse
d’hémoglobine au niveau du globule rouge.
La synthèse de l’hème se fait à partir de glycine et de succinate.
l’enzyme 1
(c-à-d de la d amino
levulinate synthétase). Toute carence en Vit B6
entraînera une
anémie car l’hème ne pourra être synthétisé.
Par ailleurs,
s’il y a une déficience en Cu, l’enzyme 2
qui est une déshydratase ne
Pourra plus fonctionner.
2 ) Synthèse du
glutathion .
Le glutathion est présent à tous les stades de l’érythropoïèse et pendant toute la vie du globule rouge.
L’érythrocyte n’a pas
plus de ribosomes mais on observe quand même
la synthèse de petites protéines ATP, NAD, NADP, glutathion.
3 ) Métabolisme
du glucose .
a
) Cellules
immatures .
Ces cellules
respirent, donc elles utilisent;
- la glycolyse qui và donner du 2-3 di P glycérate puis du glucose.
-
Le cycle de Krebs.
-
La voie des pentoses
phosphates.
b
) Réticulocytes.
Ils synthétisent de l’hémoglobine pendant quelques heures. Le glucose est utilisé par voie aérobie (au niveau des mitochondries).
C )
Erythrocytes .
A
leur niveau, il n’y a plus de
synthèses protéiques, ni de cycle de krebs, ni de phosphorylations
oxydatives
MAIS il reste une activité métabolique ;
Le
glucose est utilisé par glycolyse
(voie aérobie) et par la
voie des pentoses phosphates .
Il
y a des synthèses de 2-3 di
P glycérate, ATP, NAD, NADP et glutathion. Le glucose pénètre dans les
globules
rouges sous l’action de l’insuline.
Tous
les globules rouges
utilisent les mêmes voies métaboliques chez les différentes espèces
(glycolyse,
voie des pentoses phosphates, synthèse du 2-3 di P glycérate) mais ces
activités métaboliques sont dfférentes suivant ces espèces.
a)
Porc.
Il n’utilise pas le glucose mais surtout l’inosine, c-à-d une adénosine ayant subit une désamination oxydative.
b)
Homme.
S’il
y a une carence en GGP
déshydrogénase (1ière enzyme su shunt des
pentoses qui transforme le
GGP eu G P gluconolactone) et qu’on donne un médicament contre la
malaria
(Primaquine par exemple), il y a lyse du GR.
c)
Mouton.
Il est naturellement déficient
en GGP déshydrogénase. Mais si on lui donne de la primaquine, il n’y a
pas
d’hémolyse.
-
Maintenir l’intégrité
de la membrane qui doit rester flexible.
-
Maintenir l’équilibre
ionique Na/K.
-
Empêcher les
oxydations ( Fe++
Fe+++
ferrique).
e)
Survie des globules
rouges.
Elle
dépend du maintient de ses
activités métaboliques…
f)
Troubles.
Tout
trouble au niveau des
globules rouges conduit à une anémie. Pour rechercher la cause de
l’anémie, il
faut faire :
-
une recherche
biochimique
-
des examens de
dégrossissage (évaluation clinique des globules rouges).
4 .
Evaluation
clinique des érythrocytes.
1) détermination du
CBC (comptage du sang complet)
- Comptage des GR (µl)
- Quantifier la quantité
d’Hb en gr/dl de sang.
- Quantifier le volume globulaire (hématocrite/ 100 ml de sang total)
2) indices
érythrocytaires
- MCV ; volume
corpusculaire moyen
- MCH ; hémoglobine
corpusculaire moyenne (pico gr/GR)
- MCHC ;
concentration en hémoglobine corpusculaire moyenne (%/100ml de contenu)
3) Aspect, forme,
volume.
4) Dosage de
l’hémoglobine libre dans le plasma. (hémoglobinémie)
1 ) CBC : Complete Blood Count. Comptage du sang
complet .
a) Valeurs
normales .
|
|
Nombre de GR (million/µl) |
Hématocrite (%) |
Hémoglobine (gr/dl sang) |
|
Chien |
6,8 |
45 |
15 |
|
Chat |
7,5 |
37 |
12 |
|
Bovin |
7 |
34 |
11 |
b) Variations
normales.
Ø Milieu.
L’altitude augmente le nombre
de globules rouges et augment par conséquent le CBC.
Ø Laboratoire.
Il faut toujours envoyer les
échantillons au même labo…
Ø Causes
physiologiques.
- L’âge.
Chez
le chiot, jusqu’à l’âge de 3 semaines, les globules rouges sont plus gros. Le
nombre de globules rouges et l’hématocrite augmentent jusqu’à l’âge de 6 mois.
- La race.
Par exemple, chez le cheval, il ya des
différences entre le cheval de trait et le cheval de
course.
- Les manipulations
de l’animal.
Lorsque
l’on fait une prise de sang sur un cheval, il vide sa rate, ce qui augmente le
nombre de GR circulants et peut augmenter l’hématocrite jusqu’à 60%. Il faut donc standardiser la
manipulation : on fait d’abord courir le cheval jusqu’à ce qu’il atteigne
100 pulsations cardiaques / min. On attend 30 secondes puis on fait la prise de
sang.
c) techniques.
Ø Numération.
- Hématimètre .
On dilue le sang dans une
cellule, on laisse sédimenter et on compte les GR. L’erreur est de l’ordre de
20%…
- Coulter counter .
On dilue le sang, on le fait
passer dans un capillaire (1 GR à la fois) où passe un courant continu. La
conduction est plus rapide dans le GR que dasn le solvant et chaque fois qu’un
GR passe, il y a un pic électrique.
Ø Dosage de
l’hémoglobine.
- Méthode de
l’hématurie acide .
Suite au mélange de l’Hb et
d’HCl dilué, on mesure l’intensité de la coloration au colorimètre et on compare
à un étalon.
- Echelle de Talquist
.
On compare la couleur du sang
(l’intensité du rouge est proportionnel à la quantité d’Hb) à une coloration
étalon (erreur de 10 à 40 %).
- Hémoglobinomètre de
Spencer.
Se base sur la destruction de
l’oxyhémoglobine. Peu précis.
- Méthode à la
cyanométhémoglobine (la plus précise) .
On mélange l’hémoglobine à du
cyanate ce qui la transforme en cyanométhémoglobine puis on lit à 540nm.
Ø Hématocrite.
C’est la détermination du pourcentage de sang qui est formé d’hématies..
c’est l’équivalent du Volume Globulaire Total (VGT).
- Microhématimètre .
C’est un tube capillaire :
L=7cm, Diam = 1 mm erreur de 2 à 8,5%
On dépose l’extrémité du tube
dans le sang qui monte par capillarité. On centrifuge à 3000 tours pendant 10
minutes. Les globules blancs sont difficilement visibles et une mauvaise
centrifugation (trop lente) peut modifier la valeur de l’hématocrite…
1. Les indices érythrocytaires
.
Ils sont calculés à partir du
CBC.
a) MCV : Mean
Corpuscular Volume = Volume Corpusculaire Moyen.
Exemple : Si l’hématocrite (=VGT) = 45% cela veut dire
qu’il y a 450 ml de GR dans 1 litre
de sang. ( 0,45 l de GR /litre
de sang = 450 x 10-3 litre de
GR dans 1 litre de sang.
La numération donne 5 millions de GR/mm3 ou /µl,
Donc, dans 1 litre il y
a 5 millions x 1 million, c-à-d 5 x 10 12 hématies .
b) MCH : Mean
Corpuscular Hémoglobine = Hémoglobine corpusculaire moyenne.
Exemple : Hématocrite =
45%
Taux d’hémoglobine = 15 gr
Hb/dl = 150 gr Hb/l
Numération = 5 x 106 GR/mm3
= 5 x 1012 GR/ litre (1 mm3 = 1 µl)
c) MCHC : Mean
Corpucular Hémoglobine Concentration = Concentration
d) Valeurs
normales.
|
|
MCV µ3
ou fl |
MCH picogr |
MCHC % |
|
Bovin |
40-60 |
11-17 |
26-34 |
|
Chien |
60-77 |
19-25 |
31-34 |
|
Chat |
39-35 |
13-17 |
31-34 |
e) Classification
des anémies.
REMARQUES :
- On peut avoir un MCHC normal (c-à-d une teneur normale en
hémoglobine) mais une
quantité d’Hb trop
grande (c-à-d trop de picogr) causée par un volume corpusculaire trop
grand >>> C’est une anémie macrocytaire normochrome.
- Le plus souvent, on a une anémie normochrome normocytaire, c-à-d une teneur en Hb normale et un volume globulaire normal. Ceci est du à une diminution du nombre de GR à cause d’un problème au niveau de la moelle osseuse (hypoplasie médullaire). Mais elle ne dépend pas de l’érythropoïèse car le GR est normal.
- On peut rencontrer une anémie hypochrome microcytaire suite
à une carence en vitE, en vitB6 ou lors d’hémorragie chronique.
- Les anémies macrocytaires sont souvent hypo ou
normochromes.
3. Autres
méthodes d’évaluation .
a) Vitesse de
sédimentation globulaire (VS)
Normalement la vitesse de sédimentation est très lente sauf dans
certains cas ;
- Si une inflammation, une nécrose ou une dégénérescence, si
l’animal a ingéré des substances toxiques (qui provoquent une nécrose), il se
produit des modifications physico-chimiques du plasma et des GR (qui
s’organisent en rouleaux, ce qui augmente la vitesse de sédimentation.
- Chez les animaux anémiques,(c-à-d hématocrite trop faible),
la VS augmente.
b) Morphologie des
hématies.
Ø Aspect des
globules rouges .
La membrane du GR est constitué d’une double couche lipidique de protéines intrinsèques et extrinsèques internes ou externes. Elle contient 15% de cholestérol.
Il existe des enzymes qui échange le cholestérol avec le sang. Si le cholestérol sanguin augmente, son intégration dans la membrane augmente. Ce phénomène est favorisé par les sels biliaires présents dans le sang.
Lors de maladie hépatique, il y a augmentation des sels biliaires et l’on retrouve des globules rouges particuliers ; les « targets cells »
Le globule rouge à la forme d’un « beignet troué ». Il contient un cytosquelette protéique sous membranaire. Des ankyrines sont des molécules entre lesquelles il existe des structures filamenteuses, les molécules de spectrine . Cet ensemble concourt à la formation d’un réseau colloïdal (gel).
Le globule rouge est entouré de 3 membranes coulissant les unes sur les autres. On retrouve 2 couches externes de nature phospholipidique et une couche interne formée d’un gel protéique.
On a constaté qu’il existait 3 formes possibles pour les globules rouges :
Ø Un peu de
terminologie…
1) Anisocytose :
C’est la présence de globules rouges de taille variable. C’est physiologique chez le porc.
Si on ce trouve dans le cadre d’une pathologie, c’est un signe de
régénérescence car des cellules mûres sont envoyées précipitamment dans le sang
périphérique.
2) Poïkilocytose .
C’est la présence de globules rouges de forme anormale. Cela indique
soit des modifications importantes du milieu interne (protéines, pH…), soit une
CIVD. On retrouve ce phénomène de poïkilocytose dans les maladies graves.
3) Polychromasie .
C’est la présence de globules rouges de couleur variable. Les couleurs
varient du bleu au rouge. Cela indique un phénomène de régénération ; les
cellules bleues, plus volumineuses et plus rondes sont des réticulocytes.
4) Corps de
Howell-Jolly .
Ce sont des restes de noyaux dans le globule rouge (dans le réticulocyte on retrouve des restes de RER et d’ADN…). Ces corps de Howell-Joly apparaissent comme un point très dense et souvent excentrique. Il y a eu une stimulation de la moelle et les débris de noyau n’ont pas eu le temps d’êtres expulsés.
C’est un moins bon critère que les réticulocytes pour indiquer une
surstimulation…
5 ) Corps de Heinz .
On retrouve des endroits réfringents dans les globules rouges. Cela correspond à une précipitation de l’Hb oxydée. Cela peut être du a des toxiques oxydants. Cela peut être physiologique chez le chat.
6 ) Leptocytose .
C’est la présence de cellules possédant trop de membrane, ce qui donne des formes anormales sur frottis. Cela est du à une diminution de la souplesse de la membrane. (cette forme se différencie des targets cells où en plus du repli périphérique, il y en a un central.
On retrouve cette forme lors de maladies hépatiques et lors de
déficience en ATP qui entraîne une perte de fluidité des membranes.
7 ) Macrocytose .
C’est un globule rouge trop gros. On retrouve cette forme
lors de :
- stimulation importante
de la moelle osseuse. Les cellules ont sauté l’une ou l’autre division mais
sont à maturation quand même.
- Hémorragie.
- Déficience en VitB12
ce qui entraîne un arrêt de la production de GR au niveau de la moelle
osseuse.
8 ) Microcytose .
On les observe lors de
déficience en fer.
9 ) Métarubricytes .
Ils ressemblent aux autres globules rouges, parfois un peu
plus grands, mais présentent un noyau noir très dense.
On les retrouve lors de ;
- forte stimulation
médullaire.
- Lésions de la barrière
de perméabilité de la moelle osseuse ; septicémie, leucémie..
- Lors de stresss chez
le chat.
10 ) Acanthocytes.
Ce sont des formes à énergie moindre. L’aspect est celui d’une étoile à bords arrondis. On
retrouve cette forme lors de maladies rénales car il y a des désordres
osmotiques au niveau sanguin.
Bien différencier cette forme de
la crénation qui correspond à un artéfact de mauvaise fixation et se présente
sous forme d’une étoile à bouts pointus et non arrondis.
c) Résistance
globulaire.
On met des GR dans des solutions
salines de moins en mois isotoniques (c-à-d de plus en plus hyportoniques).
L’eau pénètre donc dans le GR et
on regarde à quelle hypotonicité le GR éclate. La résistance globulaire
minimale est la concentration à laquelle il commence à y avoir hémolyse.
La résistance globulaire maximum
est la concentration à laquelle l’hémolyse est totale.
5. Déficiences
protéiques des cellules de la lignée rouge.
1 . Hémoglobinopathies
.
Il existe différentes formes d’hémoglobines ; Hb A , Hb
A2, Hb fœtal.
a) Définition .
L’hémoglobinopathie est toute maladie où les acides aminés de la séquence primaire de l’hémoglobine sont atteints (chaîne alpha ou béta).
Au niveau du poumon, 95% de l’Hb est sous forme d’oxyHb.
Au niveau du muscle, la PP étant < à 20 mmHg, moins de 20% de
l’Hb est sous forme d’oxyHb.
L’hémoglobine peut aussi fixer le CO2 et les H+.
C’est l’histidine (146 beta et 120 alpha) qui fixe les H+ ce qui
modifie l’affinité de l’Hb pour l’O2.
L’hémoglobinopathie peut être due à ;
- une délétion d’acides aminés.
- Une insertion (addition) d’un acide aminé.
- Une substitution d’un acide aminé par un autre.
Ce qui entraîne une modification de la structure primaire de l’Hb
et donc une modification de son affinité pour l’O2. Les
hémoglobinopathies sont bien connues chez l’homme, moins bien chez les animaux.
b) technique.
c) exemples.
Ø Anémie
falciforme.
Les GR sont en faucille : l’Hb S ce qui modifie léffinité de l’hB pour l’O2.
Ø Hémoglobines
instables : corps de Heinz.
Dans ce cas, l’HB à une solubilité réduite et est instable. Cela provient d’une substitution d’acides aminés dans la zone proche de l’hème qui provoque une déformation de l’Hb avec apparition de groupes –SH de cystéine en surface. L’Hb va alors réagir avec une autre molécule d’Hb et créer des ponts di sulfures ce qui provoque leur précipitation (>>> la solubilité . C’est ce que l’on appelle un corps de Heinz.
- Signes cliniques : anémie, ictère, splénomégalie, diminution de l’hématocrite, diminution de
la concentration en Hb.
- Diagnostic : - test de stabilité à la chaleur
- test de précipitation à l’isopropanol. L’Hb ne précipite pas, l’Hb anormale
précipite.
Ø Hémoglobine ayant une affinité anormale pour
l’O2.
En général, l’affinité augmente, c-à-d que l’Hb a plus difficile à libérer l’O2.
Signes cliniques : hypoxie, stimulation de la synthèse des GR, polycytémie (augmentation du nombre des cellules sanguines).
Ø Méthémoglobine (HbM).
Il y a du Fe+++ (ferrique) à la place du Fe++ (ferreux. Il y a par conséquent impossibilité de fixer l’O2. Cela se produit lors de déficience en méthémoglobine réductase chez le chien. Cet enzyme est normalement présent dans le GR.
Diagnostic : modification du spectre d’absorption.
2. Thalassémies .
Maladie existant au pourtour de la Méditérrannée mais qui ne concerne pas les animaux. C’est une insuffisance de production de ;
- soit de la globine alpha (thalassémie alpha)
- soit de la globine bêta (thalassémie bêta)
provenant d’une déficience de gênes codant pour alpha et bêta.
1. Déficiences
enzymatiques .
a) métabolisme des
érythrocytes .
Le globule rouge n’a ni noyau, ni microsomes (donc pas de synthèses) ni de mitochondries (donc pas de respiration, c-à-d pas de phosphorylations oxydatives).
MAIS l’oxygène diffuse quand même dans le globule rouge (Hb fixe 95% et les 5% qui ne sont pas fixés par l’Hb provoquent des dégâts : il faut des oxydations.L’utilisation du glucose se fait par la glycolyse et par
la voie des pentoses phosphates (shunt des pentoses).
a) la glycolyse.
Au cours de la glycolyse, du NAD+ est transformé en NADH + H+.
Mais pour continuer la glycolyse, il faut régénérer le NAD+. Cela se fait de 3 façons :
La majorité du glucose est transformée par la glycolyse dans le GR :
- 60 % est transformé en lactate
- 30% en 2-3DPG
- 5 à 10 % passe dans la voie des pentoses
phosphate.
Le rôle de la glycolyse est de fabriquer de l’ATP qui est utilisé par l’ATPase de la pompe Na+/K+ qui est normalement présente dans le GR.
En général, le K+ intracellulaire est élevé (sauf chez le chien et le chat), il y a très peu de K+ intracellulaire (seulement 2 fois plus que le K+ sanguin. Ceci est du à une absence d’ATPase (en fait il a beaucoup moins car l’ATPase existe dans tous les GR).
- chez le chien et le chat, l’activité ATPasique est faible.
- Chez le cheval, le bovin et certains moutons, l’activité ATPasique est très faible.
- Chez le porc, l’homme et certains moutons, l’activité ATPasique est très forte.
Ø Utilité du 2-3 di phosphoglycérate (2-3
DPG).
Il se lie à la désoxyhémoglobine et diminue son affinité pour l’O2 ( P50>>> PH, PCO2 )
Donc une fois que l’Hb a libéré son O2, elle se fixe à la 2-3 DPG.
En cas d’hypoxie, il y a peu d’oxyHb et donc beaucoup de désoxyHb et donc beaucoup de 2-3DPG se fixe à la désoxyHb . En conséquence, il faut augmenter la synthèse de 2-3DPG par la mutase.
Comme il y a moins de 2-3 di phosphoglycétrate libre, il n’y a plus de rétro inhibition de la mutase par le 2-3DPG et donc l’enzyme synthétise des quantités accrues de 2-3 DPG. Ce phénomène se produit notamment en montagne où l’oxygène diminue et donc l’oxyHb diminue aussi.
Le 2-3 DPG permet de diminuer l’affinité de l’hémoglobine pour l’oxygène en basse pression d’O2 (L’Hb relargue une partie de son O2). le 2-3 DPG compense donc l’hypoxie.
- le chien, le cheval et l’homme ont beaucoup de 2-3 DPG, il ya donc une modification de l’affinité de l’Hb pour l’oxygène par le 2-3 DPG.
- Le chat, le bovin, le mouton ont peu de 2-3 DPG car la mutase est peu active (ct). Chez ces espèces, si on enlève le 2-3 DPG sérique, il n’y a pas d’augmentation de l’affinité de l’Hb pour l’oxygène. Si on ajoute du 2-3 DPG, il n’y a pas de diminution de l’affinité de l’Hb pour l’oxygène. Il n’y a donc pas de corrélation entre le 2-3 DPG et l’affinité de l’Hb pour l’oxygène. Chez ces espèces, en cas d’hypoxie, il n’y a pas de compensation par le 2-3 DPG, l’hypoxie est par conséquent accrue.
a) Voie des pentoses
phosphates .
Ø Rôle du NADPH.
Il permet le maintien - de l’hémoglobine sous forme non oxydée
- du
glutathion sous forme réduite.
Or, on vu que l’O2 libre (5%) au niveau du GR provoque ;
Le FMN est le coenzyme de nombreuses déshydrogénases intervenant dans des réactions d’oxydo-réduction. Le glutathion réductase possède une FMN sans lequel il ne peut pas agir.
Donc toute carence en Vit B2 provoque une oxydation de l’Hb et de l’anémie hémolytique.
1) Déficience en sélénium .
La glutathion peroxydase possède 4 molécules de sélénium. S’il y a carence alimentaire en sélénium, il y a anémie hémolytique.
2) Déficience en G6P déshydrogénase ( G6PDH)
.
Normalement tout vieux GR est détruit par la rate. Lorsqu’il n’y a plus de G6PDH, il n’y a plus de correction de l’Hb oxydée. En conséquence, l’Hb peut réagir avec le groupe –SH des protéines et précipiter sous forme des corps de Heinz. Les corps de Heinz entraînent une déformation du GR qui est reconnue par la rate. Celle-ci détruit alors le GR.
1. Déficiences
membranaires .
Coupe de la membrane du globule rouge.
Elle
est constituée de 35 à 45 % de lipides, le reste est constitué de
carbohydrates.
a) la membrane
intervient-elle dans la survie des globules rouges ?
La survie normale d’un globule rouge est de 120 à 160 jours. En fait cela varie d’une espèce à l’autre. cela survient surtout en cas d’atteinte enzymatique (au niveau du NADPH) qui provoque une diminution de survie des globules rouges par déformation de la membrane.
Survie des GR chez le chien ; 86 à 106 jours et chez le chat ; 65 à 70 jours
b) anomalies .
Ø Sphérocytose .
La cellule est anormalement perméable au Na+ qui entre massivement et provoque un gonflement du GR. La rate les reconnaît comme anormaux et les détruit. Il y donc suite à cela une anémie hémolytique et une splénomégalie. Cela se produit chez le chien lors de maladie hémolytique auto immune.
Comme il y a anémie, il y a augmentation du nombre de réticulocytes et donc MCV (taille) diminue et MCHC (teneur en Hb) augmente.
Chez l’homme, il existe aussi une déficience héréditaire en G6PDH.
Ø Corps de Heinz.
Les globules rouges forment entre eux des ponts disulfures suite à une anomalie de la membrane. Ces GR sont détruits par la rate. Cela se produit ;
- dans tous les cas où il y a une déficience de G6PDH. (qui produit le NADPH par le shunt des pentoses phosphates).
- chez le chat lorsque l’on administre du bleu de méthylène.
- Chez le cheval après traitement à la phénothiazine.
- Chez les herbivores qui pâturent dans des prairies où il y a des oignons sauvages.
L’animal le plus sensible est le chat car il possède beaucoup plus de cystéine (-SH) que les autres espèces. ( 8 groupes –SH libres).
L’animal le moins sensible est le mouton.
6. Anabolisme des porphyrines et porphyries.
Une porphyrine est constituée de 4 pyrroles unis par des ponts méthènes ( =CH-).
En fonction des substituants, il y a 3 types de porphyrines ;
- Uroporphyrine : - 4 propionates –CH2-CH2-COOH
- 4 acétates (A) –CH2-COOH
- Coproporphyrine : - 4 propionates (P)
- 4 méthyl (M) – CH3
- Protoporphyrine : - 2 propionates
- 2 vinyl (V)
- 4 méthyl
1. Biosynthèse .
L’uroporphyrinogène III va être décarboxylé en coproporphyrinogène III qui va donner de la protoporphyrine IX (dans la mitochondrie). Celle ci va être transformée en hème par apport de fer grâce à la chélatase. Celle-ci fixe le fer qui est apporté par la transférrine (transportant le Fer+++ ferrique) et transformé en Fer++ ferreux grâce au glutathion.
L’hème sort de la mitochondrie et avec la globine donne l’hémoglobine. Le plomb peut inhiber la chélatase.
L’hème peut inhiber sa propre synthèse par rétrocontrôle au niveau de la première enzyme et de la chélatase.
La cosynthétase permet le retournement d’un des pyrroles et de donner de l’uroporphyrinogène I.
S’il y a une déficience en Vit B6, la première réaction dans la mitochondrie (delta aminolévulinate synthétase) ne se fait pas.
S’il y a carence d’une des enzymes on aura uro- ou copro- ou proto- porphyrie en fonction de l’enzyme touchée.
2.
Classification des porphyries .
Les porphyries sont des troubles caractérisées par le fait que les métabolites utilisées pour la synthèse de l’hème sont produits soit en excès, soit sous forme anormale.
Ils s’accumulent dans les cellules et sont excrétés dans l’urine ou les matières fécales. (on les retrouve surtout chez le bovin et le pors).
Lorsqu’il y a porphyrie, il peut y avoir anémie mais ce n’est pas toujours le cas.
a) Porphyries
essentielles .
Elles sont d’origine génétique. Elles représentent la plupart des porphyries. Les substances éliminées sont des porphyrinogènes qui peuvent s’oxyder spontanément en porphyrines. On dose les porphyrines dans les excrétats ou l’urine.
1) Porphyrie érythropoïétique .
La production excessive de porphyrine dans le GR vient
d’un trouble au niveau de la moelle osseuse.
2) Porphyrie secondaires .
Le trouble atteint les enzymes qui synthétisent l’hème au niveau du foie.
b) Porphyries
secondaires .
En général, lorsqu’il y a une intoxication aux métaux lourds et plus particulièrement au plomb (par exemple le veau qui lèche une porte).
Le plomb inhibe la chélatase et entraîne une accumulation de porphyries car il n’y a plus de rétro contrôle par l’hème qui n’est plus produit.
3. Méthodologie .
a) Détection des
porphyrines .
- Leur détection est basée sur la couleur rouge qui apparaît en fluorescence sous l’action d’U.V. lorsque les porphyrines sont en solution acide (les porphyrines absorbent beaucuop de lumière car il y a beaucoup de doubles liaisons.
- L’uro- et le coproporphyrinogène peuvent être séparés par leur solubilité différentielle ;
- le coproporphyrinogène est soluble dans les solvants organiques (diéthylèther)
- l’uroporphyrinogène est soluble dans l’eau.
Le matériel doir être gardé à l’abri de la lumière car ces pigments sont très photosensibles.
b) Dosage des
porphobilinogènes.
Il réagit avec le réactif d’Ehrlich (diméthyl-amino-benzaldéhyde).
Ce réactif se condense avec le pyrrole et fait apparaître une coloration que l’on dose par photométrie.
Le porphobilinogène peut être séparé par le chloroforme car il n’y est pas soluble .
c) Dosage du delta
amino-lévulinate .
Il est dosable dans l’urine des animaux intoxiqués au plomb (le plomb produit beaucoup de delta amino-lévulinate). Le delta amino lévulinate est transformé en dérivé pyrroliques puis extrait à l’acétate d’éthyle puis réactif d’Ehrlich.
4. Porphyries
en médecine vétérinaire .
a) chez les bovins .
1) Porphyrie érythropoiétique congénitale .
Holstein, Shorthorn. C’est une maladie héréditaire qui n’est extériorisée que chez les homozygotes. Les hétérozygotes transmettent la maladie mais ne présentent pas de symptômes.
Ø Symptômes généraux .
Les porphyrines en excès vont précipiter à différents niveau ;
- peau >>> prurit, photosensiblisation (le plus souvent)
- crises abdominales (diminution des porphyrines au niveau des terminaisons nerveuses sympathiques) surtout chez l’homme.
- syndrome neurologique : précipitation au niveau du SNC.
Ø Signes particuliers.
- Coloration rouge-brun caractéristique au niveau des dents, des os et des urines.
- Photosensibilisation.
Ø Dosage des porphyrines dans les urines.
Il y a surtout de l’uro-I et copro-I en quantités énormes (les valeurs normales sont augmentées de plus d’un facteur 1000).
La coloration rouge des urines apparaît à partir de 100µg/dl. La fluorescence est révélée à partir de 1 mg/dl.
Ø Dosage des porphyrines dans la bile et les
matières fécales.
La bile est la voie normale d’excrétion des porphyrines.
Dans les matières fécales on trouve normalement de faibles traces de porphyrines d’origine biliaire et végétale. Chez le malade, il y a beaucoup de copro-I.
Ø Dosage dans le plasma et les globules rouges
.
On trouve les 3 porphyries de typeI. La sidérémie est normale ( la concentration en fer sérique est normale).
Réponse hématologique à la maladie .
- anémie hémolytique fréquente.
- Il peut y avoir beaucoup de macrocytes.
- L’érythropoïèse est stimulée, on trouve dans le sang des normoblastes et des réticulocytes qui sont normalement absents dans le sang. Les GR sont remplis de porphyrines. Ils sont hémolysés et leur demi-vie tombe de 160 jours à 20-30 jours (ce qui explique l’augmentation de l’érythropoïèse).
Ø Causes biochimiques.
Comme les formes I des porphyrines apparaissent et pas les formes III, c’est une déficience en cosynthétase.
Cause de la photosensibilisation .
- les porphyrines précipitent au niveau de la peau, absorbent les u.v. Lorsque les électrons retrouvent à l’état de repos, l’énergie part sous forme de lumière.
- L’énergie libérées par les électrons attaque l’oxygène (O2) et le transforme en oxygène moléculaire (O-) qui modifie la membrane des lysosomes qui libèrent leurs protéines.
2) Porphyries érythropoïétique bovine .
Signes : - photosensibilisation et prurit
- urines normales
- Erythrocytes et matières fécales : accumulation de protoporphyrine IX
Causes : Déficience partielle de la chélatase (celle du foie est aussi atteinte, on parle parfois de porphyries érythropoïétique hépatique). Il n’y a pas de formation d’hème. Cette maladie ne s’observe que chez les femelles.
b) Porphyries du
chat.
1) mâles .
Dents colorées, urine ambre (contient uro-I, copro-I, proto-I et porphobilinogène).
Déficience d’origine héréditaire. Il n’y a ni photosensibilisation, ni anémie.
2) siamois .
On trouve en excès uro-I, copro-I, proto-I dans les urines, les matières fécales et GR, il y a photosensibilisation (peut être déficience en cosynthétase).
7. Pathologie du métabolisme du fer .
b) Besoins en fer .
- Homme : 1 mgr/jr
- Bovin : 25 à 30 mgrs/jr
- Chien : 10 à 30 mgrs/jr
- Chat : 5 à 15 mgrs/jr
Ces différentes espèces ont plus ou moins le même métabolisme. L’absorption du fer n’est pas tout à fait déficiente mais il faut ingérer 10 à 20 fois plus que les besoins pour les satisfaire. (un homme doit ingérer 10 à 20 mgrs par jour).
c) Absorption du fer.
L’absorption est déficiente à raison de 5 à 10 %. Elle se fait ;
1) soit sous forme de Fe lié à la protoporphyrine
La cellule intestinale remanie l’hème et libère le fer OU l’hème passe directement dans la circulation.
2) Fe++ et Fe+++ lié aux protéines ingérées .
L’acidité stomacale libère le fer qui se retrouve en solution. La solubilité du Fe++ est supérieure à celle du Fe+++. Ce n’est que le Fe++ qui est absorbé. Dans l’intestin, le Fe+++ (ferrique) est transformé en Fe++ par l’acide ascorbique. Les acides aminés et les sucres vont chélater le Fe et améliorer son absorption. L’absorption est apparemment améliorée lors de la croissance, lors d’hémorragie, lors de gestation.
Qu’est-ce qui réduit l’absorption de fer ?
Il semblerait que la quasi totalité du fer serait absorbée mais la desquamation des cellules intestinales (qui est rapide) expliquerait le faible rendement.
Le fer absorbé se lie à l’apoferritine qui devient ferritine. Pour être utilisé, le Fe doit quitter la cellule intestinale et être transporté dans le sang par la transferrine. Or le transfert du fer de l’apoferritine vers la transferrine ne se ferait que selon les besoins. On aurait donc des cellules intestinales riches en fer qui desquament régulièrement. Beaucoup de fer est rejeté mais l’absorption est bonne.
d) Transport du fer.
Une fois absorbé, le fer se fixe à l’apoferritine (intracellulaire) qui devient ainsi ferritine. La ferritine donne alors le fer à la ceruloplasmine (extra cellulaire) qui achemine le fer à travers le milieu intestinal et le donne à la transférrine (plasma = sidérophylline). La transférrine transporte le fer dans tous l’organisme. La transférrine transporte du fer ferrique (Fe+++). Elle est saturée à 30 % (20 à 40 % du pool de transferrine est uni au fer). Elle peut fixer 2 atomes de Fe+++. Elle reconnaît des récepteurs spécifiques qui apparaissent au niveau de la membrane des cellules qui ont besoin de fer. Les récepteurs les plus nombreux se situent au niveau de la moelle osseuse et du foie.
Le fer est transporté sous forme de Fe+++ mais n’est utilisable que sous forme de Fe++.
e) Stockage .
Le fer en excès est stocké sous 2 formes :
- la ferritine . c’est una apoprotéine (apoferritine) constituée de 24 sous unités de PM 200000 délimitant une cavité pouvant contenir jusqu’à 4000 atomes de fer. Le fer est stocké avec les complexes d’hydroxyphosphates. Cette forme de stockage représente 50 % du stockage.
- L’hémosidérine . c’est un mélange mal défini de fer, apoferritine et d’autres protéines et polysaccharides. Elle libère plus difficilement le fer que la ferritine. Elle représente les 50 % restant du stockage.
Le stock est réparti : 1/3 dans la moelle osseuse, 1/3 dans le foie (si hépatite chronique, la sidérémie augmente, 1/3 dans la rate, les muscles et les autres tissus.
Il y a des réserves localisées dans les macrophages sous forme de ferritine. La ferritine tissulaire et la feritine sérique sont en équilibre. S’il y a assez de fer dans tous l’organisme, la concentration en ferritine sérique sera normale.
Le dosage de la ferritine sérique permet d’appécier l’importance de la ferritine tissulaire. Ceci est la méthode la plus simple pour différencier l’anémie ferriprive des autres anémies.
f) Tests du
métabolisme du fer .
Ø Etude hématologique.
Lors de déficience en fer, il y a anémie microcytaire hypochrome.
Une telle anémie existe aussi dans d’autres cas ;
- carence en Ca++
- déficience en Vit B6 (pyridoxine)
- intoxication au Pb ( pas de synthèse d’hème).
Ø Dosage du fer sérique.(sidérémie)
Ce dosage est difficile car on utilise du matériel en fer (utiliser des aiguilles au nickel). Les quantités en fer .Les quantités dans le sang sont très faible, il faut éviter toute hémolyse et toute contamination. Normalement , il y a environ 100 µgr de fer/ dl de sérum.
Au cours de la prise de sang, il faut éviter toute hémolyse sans quoi une hyposédérémie risque de passer inaperçue.
Ø Capacité sérique à fixer le fer. Capacité
latente de saturation en fer.
La transférrine est saturée au maximum à 30% (1/3 des sites de la transférrine sont occupés par le fer).
La transferrine se colore lorsqu’elle se lie au fer. Pour doser la capacité sérique à fixer le fer, on ajoute du fer au plasma ce qui se traduit par une augmentation de la coloration du sang, jusqu’à une certaine dose (100% de saturation) où la coloration n’augmente plus.
Puisqu’un 1/3 des sites sont occupés, la capacité latente de fixation du fer doit être de 2 x la capacité normale.
Si la capacité normale est de 100, la capacité latente est de 200.
Ø Ferritine sérique.
Le dosage se fait par R.I.A.
Il existe une relation linéaire entre la ferritine
sérique et les quantités de ferritine stockées dans les tissus.
Cn : 2400 nanogr/dl ou 24µgr/dl.
Ø Ponction de la moelle.
On colore l’hémosidérine au bleu de prusse et on compte les grains…
Ø Génétique in vivo
On mesure le turn over du fer et la vitesse d’incorporation du fer dans le GR
a) Pathologie du
métabolisme du fer.
Ø Déficience.
Toute déficience conduit à une anémie hypochrome microcytaire.
Les causes peuvent êtres ;
- des pertes excessives en fer .
Tumeurs hémorragiques, parasitisme intestinal, défaut de coagulation. Il ne faut pas oublier qu’il est nécessaire d’assurer des apports 10 à 20 fois supérieurs aux besoins car l’absorption est déficiente à 5 à 10 %.
- Remarques .
L’hyposidérémie peut se présenter lors de la gestation mais normalement, à ce moment, la capacité latente de saturation est plus élevée.
En cas de néphrose lipoidique, il y a une diminution de la sidérémie par pertes et en plus une diminution de la capacité latente de saturation.
En cas d’anémie hypochrome et d’hyposidérémie, il y a une élévation de la capacité latente de saturation mais également une augmentation des pertes en fer.
Ø Excès de fer
Beaucoup plus rare. Il y a un stockage du fer qui s’accumule sous forme d’hémosidérine dans le système réticulo endothélial puis dans toutes les cellules de l’organisme.
- Hémosidérose : il n’existe pas encore de trouble fonctionnel au niveau des tissus.
- Hémochromatose : accumulation excessive avec présence de dysfonctionnements métaboliques des tissus atteints.
Les causes peuvent en êtres ;
- thérapeutique inappropriée en fer
- transfusion
- carence primitive en Cu++. Le fer s’accumule dans l’hémosidérine mais comme il n’y a pas de céruloplasmine, le fer ne peut être libéré.
- Hépatite aiguë et cytolyse (le foie participe pour 1/3 au stockage du fer.
- Cirrhose et cytolyse
- Anémie hémolytique ou aplastique ou mégaloblastique.
- Anémie hypochrome par mauvaise utilisation du fer (par exemple : trouble de synthèse de l’hème d’origine toxique).
- Il existe des anémies hypochromes hyposidérémiques et hypersidérémiques.
8 . Pathologies du catabolisme des porphyrines .
1. Métabolisme de la bilirubine .
L’hème subit au niveau de la rate une oxydation par une hème oxydase donnant de la biliverdine avec ;
- formation de CO (monoxyde de carbone)
- libération de fer
- globine dégradée en acides aminés qui vont dans le « pool des acides aminés »
a) origine de l’hème
.
80 à 90% viennent des vieux GR dont l’Hb est détruite au niveau de la rate par le système réticulo endothélial .
Les 10 à 15 autres % viennent ;
- de l’hème contenu dans les cellules précurseurs des GR (érythropoïèse inefficace).
- Des enzymes (catalase, peroxydase)
- Des protéines (Mb, cytochrome)
Il y a ensuite formation de bilirubine par une réductase à NADPH. La bilirubine est non conjuguée et non soluble. Elle voyage dans le sang liée à la sérum albumine. La bilirubine non conjuguée (BNC) quitte alors la rate et est captée par le foie où la glucuronyl transférase la transforme en bilirubine conjuguée (BC) avec ;
- soit 2 acide glucuronique (bilirubine conjuguée)
- soit 1 acide glucuronique (bilirubine mono conjuguée).
Ø Chez l’homme :
Une molécule de sérumalbumine peut fixer 2 molécules de BNC. Il existe 2 sites : l’un à forte affinité et l’autre à faible affinité.
1dl de plasma peut fixer 60 mgr de bilirubine. La concentration de bilirubine plasmatique normale est de 1mgr/dl. Il n’y a pas de danger de saturation de la sérum albumine.
Ø Chez les animaux :
Une molécule de sérumalbumine ne peut fixer qu’une seule molécule de BNC. En plus la sérumalbumine sert à transporter d’autres substances (antibiotiques, AC…). Il y a danger de saturation si on traite un animal par un antibiotique, surtout si en même temps il y a bilirinémie. L’excès de bilirubine va dans ce cas précipiter au niveau des membranes et surtout au niveau des membranes du système nerveux.
La bilirubine conjuguée est ensuite excrétée dans la bile.
Il existe une étape limitante dans la captation de la BNC par le foie ; elle dépend en effet de l’excrétion de la BC dans la bile. Il ne peut donc y avoir captation s’il n’y a pas excrétion.
Dans l’intestin, la solubilité de l’eau devient possible grâce à la conjugaison au niveau du foie. Les bactéries intestinales hydrolysent la BC et la réduisent en urobilinogène et stercobilinogène.
La majeure partie passe dans le foie (cycle entéro-hépatique) où ;
- soit elle est resynthétisée en BC et réexcrétée.
- Soit passe directement dans la bile si elle est encore sous forme conjuguée.
Une petite partie passe dans le rein où elle devient l’urobilinogène (= pigments biliaires).
La majorité de l’uro et du stercobilinogène est éliminée dans les matières fécales
1. Dosages
biologiques .
a) pigments biliaires
urinaires normaux.
Ce sont l’urobiline et l’urobilinogène
Il existe des bandelettes ou des méthodes chimiques basées sur la réaction ;
Ø Méthode de Watson.
Dosage de l’urobiligenèse par le réactif d’Ehrlich (hypoxyde ferreux).
Ø Test de Scheseiger
On dise l’urobiline par l’acétate de zinc.
On ne retrouve jamais de bilirubine dans les urines car dans les conditions normales, la sérumalbumine ne passe pas au niveau des reins.
EXCEPTION : Chez 60% des chiens ; au niveau des néphrons de ces chiens, il existe un
système enzymatique de métabolisme de l’Hb en cas d’hémolyse. L’hème
donne de la bilirubine conjuguée (conjugaison au niveau du rein plutôt qu’au
niveau du foie).
a) Bilirubine
conjuguée urinaire.
- bandelettes : révélatrices
- Pastilles : constituées de benzène plus un composé déazoté qui fixe la BC
- Test de Gmelin : L’HNO3 oxyde la bilirubine en biliverdine.
- Test de Harisson : On fait un contre test au chlorure de benzène à 10%. La bilirubine précipite et régit avec le réactif de Fouquet.
- Test au bleu de méthylène :
b) Bilirubine
sérique.
Normalement dans le sang, on ne trouve que la BNC. La présence de BC dans le sang est toujours pathologique car elle est normalement excrétée par le rein.
On dose la bilirubine sérique par le réactif de Van Den Bergh : on ajoute comme réactif le chlorure de diazobenzène qui donne avec la bilirubine un composé de couleur rouge qui est mesué par colorimétrie.
Ø Test de la bilirubine directe .
On dose uniquement la bilirubine soluble, c’est-à-dire la bilirubine conjuguée du plasma. Comme elle est normalement excrétée par le rein, sa présence est toujours pathologique.
Ø Test de la bilirubine indirecte.
On dose à la fois la BC qui est soluble et la bilirubine libre qui liée à la sérumalbumine. On traite préalablement le plasma avec un détergent qui solubilise la bilirubine libre. On dose la BC avec le composé diazoté. La différence entre le test de la bilirubine directe et celui de la bilirubine indirecte nous donne la bilirubine non conjuguée.
Il faut être prudent car il existe des différences importantes au niveau des valeurs selon que l’on laisse le composé diazoté plus ou moins longtemps en contact avec le plasma.
1. Pathologies
.
Elle concernent les hyperbilirubinémie ; en général, une hyperbilirubilinémie s’accompagne d’un ictère et de différents symptômes.
L’ictère : - coloration jaune des ligaments et muqueuses
- selles décolorées et urines foncée
En se basant sur le métabolisme normal de la bilirubine il existe 5 causes provoquant une hyperbilirubinémie :
1) Surproduction de BNC .
- soit si hémolyse (excès d’HB dégradée)
- soit si augmentation de l’érythropoïèse inéfficace
2) Défaut de captation par les hépatocytes.
La bilirubine reste dans le sang en cas ;
- de jeûne prolongé
- de drogue
- de troubles héréditaires.
3) Conjugaison déficiente .
- troubles héréditaires.
- Médicaments (chloramphénicol) (compétition)
- Altération de l’hépatocyte (hépatite, cirrhose)
4) Défaut d’excrétion .
- troubles héréditaires
- hépatite
- certaines drogues
5) Obstruction de la sortie de la bile.
- tumeurs
- pierres
En fonction de ces processus, il existe 3 classifications des ictères.
a) Première classification
.
Ø 1. Ictère pré hépatique ou hématologique.
Le foie est normal mais il y a une hémolyse importante. S’il y a beaucoup d’Hb, la rate travaille un maximum, il y a donc formation de beaucoup de BNC et le foie travaille jusqu’à saturation et l’excès de BNC reste dans la circulation.
Analyses .
- Hyperbilirubinémie (le test de la bilirubine indirecte augmente mais pas celui de la bilirubine directe).
- Urobilinurie ; augmentation des sels biliaires dans l’urine.
- L’hémolyse sature l’haptoglobine. L’hémopexine prend le relais mais est aussi saturé.
- L’hémoglobine sort pas le rein.
Danger .
Si la bilirubine non conjuguée (BNC) augmente trop, elle précipite au niveau des membranes du SNC (noyaux gris centraux de l’encéphale).
Ø 2. Ictères hépatiques ou médicamenteux.
Il en existe de différentes origines ;
i) hépatocytaire .
- En cas d’hépatite avec cytolyse d’origine virale ou d’intoxication. On trouve de la bilirubine libre seule.
- En cas de déficience du métabolisme de la bilirubine suite à ;
- des troubles de la coagulation>>> hyperbilirubinémie libre
- défaut au niveau des enzymes de transformation >>> hyperbilirubinémie libre.
- défaut d’excrétion >>> hyperbilirubinémie mixte.
ii) obstructive intrahépatique .
On parle de cholastase par obstruction biliaire des voies intrahépatiques ;
- cancer
- granulomateuse.
>>> hyperbilirubinémie conjuguée.
iii) Mixte ou indéterminée (les plus fréquentes) .
C’est-à-dire à la fois hépatocytaire et obstructive en cas d’hépatite aiguë avec cholastase. On observe une hyperbilirubinémie conjuguée.
Ø 3. Ictères post hépatiques ou chirurgicaux .
On observe une rétention de bilirubine conjuguée par blocage des voies extra hépatiques ;
- cancer de la tête du pancréas
- calculs dans le canal cholédoque.
b) Seconde
classification.
- Ictères cholestatiques (intra et extra hépatiques)
- Ictères non cholestatiques.
c) Troisième
classification .
Ø 1. Ictères à bilirubine libre (BNC)
a1 : Hémolytiques (le plus fréquent).
Héréditaire ou acquis. L’ictère est léger, les urines claires, les selles colorées ou normales. L’hémolyse provoque une anémie avec hyperbilirubinémie ; les muqueuses sont jaunes.
Analyse ; - réaction de Van Den Bergh ; (augmentation de la bilirubine indirecte, la directe
n’augmente pas).
- augmentation du fer sérique
- augmentation du nombre de réticulocytes (sauf chez le cheval)
a2 : Autres causes .
- augmentation de l’érythropoïèse inefficace
- défaut hépatocytaire
- déficience enzymatique.
Ø 2. Ictères à bilirubine conjuguée (BC).
a. Troubles de
l’excrétion .
Elle est rare et héréditaire
b. Cholestatiques .
i) Obstruction extra hépatique .
C’est un ictère de rétention suite à un cancer, une lithiase ou du parasitisme.
SIGNES CLINIQUES :
- ictère très prononcé (bilirubine sous la peau)
- prurit (beaucoup de bilirubine)
- veines très foncées
- les sels biliaires n’arrivent plus aux intestins, il n’y a plus d’absorption des graisses ni de la Vit H, à la longue, il y a allongement du temps de Quick.
- Le foie augmente de volume.
AU NIVEAU BIOCHIMIQUE :
- hyperbilirubinémie conjuguée
- hypercholestérolémie (le cholestérol ne sort plus)
- augmentation des phosphatases alcalines et de la gamma GT car les hépatocytes normaux commencent à êtres abîmés.
ii) Obstruction intra hépatique .
Se rencontre en cas de parasitisme et de cancer. On retrouve les mêmes signes cliniques de façon beaucoup plus atténuée car certains canaux sont libres.
iii) Cholestase de l’hépatocyte .
Existe seulement chez le chien. Le plus souvent on a une hyperbilirubinémie mixte. On l’observe lors de cirrhose ou d’hépatites.
2. Hyberbilirubinémies
des animaux domestiques .
a) chez le chien .
1) Interprétation de l’hyperbilirubinémie .
Le seuil rénal d’excrétion de la bilirubine est très bas, il y a donc très peu de bilirubine. Dès que le seuil est dépassé, la bilirubine est éliminée dans le sang, par conséquent, toute augmentation doit être prise au sérieux. La bilirubine peut être conjuguée au niveau du rein.
- la bilirubine indirecte augmente lors d’ictère hémolytique
- la bilirubine directe augmente lors d’ictère
d’obstruction.
2) Urobilinogène urinaire .
L’urobiline et l’urobilinogène sont normalement présents dans l’urine du chien. Si on n’en trouve pas ;
- il ne faut pas directement conclure à une obstruction extra hépatique
- il faut faire des mesures sur plusieurs jours.
Une augmentation de l’urobilinurie peut signifier une pathologie hépatique ou pré hépatique.
Exemple : lors d’hépatite virale : le cycle entéro-hépatique est perturbé car le nombre de cellules intactes pour la captation a diminué. Il y a donc augmentation de la sortie d’urobilinogène (autant qu’en cas d’hémolyse excessive).
3) Bilirubine urinaire .
Chez 60 % des chiens, il y a de la BC dans les urines.
b) le cheval.
1) Hyperbilirubinémie dans de nombreux cas .
- Lors d’hémolyse il y a augmentation de la bilirubine du plasma.
- Lors d’ictère hémolytique ou hépatique, il y a augmentation de la bilirubine libre. Normalement BNC : 25 mg/dl de plasma et pas de BC. Chez le cheval, l’hyperbilirubinémie n’est pas forcément un trouble…
- Dans toute sorte d’affections ; insuffisance cardiaque, constipation, pneumonie, coliques.
- Lors de jeûne, il y a mauvaise captation, les conjugaisons ne sont font pas bien.
Chez les herbivores, il peut y avoir un subictère qui n’a rien à voir avec la bilirubine. Ces espèces ingèrent en effet beaucoup de caroténoides dans les plantes qui ne sont pas métabolisés et qui donnent une très forte coloration au sang.
2) Composition urinaire .
- urobilinogène ; idem chien.
- Bilirubinurie : - Absente lors d’anémie hémolytique mais le bilirubine directe augmente
jusqu’à 100mgr/dl.
- Présente en cas d’affections hépatiques proprement dites (mais c’est très
rare chez le cheval)
c) Bovins
1) Bilirubinémie .
- Les affections hépatiques graves ne modifient pas beaucoup le taux de bilirubine plasmatique . On ne verra rien si la méthode de dosage n’est pas très sensible.
- Le foie infesté de douves avec cholestase : faible augmentation.
- Lors de crise hémolytique, il y a élévation importante.
2) Bilirubinurie .
Extrêmement rare chez le cheval.
9. Récapitulatif des causes d’anémie.
1. Spoliation sanguine .
Ø Hémorragie aiguë : se voit tout
de suite.
Ø Hémorragie chronique ; n’est
pas toujours visible. Elle provoque des pertes de fer et une anémie
microcytaire hypochrome. ( il faut faire attention aux parasites, ulcères
intestinaux, tumeurs).
Ø Intoxications ; par exemple au warfarin.
2. Hémolyse.
Ø Infection bactérienne ; clostridium,
leptospire
Ø Infection virale ; anémie
infectieuse équine
Ø Agents chimiques ; Cu
(hémoglobinémie), Pb (hématies hyper et hypochrome)
Ø Plantes ; colchiques, pousses
de chêne, genêts, oignons sauvages, renoncules
Ø Affections métaboliques ;
maladies auto-immune hémolytique du chien
3. Dépression de la moelle osseuse .
Ø Agents physiques ; RX, isotopes
radioactifs
Ø Agents chimiques ; fougère
aigle, arsenicaux, trichloéthylène (agent dégraissant des aliments)
Ø Dépression secondaires à des maladies ;
toute affection rénale ou hépatique, insuffisance endocrinienne, tumeur de la
moelle osseuse.
4. Carences .
- Fe, Cu++, Cobalt
- Protéines de transport
- Vitamines B12, B6, acide folique, niacine
- Excès de molybdène
1. Dosage de l’hémoglobine .
Comme l’anémie est une diminution du taux sanguin d’Hb on commence par la doser.
Hb = 1/3 du poids frais chez le chien, le bovin
2. Hématocrite, numération globulaire .
Permet de déterminer, le MCH, MCV, MCHC
3. Premières conclusions .
Permet de dire si l’anémie est normo, hypo ou hyper chrome et si elle est normo, micro ou macro cytaire.
4. Examen sur lame .
L’anémie est régénérative s’il existe des réticulocytes autrement il s’agit d’une anémie arégénérative.
5. Examens biochimiques .
a) si anémie micorcytaire plus ou moins hypochrome .
on dose le fer ;
- si normosidérémie : soit anomalie de l’HB, soit trouble de la synthèse de l’Hb (rare)
- si hyposidérémie : soit carence en fer, soit anémie inflammatoire (vitesse de sédimentation leucocytes, alpha2 globinémie, augmentent) soit saignements chroniques (digestifs par exemple).
b) si anémie normochrome régénérative .
avec un nombre de réticulocytes supérieur à 150000)µl.
- anémie aiguës (visibles ou non)
- anémie hémolytique
– corpusculaire (c-à-d au niveau du GR lui_même) ; déficit enzymatique, hémoglobinopathie, maladie de la membrane.
– Non corpusculaire ; toxines, troubles immunologiques, bactéries, virus, parasites
c) si anémie arégénérative non microcytaire .
- insuffisance rénale (vérifier si le rein est intact)
- andocrinopathie (vérifier s’il existe des troubles endocriniens)
- penser à l’ aplasie médullaire (doser le folate et la vit B12)
1
) Classification des anémies.
L’étude des paramètres précédents permet de distinguer deux groupes d’anémies :
- les anémies régénératives ou périphériques : (réticulose élevée) elles résultent d’une perte ou
d’anomalies de la durée de vie des globules rouges définissant les anémies par
fuite et les anémie hémolytiques.
- Les anémies arégénératives ou peu régénératives également
appelées anémies centrales.( réticulose absente ou
faible). Elles intéressent la production et la maturation médullaire des
globules rouges.
A )
Anémies (peu ou) arégénératives.
Ø Ces anémies ont
pour caractère commun l’absence de réponse médullaire au déficit
érythrocytaire. La traduction
hématologique commune de ces anémies est un taux de réticulocytes faible malgré
l’anémie.
Ø Le défaut de
production des hématies est ;
- Soit quantitatif
par absence ou diminution de la lignée érythroblastique (hypoplasie ou aplasie
médullaire).
- Soit qualitatif
par trouble de la multiplication ou de la maturation des érythrocytes réalisant
une érythropoïèse inefficace ou dysérythropoïèse.
1)Les
hypoplasies ou aplasie médullaires.
i)Diagnostic
hématologique :
L’hypoplasie ou aplasie peut intéresser uniquement la lignée érythrocytaire ou les trois lignées médullaires (pancytopénie). Dans tous les cas, ces anémies sont normochromes, normocytaires, la réticulose étant faible ou absente. Il peut s’ajouter dans un certains cas une leucopénie, une thrombopénie.
La ponction de la moelle permet de confirmer la déplétion de la lignée érythroblastique (érythroblastopénie ou anérythroblastie pure) accompagnée parfois d’une déplétion de la lignée thrombocytaire et de la lignée blanche (pancytopénie).
ii)Diagnostic
étiologique :
Ø L’érythroblastopénie
pure est associée à :
- une diminution de la sécrétion d’érythropoïtéine : insuffisance rénale, insuffisance
thyroïdienne, insuffisance rénale, insuffisance surrénalienne chronique,
hypoandrogénisme, panhypopituitarisme.
- Un état inflammatoire (anémies inflammatoires) : infections chroniques, polyartthrites immunes, affections malignes. A l’anémie s’ajoutent une hyposidérémie, une diminution de la capacité totale de fixation de la sidérophiline (ou transferrine) à l’examen des frottis médullaires après coloration de Perls, une diminution du taux des sidéroblastes, une concentration anormalement élevée du fer dans les macrophages.
- Un désordre immunitaire : anémie aplasique ou hypoplasique avec test de Coombs positif.
ü Chez
les carnivores, les pancytopénies résultent :
- de prises excessives d’oestrogènes ou de production endogène massive d’oestrogènes : sertolinome, tumeur de l’ovaire (tumeur de la granulosa).
- d’intoxication par la phénylbutazone, les dérivés arsenicaux, benzéniques.
- d’exposition aux radiations ionisantes.
- de chimiothérapie anti-cancéreuse.
- de maladies infectieuses : maladie de Carré, parvovirose, ehrlichiose, maladies bactériennes (production d’endotoxine).
- d’infiltration médullaire par un tissu tumoral (tumeurs primitives (Felv) ou métastatiques (très rares), par un tissu fibreux (myélofibrose) ou osseux (ostéopétrose).
- de causes indéterminées : anémies aplasiques idiopathiques.
2 Les anémies peu ou pas arégénératives qualitatives.
Dans
ce cas, les érythroblastes sont présents dans la moelle qui est riche mais
l’érythropoïèse est inefficace, la
maturation de la lignée érythroblastique ne se fait pas jusqu’aux
réticulocytes. Ces troubles sont liés à deux types d’anomalies, l’une portant
sur la maturation nucléaire (anomalies de synthèse de l’ADN), l’autre sur la
synthèse de l’hémoglobine.
i) diagnostic hématologique.
Les
anémies arégénérative ou peu régénératives
associées aux anomalies nucléaires sont macrocytaires et normochromes. La
moelle est riche, souvent macroblastique ou mégaloblastique.
Dans
le cas d’anomalies de synthèse de l’hémoglobine, l’anémie est microcytaire et hypochrome. Si l’anémie
résulte d’une carence en fer, la sidérémie est basse, la capacité totale de
fixation de la sidérophilline élevée. La sidérémie peut être normale ou élevée
en cas de trouble de la synthèse de l’hème ou de la globine.
ii) diagnostic étiologique.
Les anémies par trouble de la maturation nucléaire des érythroblastes peuvent être rencontrées lors de :
- syndromes
myéloprolifératfs (Felv).
- Diminution ou
absence d’absorption intestinale de folates et/ou de vitamines B12 :
origine héréditaire (race Caniche), acquise (tumeurs digestives, syndrome de
malabsorption, maladies hépatiques).
- Interférence
entre les folates et certains médicaments : Diphénylhydantoine, primidone,
phénobarbital, triméthoprim…
Les anomalies de synthèse de
l’hémoglobine découlent
généralement :
- d’une
perturbation du métabolisme du fer, en raison de ;
régénératives, normocytaires et normochromes.
- d’une anomalie
de synthèse de l’hème : intoxication par le plomb ou carence
Ø Cliniquement caractérisées par une pâleur des muqueuses associée à un
subictère et une réaction du système réticulo-histiocytaire avec ou sans
hémoglobinurie, les anémies hémolytiques répondent à un profil biochimique
particulier et à de nombreuses causes dont la connaissance justifie la mise en
place d’une thérapeutique spécifique.
Ø Diagnostic
hématologique :
- Les anémies hémolytiques
appartiennent au groupe des anémies régénératives (réticulocytose élevée).
Elles sont normochromes, normocytaire, parfois macrocytaires.
- L’étude du frottis
permet de découvrir selon la cause qui détermine l’anémie : une
anisocytose, une poïkilocytose, une sphérocytose, une schizocytose, une
polychromatophilie, la présence de corps de Heinz, de parasites
intraérythrocytaires, d’hématies nuclées.
- Les examens hématologiques doivent être complétés par des examens biochimiques
attestant l'’ugmentation du catabolisme érythrocytaire: dosage de la
bilirubine sanguine (augmentation de la bilirubine non conjuguée), dosage de
l’haptoglobine sanguine (diminution en cas d’hémolyse), examen des urines
(hémoglobinurie, présence de pigments biliaires).
Ø Diagnostic
étiologique :
Selon le lieu ou le
mécanisme de l’hémolyse, on distingue ;
1) Hémolyses intravasculaire :
- Parasites : Babesia
canis (étude du frottis).
- A médiation immunitaire
(anémies hémolytique autoimmunes : A.H.A.I.) : auto-anticorps IgM ou IgG
(test de Coombs direct).
- Toxique (fréquemment
présence de corps de heinz) ou toxiniques : chlorates, sels de cuivre,
plomb, les agents oxydants (le bleu de méthylène chez le chien et surtout chez
le chat) l’acétaminophène (chat), les oignons (chien), injections de vitammines
K1 ou K3, de solutés hypotoniques ou d’eau distillées, les venin de serpents.
2) Hémolyses extra-vasculaires :
- A médiation immunitaire
(A.H.A.I.) : IgG principalement (test de Coombs direct)
- Anomalies de membrane
(acanthocytose, stomatocytose héréditaire).
- Agents infectieux : Hémobartonella félis (association fréquente avec Felv et l’anémie
n’est pas uniquement hémolytique). Ehrlichia canis (l’anémie n’est pas uniquement hémolytique bien qu’associée à une
réaction de Coombs positive , mais est également due à une diminution de l’hématopoïèse).
- Déficit enzymatique en
pyruvate kinase de l’hématie (Basengi, Beagle).
3) Hémolyse d’origine mécanique :
- Anémie hémolytique des
coagulations intravasculaires disséminées (CIVD).
- Anémies hémolytiques des
microangiopathies néoplasiques (hémangiosarcomes), de l’insuffisance rénale
(lésions artériolaires rénales).
- Anémies hémolytiques
associées aux lésions valvulaires cardiaques, à Dirofilaria immitis.
Découvertes à la faveur d’une hémorragie aiguë ou d’un saignement chronique d’origine digestive, uro-génitale, ou nasale, les anémies par fuite constituent un groupe homogène.
Ø Diagnostic
hématologique :
- en cas de perte sanguine brutale, l’anémie est régénérative (réticulose élevée, 4 à 5 jours
après le début de la fuite), normocytaire, normochrome.
- Dans l’hypothèse d’une fuite sanguine chronique, l’anémie devient microcytaire, hypochrome, ferriprive
(hyposidérémie avec une capacité totale de fixation de la sidérophilline élevée),
pouvant évoluer vers une anémie peu ou arégénérative si le saignement persiste.
Ø Diagnostic étiologique :
Les anémies par fuite
peuvent résulter :
- de saignements d’origine digestive : causes infectieuses (virus), parasitaires (trichures, ankylostomes), traumatismes
(corps étrangers), pariétales (ulcères, tumeurs).
- De saignements d’origine uro-génitale : toutes les causes d’hématurie ou de métrorragie peuvent être
responsables d’anémie par fuite.
- De saignements liés à un trouble de l’hémostase :
. Troubles
de l’hémostase primaire :
trombopénies :
immunes, médicamenteuses, virales.
Trombopathies :
médicamenteuses (ains), urémiques.
. Troubles de l’hémostase
secondaire :
intoxication par
les antivitamines K (rodenticides).
Insuffisance hépatique .
Coagulation intravasculaire
disséminée.
- Hémorragies traumatiques : en fonction de
l’anamnèse, demander un examen coproscopique parasitaire, une exploration de l’hémostase,
un examen radiologique des cavités nasales, du tube digestif, du tractus uro-génital.
Que révèlent les
analyses d’urines ?
Si les urines sont anormales, soit il y a des déficiences rénales,
soit des troubles extra rénaux.
Méthode des
prélèvements.
- Les prélèvements se font le plus souvent pour des analyses
qualitatives que pour des analyses quantitatives.
- Pour prélever l’urine, il existe différentes
méthodes ; le sondage (douloureux, peut entraîner des troubles), la
ponction de la vessie (pas très conseillée) et laisser uriner l’animal (il faut
toujours éliminer le premier jet car il est contaminé par les bactéries
externes).
- Lorsque le prélèvement a été fait, il faut faire l’examen
le plus tôt possible sans refroidir l’urine (car risques de précipitation ).
Les bactéries peuvent se développer et modifier les paramètres.
- Si l’analyse ne peut se faire dans l’immédiat, il faut
réfrigérer l’urine. Pour la conservation, il faut ajouter du formol (1 goutte
de formol à 40% pour 30 ml d’urines) ou de toluène.
- Pour faire l’examen, il remettre l’urine à température
ambiante.
1 . Volume .
Il est exprimé en ml/jr/kg de poids vif. Il y a environ 0.7 à 2 ml
de sécrétion pat kg et par heure.
- chien ; 24 à 60 ml/jr/kg
- chat ; 9 à 18 ml/jr/kg
a)
Augmentation .
Ø physiologiques.
- lors d’ingestion de beaucoup d’eau de boisson
- lors d’administration de diurétiques
- lorsque la température externe est froide (la transpiration
physiologique diminue)
- lors d’administration de sérum physiologique
- lors de traitement à l’ACTH ou aux corticoides.
Ø Pathologiques .
- diabète sucré ou insipide
- néphrose toxique
- pyomètre
- amyloidose rénale
- certaines maladies hépatiques
b) Diminution .
Ø physiologiques.
- Température externe élevée (car transpiration importante)
- Lorsque l’animal ne boit pas
- Lors de sudation et d’hyperventilation importante
Ø Pathologiques
- hypovolémie et déshydratation (hémorragie, vomissements,
diarrhées)
- fièvre prolongée
- déviation des liquides circulants vers les cavités (œdème,
ascite)
- phase terminale de la néphrose chronique (on passe de la
polyurie à l’oligourie)
2. Couleur .
Ø L’urine normale
est jaune.
Cette coloration vient de l’urobiline qui se lie à un peptide pour donner l’urochrome urobilinogène. On peut rechercher l’uribilinogène avec des tigettes. La tigette devient brun rougeâtre lorsqu’il y a présence d’urobilinogène. Mais on a des résultats faussement positifs lors de ;
- porphobilinogémie
- la présence d’acide paraminosalycilique
- pH trop alcalin
- présence de sang et de bilirubine.
Dans les conditions normales, la couleur varie du jaune clair au jaune foncé ;
- clair si le volume urinaire est important
- foncé lorsque le volume urinaire est faible.
Ø Si les urines sont verdâtres ;
Cela signe la présence de pigments biliaires (bilirubine et biliverdine).
Ø Si les urines sont rouges ;
Cela signe la présence d’hémoglobine et si l’urine est trouble, c’est qu’il y a hématurie.
Ø Si les urines sont brunes à noires ;
C’est anormal lors de myoglobinurie. Cependant cela est normal chez le cheval et certains herbivores lors d’ingestion d’hydrocatéchol qui devient noir lorsqu’il est oxydé.
Ø Si les urines sont roses ;
- porphyrines
Certains médicaments donnent une coloration caractéristique aux urines ;
- phénotiazines > rouge
- acriflavine > vert
- bleu de méthylène > verdâtre.
3. Odeur .
- Elle n’est caractéristique d’aucune affection. Sauf si présence une odeur fruitée qui traduit un diabète ou une acétonurie.
- La présence de bactéries donne à l’urine une odeur ammoniacale car les bactéries dégradent l’urée en CO2 et NH3.
L’urine est normalement transparente
SAUF :
- chez le cheval ; l’urine est épaisse et trouble
car il y a beaucoup de mucus et de cristaux de CaCo3. Dans les autres espèces,
les cristaux de CaCo3 ou ceus de phosphates apparaisssent lorsque l’on refroidi
l’urine. Si le pH est acide, les urates précipitent, si le pH est alcalin, les
phosphates précipitent.
- Chez le chat ; la transparence n’est pas toujours la même
car il y a présence de magnésium. Si l’urine est trouble, l’ajout d’éther
solubilise les graisses et rend l’urine transparente.
5. Densité .
Dans les conditions normales, si le volume urinaire est important,
la densité est faible, si le volume urinaire est faible, la densité est
augmentée. (sauf lors de néphrose toxique).
Le poids spécifique ou densité est un témoin de la capacité du rein à
concentrer ou à diluer l’urine.
a) Mesure .
- par réfractométrie ; la densité est fonction de la quantité de protéines urinaires.
- Par urodensitométrie ; moins fiable que la
densitométrie.
- Méthode indirecte ; si la densité est grande, c’est
qu’il y a beaucoup de particules, la mesure de la pression osmotique reflète la
quantité de particules.
b) Valeurs normales
.
- Chien : 1015 – 1045
- Chat : 1020 – 1040
Si la densité est supérieure à 1035, on dilue l’urine par 2 (1 vol
d’urines pour 1 volume d’eau). On mesure la densité et on multiplie par deux.
c) Augmentations .
Ø Physiologiques ;
- diminution de l’absorption d’eau
- hyperventilation
- sudation
Ø pathologiques ;
- déshydratation, hypovolémie
- œdème, ascite
- brûlures sur des surfaces étendues (il y a hypovolémie par
pertes de liquides extracellulaires)
- diabète sucré.
d) diminution .
Ø physiologiques ;
- augmentation de l’absorption d’eau
- température externe froide
- diurétiques par voie parentérale.
Ø Pathologiques ;
- néphrite chronique
- néphrose toxique (phase de diurèse)
- diabète insipide
- pyomètre.
On a donc les mêmes causes que pour les modifications de volume
urinaire mais en sens inverse (volume important étant accompagné de densité
faible).
Si la densité est < à 1012 et qu’il y a des signes de déshydratation
confirmée par les analyses de labo (augmentation de l’hématocrite et de la protéinémie), cela signifie que l’animal na
parvient pas à concentrer ses urines.
Il faut faire un test de fonctionnement rénal, une
épreuve de la soif ;
- privation d’eau .
Après 24 heures de privation, on vide la vessie, on pèse l’animal et on mesure la densité. Si la densité est supérieure ou égale à 1040, c’est que l’animal peut concentrer ses urines. Si ce n’est pas le cas (< 1030) c’est que soit l’ADH est non produite, soit présence de troubles rénaux graves, soit le TCD n’est pas sensible à l’ADH.
- on injecte de l’ADH
.
si la densité n’augmente pas ; soit il y a affection rénale grave, soit les cellules ne réagissent pas à l’ADH.
6. pH urinaire .
Il dépend de l’alimentation :
- si l’alimentation est carnée, le pH est acide
- si l ‘alimentation est fourragère ou céréalière, le pH est neutre ou alcalin.
Chez le chien le pH est de 6-7 (acide)
Chez le chat le pH est acide également.
La mesure du pH se fait sur tigette.
Une modification du pH n’indique pas de pathologie rénale car toute anomalie de pH est plutôt le reflet d’une affection générale (dépend du pH du milieu extracellulaire)
Chez les carnivores, après ingestion de beaucoup de viande, on aura une urine alcaline. En effet, il y a une forte stimulation de la production d’HCL. L’HCO3- reste dans le milieu extracellulaire et l’H= passe dabs la lumière stomacale. Il y a donc beaucoup d’HCO3-
dans la circulation et l’HCO3- filtre bien au niveau du rein ; donc l’urine est riche en HCO3- il y a une véritable « marrée alcaline ».
7. Protéinuries .
a) Détection .
Ø Bandelettes .
C’est une bandelette de papier qui change de couleur. Normalement il existe des indicateurs de pH qui virent si le pH est modifié mais qui virent aussi en présence de protéines. Les bandelettes ont un tampon citrate qui maintient le pH à 3.
L’indicateur est le bleu de tétra bromo phénol qui vire du jaune (pH3) au bleu (pH 4-6).
Mais le tampon citrate stabilise le pH à 3, toute modification de couleur ne peut être due qu’à la présence de protéines (l’indicateur devient vert dans ce cas)
Résultats faussement positifs ;
- fréquent avec l’urine du premier jet car il y a des sédiments urinaires importants.
- En présence de sperme, de glycoprotéines.
Résultats faussements négatifs ;
Protéinurie due à des petites protéines (globulines).
Si la tigette donne un résultat positif, il faut faire des examens qualitatifs et quantitatifs …
Ø Test de Heller.
On met de l’HNO3 concentré au fond d’un tube et on fait couler l’urine le long de la paroi.
- Si des mucines sont présentes dans les urines, il y a apparition d’un zone nébuleuse à l’interface. Les mucines ne sont pas pathologiques.
- Si des protéines sont présentes, il y a apparition d’un précipité blanc à l’interface. Les protéines sont toujours pathologiques.
Ø Dosages semi quantitatifs.
i) réactif de Robert .
On fait une solution 1/1 avec de l’HNO3 concentré et une solution concentrée de sulfate de Mg.
On met le réactif au fond du tube et on laisse couler l’urine sur le fond.
S’il y a apparition d’un anneau blanc, c’est qu’il y a des protéines. La densité de l’anneau dépend de l’importance de la protéinurie.
REM :
- pour les test de Heller et le réactif de Robert, l’urine doit être limpide. Si elle ne l’est pas, il faut centrifuger.
- Si la protéinurie est faible, il faut parfois attendre
un certain temps pour que l’anneau se forme (de l’ordre de 3 minutes).
ii) turbidimétrie.
On dilue un comprimé d’acide sulfosalicylique dans 30 ml d’eau. On mélange ensuite un volume d’urine et un volume de la solution obtenue.
Il y a apparition d’une turbidité en présence de protéines et la turbidité est d’autant plus importante que la protéinurie est importante.
Ø Méthode quantitative de Bradford .
On ajoute du bleu de Coumasie à l’urine. Le colorant se lie aux protéines.
On peut faire des courbes étalon avec la sérum albumine (de 0 à 7,25 µgr).
Cette technique permet de déterminer la quantité de protéines qu’il y a dans l’urine. On lit l’absorbance à 595 nm. La coloration est stable entre 2 et 60 minutes.
Cela permet de mettre en évidence la présence de protéines chez tous les chiens normaux. Normalement il y a moins de 150 mgrs de prot/dl d'urine (beagle :70 +/- 49 mgrs).
Si la protéinurie est due à des protéines de faible taille, les méthodes semi quantitatives ne parviennent pas à les détecter car les protéines ne précipitent pas en présence de l’acide sulfo salicylique.
Il faut donc se méfier des résultats faussement négatifs des méthodes semi quantitatives car cela ne signifie pas que la protéinurie est nulle.
b) Analyse fine .
On ajoute du NaCl à l’urine. On chauffe à 50-60°. Il y a précipitation des protéines thermostables. Un trouble apparaît. Si on continue à chauffer jusqu’à 100°, d’abord le trouble disparaît puis réapparaît si on laisse refroidir l’urine (à partir de 80°, le trouble est impossible à faire disparaître).
On fait ensuite une électrophorèse pour déterminer la nature des protéines ;
- sur acétate de cellulose ;
les électrophorèses doivent se faire sur une urine concentrée ( au moins 30 mgr de prot). On peut faire une dialyse.
- sur gel de polyacrilamide ;
Cela permet de séparer les protéines en fonction inverse du log de leur poids moléculaire. Plus une protéine à un faible poids moléculaire, plus loin elle migre. De cette façon, on peut distinguer les protéines tubulaires, des protéines glomérulaires.
c) Causes de protéinuries .
Normalement, les protéines peuvent filtrer mais elles sont réabsorbées. Si la réabsorption n’est pas bonne, il y a protéinurie.
En plus, il y a des sécrétions tubulaires de protéines au niveau de la branche ascendante de l’anse de Henlé. Mais ceci ne représentent que de très faibles quantités qui ne sont pas détectables par les méthodes semi-quantitatives.
Ø Protéinurie physiologiques ;
On observe une protéinurie supérieure à la protéinurie normale lors de :
- station debout prolongée
- stress chez l’homme
- d’ingestion de beaucoup de colostrum chez le veau (les Lg peuvent passer dans les urines)
Ø Protéinurie pathologiques ;
a) protéinurie prérénale .
Les protéines urinaires sont toujours de faible PM (65 à 70000). Cela se présente lors de ;
- myopathies monoclonales
- myélomes multiples ( IgG, IgA, IgD et IgE)
- macroglobulinémie de Waldenstein (IgL)
- myoglobinurie de l’animal écrasé par une voiture
- hémoglobinurie lors d’hémolyse intra vasculaire.
b) protéinurie glomérulaire (rénale) .
· Protéinurie importante mais on n’observe ni GR, ni germes.
- albuminurie et protéines de PM > albumine.
- Amyloidose
- Glomérulonéphrite
· Ceci conduit à un syndrome néphrotique : on a en permanence une hypoalbuminémie avec ;
- augmentation d’alpha2 macroglobulinémie
- augmentation des lipoprotéines (VLDL)
- augmentation de la cholestérolémie
- augmentation de la triglyciridémie
· Lors de syndrome, il y a diminution de la concentration en protéines totales dans le sang. Il y a hypovolémie (car hypoalbuminémie). Il y a une réaction au niveau du rein ; augmentation de la réabsorption du Na+ et hypernatriurie.
c) protéinurie post glomérulaire ou tubulaire .
Augmentation des protéines de petit PM –électrophorèse sur gel de ployacrilamide). C’est l’amino acidurie de Fauconi.
d) protéinurie post rénale .
8 . Présence de sang .
A. Tests .
Les tests sont incapables de distinguer l’hématurie, l’hémoglobinurie, la myoglobinurie.
On utilise des bandelettes contenant un micro peroxyde. En présence d’une activité peroxydasique, il y a libération d’oxygène actif qui va transformer le microperoxyde en alcool. Cette oxygène va oxyder de l’orthopyridine en ortholuidine qui est un dérivé qui se colore en bleu (toluidine).
Ø Hématurie et hémoglobinurie .
S’il y a hématurie, on ne sait pas si les GR ont éclatés et libérés leur Hb ou pas.
Réaction de Kastle Mayer .
On utilise de la phénophtaléine incolore à pH alcalin. On mélange phénophtaléine et urine et on y ajoute quelques gouttes d’eau oxygénée. Les peroxydases libèrent de l’oxygène actif qui oxyde la phénophtaléine ce qui va donner une coloration rouge.
Si on a une coloration rouge, il y a une activité peroxydasique et il s’agit donc d’une hémoglobinurie.
Si on n’a pas de coloration rouge, c’est une hématurie.
Ø Hémoglobinurie et myoglobinurie.
a) on ajoute du sulfate d’ammonium .
Celui-ci précipite l’Hb. La coloration rouge de l’urine disparaît si la coloration est due à l’Hb.
Le sulfate d’ammonium ne peut pas faire précipiter la myoglobine.
- si le sulfate d’NH3 fait disparaître la coloration rouge, c’est une hémoglobinurie.
- Si le sulfate d’NH3 ne fait pas disparaître la coloration rouge, c’est une myoglobinurie.
b) examen clinique .
- si hémoglobinurie ; anémie, aucun signe de maladie musculaire.
- Si myoglobinurie ; pas d’anémie, avec l’augmentation des CK et signes de malaldies musculaires.
Il existe des réactions faussement positives ;
- en présence de bactéries contaminantes qui ont des activités peroxydasiques.
- Par ailleurs, les leucodérivés se colorent car il y a oxydation. Si on a lavé les tubes avec certains produits, ces derniers peuvent transformer les leucodérivés en dérivés colorés. Il faut bien rincer les tubes.
B. Signification de la présence de sang
dans les urines .
On peut faire la discrimination entre hématurie et hémoglobinurie par l’examen du culot
- Hématurie :
Présence de globules rouges dans le culot >>> affection se situant n’importe où entre le glomérule et les voies d’excrétion urinaire.
- Hémoglobinurie :
Pas de globules rouges hémolysés dans le culot. Affection prérénale (maladie générale)
9. Glucosurie .
Pour qu’il y ait une modification de la densité urinaire de 1001, il faut 270 mgrs glucose/dl (presque 3 grs/l).
En cas de diabète sucré, l’augmentation de la glucosurie ne suffit pas à elle seule a expliquer l’augmentation de la densité. Au début de la maladie, la densité est normale. La présence de corps cétoniques modifie avec le glucose la densité. En cas de diabète sucré, la cétose modifie de beaucoup la densité urinaire.
Pour avoir une augmentation de densité de 1,001, il faut au minimum 4 grs de protéines /dl d’urine.
Une glucosurie est toujours pathologique.
a) tests .
Ø Comprimés.
Ils contiennet des sels de Cu qui s’oxydent et se colorent grâce au pouvoir réducteur du glucose.
Inconvénients ; les pentoses autres que le glucose sont aussi réducteur>>> en cas de pentosurie (alimentation riche en pentoses), la technique du comprimé est erronée.
Ø Bandelettes.
Elles contiennent une glucose oxydase, un leucodérivé incolore et une peroxydase.
Le glucose est transformé en acide glucuronique. La glucose oxydase libère de l’H2O2 qui est transformé par la peroxydase en oxygène actif qui oxyde le leucodérivé qui devient ainsi coloré.
Réactions faussement positives .
Tout agent oxydant donne une réponse positive. Il faut bien rincer les ustensiles pour éliminer toute trace de détergent.
Réactions faussement négatives .
- lors de la présence d’acide ascorbique dans les urines (cn)
- lors de pH urinaire trop alcalin ; il faut un pH de 5 pour avoir une activité enzymatique optimale.
- Si l’urine a été refroidie, il faut la ramener à la température normale.
Si l’on travaille dans de bonnes conditions, les bandalettes urinaires donnent généralement de bons résultats.
Chez l’homme, il peut y avoir une glucosurie lors de stress. Chez les animaux, on ne retrouve pas ce phénomène.
On observe des glucosurie lors de ;
- diabète sucré
- de pancréatite aiguë et chronique
- hyperthyroidie
- hypercorticisme
- d’entérotoxémie chez le mouton (clostridium perfringens)
- certains médicaments (chloramphénicol, antibiotiques)
10. Acétonurie .
Se présente en cas de diabète sucré et chez les ruminants sous alimentés.
Ø Tigettes multistix.
Elles contiennent du nitroprussiate, de la glycérine et un tampon alcalin. La glycine stabilise la réaction. L’acétonurie est révélée par une coloration mauve.
Ø Comprimés de nitroprussiate de Na.
On dépose 1 goutte d’urine sur le comprimé >>> une coloration foncée apparaît en présence d’acide acéto acétique ou lors d’acétonurie.
Ø Réaction de Legal
5 ml d’urine = 10 gouttes d’une solution de nitro prussiate à 10% sur le bord du tube. On laisse couler 3 ml d’ammoniac ‘NH3) concentré. L’NH3 permet au nitroprussiate de réagir avec l’acétone ou l’acide acéto-acétique et de se colorer en mauve violet.
Ø Réaction de Rotéro.
5 ml d’urine + 4 gouttes nitroprussiate de Na 5 % + sulfate d’ammonium (NH3+). Agiter. Attendre 10’. Une coloration rose violet si acétonurie ou acide acéto acétique.
11. Les pigments biliaires .
Ø Tigettes multistix.
Elles révèlent 2 mgrs de bilirubine/ l d’urine. Il y a une coloration caractéristique en présence de pigments biliaires.
12. Indican .
L’indican vient de la dégradation du tryptophane par les bactéries intestinales. Le noyau indol se transforme en indoxyl qui se transforme en indican (sulfo conjugué d’indoxyl).
13. Sédiments urinaires .
- leucocytes (pyurie)
- hématies
- micro organismes
- cellules épithéliales
- cylindres (protéinurie)
- parasites
- sédiments non organisés ( graisse, cristaux de calcium, calculs)
Chez le chat, il peut y avoir des gouttelettes de graisse dans les urines et elles peuvent se confondre avec des hématies hémolysées. Pour discriminer, on ajoute du soudan froid à l’urine. Il y apparition d’une coloration.
Les cylindres signent une protéinurie. Les protéines précipitent dans la lumière du tube à pH acide. Il n’existe pas chez les herbivores (urine alcaline).
Chez les carnivores, la présence de cylindres en grandes quantités n’est pas toujours un pronostic défavorable. En effet si cela survient après une intoxication où il y a eu oligurie pendant un certain temps, la présence de cylindres est plutôt un signe que le rein refonctionne bien.
Sommaire
1. Introduction ………………………………………………
1
2. Enzymes
intéressantes en médecine vétérinaire………… 3
1 ; GPT ou
ALT…………………………………………… 3
2 ; GOT ou AST……………………………………………4
2 ; LDH …………………………………………………….5
3 ; CK ou CPK………………………………………………6
4 ; Phosphatase alcaline……………………………………7
5 ; Gamma GT………………………………………………8
6 ; Amylase et lipase………………………………………...9
3. Profils
enzymatiques en pathologie………………………..9
1 ;
Myopathies………………………………………………10
2 ; Ostéopathies……………………………………………..11
3 ; Pancréatites……………………………………………...11
4 ; SNC………………………………………………………11
5 ; Reins……………………………………………………..11
6 ; Le foie……………………………………………………12
Toutes les protéines du plasma proviennent de cellules spécifiques et ont un rôle déterminé ; protéines de transport, protéines ayant un rôle dans la coagulation, l’hémostase, les phénomènes de défense (Ig, complément).
Lorsque des cellules sont lésées, elles peuvent libérer dans le
plasma leurs protéines dont certaines sont des enzymes.
L’enzymologie clinique mesure ces activités enzymatiques pour
estimer l’état de santé du patient.
Dans les conditions normales, les activités enzymatiques ne sont
pas nulles mais faibles, il existe un turn-over normal des cellules.
1. Quand y a t il
augmentation des enzymes dans le sérum ?
- Si la perméabilité cellulaire augmente (congestion hépatique par
exemple).
- s’il y a une lyse cellulaire (hépatite nécrosante par exemple)
- S’il y a une augmentation de cellules produisant ces enzymes
(néoplasie).
- S’il y a obstruction d’un conduit d’évacuation (obstruction du canal
pancréatique).
- Lors de troubles circulatoires.
2. Conditions pour
réaliser l’enzymologie clinique.
- Afin de pouvoir mesurer une augmentation de l’activité enzymatique, il faut que la demi-vie de l’enzyme soit assez longue.
- Il faut que la technique de dosage soit reproductible et
facile.
- L’enzymologie clinique n’est intéressante que si l’enzyme
n’est produite que par 1 seul type de cellules, de façon à pouvoir attribuer
une augmentation d’activité de cette enzyme à la lésion d’un organe. Si ce
n’est pas le cas, il faut faire le dosage de plusieurs enzymes.
- Certaines enzymes existent sous différentes formes
d’isoenzymes qui ont des affinités différentes pour un même substrat ou une
mobilité électrophorétique différente. Si les isoenzymes sont produits par
différents organes, la discrimination est possible.
3. Méthodes
utilisées en enzymologie.
L’activité d’une enzyme se mesure ;
- Soit par la vitesse de disparition d’un substrat.
- Soit par la vitesse d’apparition d’un produit.
- Soit par la vitesse d’utilisation d’un cofacteur.
Pour qu’une enzyme fonctionne bien, il faut la manipuler à pH et à
t° constante.
4. Unités utilisées en enzymologie.
- UI ; unités internationales.
C’est la quantité d’enzyme qui peut transformer 1 µmole de
substrat ou produire 1 µmole de produit ou transformer 1 µmole de cofacteur par
minute dans les conditions définies
de pH, de t° et de concentration en substrat.
- Le µkatal.
C’est
la quantité d’enzyme capable de transformer 1 µmole de substrat ou
produire 1 µmole de produit ou transformer 1 µmole de cofacteur par seconde dans les conditions définies de
pH, de t° et de concentration en substrat.
1µkatal = 1 UI/60
2.
Enzymes intéressantes en médecine vétérinaire.
On la retrouve au niveau du foie principalement, mais aussi au
niveau du cœur (30%), du pancréas et du rein (10-25%) et des muscles
squelettiques (>10%).
Toute augmentation de la GPT signera souvent une atteinte
hépatique ;
- Atteinte hépatique primaire.
- Atteinte hépatique secondaire, une insuffisance cardiaque
(augmentation de la perméabilité des cellules hépatiques).
La demi-vie est d’un peu plus de 2 heures (149’).
Pour détecter une augmentation de GPT, il faut que la catalyse ait
eu lieu dans les 2 heures. Si on fait la mesure 4 ou 5 heures après catalyse,
l’augmentation ne sera pas significative pour établir un diagnostic.
a) Valeurs normales.
La GPT varie de 4 à 64 UI/l de plasma avec une moyenne de 40 UI/l de plasma.
b) Variations
physiologiques.
- augmentation de la GPT avec l’âge.
- pas de variation liée au sexe ou à la race.
c) Variations
anormales.
Ø Nécrose
hépatique toxique ;
L’augmentation peut être 1600 X les valeurs normales en cas de fortes intoxications (200 à 300 fois pour les intoxications légères).
Ø Maladie de
Rubarth (Hépatite contagieuse du chien).
L’augmentation est d’environ 15 x entre le 3ième et le
5ième jour. Après 10 à 15 jours, les valeurs redeviennent normales.
Il faut que le diagnostic soit fait dans les 10 jours.
d) Valeurs
modérément augmentées.
Hépatite chronique, cirrhose, hépatite par rétention (cholestase intra hépatique, cholelithiase).
Atteintes cardiaques, pulmonaires, rénales, diabète sucré.
2. GOT (Glutamate Oxalacétate Transaminase) = AST (aspartate
transaminase).
La GOT est présente dans de nombreux tissus : cœur (100%), foie (40-90%), rein (30-50%), muscles squelettiques (50-100%), intestins (10%).
L’augmentation
de GOT n’est pas pathognomonique d’une lésion hépatique. Si on soupçonne un
trouble du foie, il faut doser la GPT.
La
demi-vie de la GOT est de 4 heures.
a) Valeurs normales.
Chien et chat ; 8 à 210 UI /l de plasma. 40 UI/l de plasma
en moyenne.
b) Variations
physiologiques
- âge ; le taux de GOT est 2 fois plus élevé chez un chiot de 1 mois.
- Individu
- Exercice musculaire (taux augmente de 45 à 75%).
- Altitude ; augmentation due à l’hypoxie.
c) Valeurs
anormales.
Il ne faut pas se limiter au dosage de l’AST pour établir un diagnostic.
1. LDH (lactate
déshydrogénase).
Ø Inactivation
thermique pendant le dosage.
La LD5 est dégradée à 57°.
En traitant les échantillons à différentes températures, on peut
déterminer quel isoenzyme à son activité augmentée..
Ø Pathologies.
- Augmentation de LD1.
On l’observe lors d’infarctus du myocarde (chez le chien) avec en plus une augmentation de la CK. L’augmentation de la LDH1 se maintient pendant 1 semaine après l’infarctus.
- Augmentation de LD5.
Lors d’hépatite ou lors d’obstruction des voies biliaires. (Lors de certaines myopathies, il y a absence de LD5).
- Augmentation de LDH.
Lors d’anémie pernicieuse et hémolytique (érythrocyte).
- Augmentation de LD3.
Lors de leucose aiguë, de lymphosarcome, de cancers des viscères.
1. CK ou CPK (
créatine phosphokinase) .
Il existe trois iso enzymes avec 2 sous-unités ;
- B = brain produite par les cellules nerveuses.
- M = produite par le muscle squelettique.
CK1 : BB au niveau du cerveau.
CK2 : BM au niveau du cœur.
CK3 : MM au niveau des muscles squelettiques.
Pathologies.
Ø Augmentation de CK1 .
Quand il y a lésions au niveau des cellules nerveuses. Cependant le cerveau ne possède pas assez de CK que pour modifier le taux plasmatique, il faut réaliser une ponction. (cela permet d’apprécier le stade du coma chez l’homme).
Dans le sérun, on ne retrouve que CK2 et CK3.
Ø Augmentation de CK2.
Lors d’atteinte du myocarde. Le dosage se fait avant et après ajout d’anticorps antiCK3 dans le sérum se qui permet de savoir si CK2 ou CK3 a augmenter. Maintenant, on préfère doser la Mb dans le plasma,