Documentation| Canisland| Felisland| Openland| Parasitologie| Comportement
|
Le comportement du chien
1- L'origine du chien
2- Le comportement exploratoire
3- Le comportement alimentaire
4- Le comportement dipsique
5- Le comportement d'élimination
6- Le comportement social
a) Développement du comportement social
b) Moyens de communication
c) Comportement agonistique
d) Facteur de cohésion sociale
e) Structure sociale
f) Comportement social et utilisation du chien
7- Le comportement reproducteur
a) Déroulement de la reproduction
b) Comportement sexuel
c) Intensité du comportement sexuel
d) Gestation et accouchement
e) Comportement maternel
f) Comportement néo-natal.
1) L'origine du chien
L'ancêtre
du chien, le Créodonte, mammifère aux formes lourdes, bas sur pattes,
semi-plantigrade et muni de griffes, vivait sur le continent
américain au début de l'ére tertiaire, durant l'éocène.
La
tête osseuse est volumineuse, mais c'est surtout la face qui est
dévelopée; la cavité crânienne est réduite et loge un encéphale aux
lobes olfactifs volumineux mais dont les hémisphères sont lisses. Les
canines et les molaires sont massives ( on ne distingue pas de dent
carnassière). L'articulation du carpe comprend neuf os tandis que les
membres sont munis de cinq doigts complets.
Les créodontes jouaient le rôle des carnivores actuels, se nourrissant de proies vivantes et de fruits.
La
souche primitive dont les représenatnts sont appelés les Procréodontes,
a donné naissance à trois groupes: les Pseudocréodontes, les
Acréodontes et les Eucréodontes dont l'encéphale s'est développé au
cours des générations.
Leurs molaires se sont différenciées et une
dent carnassière peut être distinguée chez eux. Les Eucréodontes se
sont séparés en deux familles: celle des Miacidés, à l'origine du chien
et celle des Viverravidés dont le corps était allongé, les membres
courts et ressemblaient à des Mustélidés.
Evolution de l'articulation du carpe

Au
cours de l'Eocène, certains Miacidés américains sont passés en
Europe ( Cynodyctus gregarius). Pendant le Pontien ( Miocène), est
apparu le Pomarctus qui a donné naissance aux Canidés acyuels dont les
membres sont devenus tetradactyles tandis que trois os du carpe ont fusionné ( scaphoïde, semi-linaire et central) et que l'appui se faisait sur les doigts.
Crâne de chien (A) et du creodonte (B)

Généalogie des canidés

La domestication
La domestication du chien ( canis familiaris) aurait commencé à la fin du Pléistocène.
Les plus anciennes traces d'association entre les espèces humaine
et canine remontent à ce temps, plus précisément au Magdalénien. Elles
datent d' il y a environ 15 000 ans avant J.C., au moment où l'homme se
serait rendu compte de la possibilité de l'utiliser pour la garde
des campements et pour la recherche du gibier blessé. Le chien est la
première espèce animale a avoir été domestiquée.
Les espèces sauvages apaprtenant au genre canis qui vivaient à cette époque peuvent être classées en trois groupes;
- les loups ( C.Lupus, C.Niger, C.Simensis)
- les coyotes ( C.Latrans)
- les chacals ( C.Aureus, C.Adustus, C.Mesomelas)
Il
faut chercher l'origine du chien domestique parmi ces espèces, en se
basant sur différents critères: morphologiques, chromosomiques,
biochimiques, immunologiques et éthologiques.
Les données anatomiques.
crânes de coyotes ( à gauche) et de loups ( à droite)

( portant sur les dents, sur certains os, sur la forme du crâne...)
Elles montrent que le chien s'intègre dans une série dont
les extrêmes sont le loup et le chacal.
Ces données varient fortement d'un chien à l'autre
de telle sorte que certains se rapprochent plus du loup
que d'autres se rapprochent du chacal.
Aucune conclusion ne pouvant être tirée.
Les données éthologiques
Elles n'apportent pas non plus d'éléments décisifs. Les patrons-moteurs
n'offrant pas de différences marquantes. Les comportements sociaux ,
par contre, ne sont pas semblables; le loup vit en meute, comme le
chien, de telle sorte que le rendement de la chasse soit plus élevé. Le
chacal quant à lui vit par couples accompagnés pendant un certain temps
par les jeunes de l'année.
Cependant, le chacal chasse parfois de concert avec d'autres espèces de prédateurs ( Guépard) comme le chien (Homme).
Tous les représentants sauvages du genre canis manifestent une disposition équivalentes à l'apprivoisement.
Les données chromosomiques
Elles
ne permettent pas de conclure; le nombre ( 40) et la morphologie des
chromosomes sont semblables. Les espèces sont toutes hybridables et les
jeunes issus de ces croisements sont féconds. L'hybridation se réalise
dans la nature si l'occasion se présente.
Les données moléculaires et immunologiques
Elles montrent que le genre canis est homogène à ces points de vue.
En
conclusion, l'examen des différents critères ne dégage pas nettement
l'espèce sauvage qui, au Magdalénien, a donné le chien domestique.
Le
chien domestique présente beaucoup de variations résultant de la
domestication: morphologiques ( couleur et texture du pelage, port des
oreilles, forme du crâne, taille et forme du corps), éthologiques et
physiologiques. D'autre part, il est certain que du sang d'espèces
sauvage a été récemment introduit et est encore introduit dans
certaines races: loup ( Husky, Malamute), coyote ( chien de rue
américain) chacal ( Basenji, chiens africains).
Différentes hypothèses sont donc en compétition:
- Le chien provient du loup ( origine monophylétique)
-
Le chien provient de plusieurs espèces de canidés sauvages ( origine
polyphylétique) dont, principalement, le loup mais aussi le chacal
commun et éventuellement le coyote.
- Le chien provient d'un ancêtre disparu et inconnu, mais apparenté au Dingo australien ( canis faliliaris dingo).
Il
semble que la seconde hypothèse soit la plus plausible. Le processus de
domestication du chien a été entrepris de façon presque simultanée en
de nombreux endroits différents du globe ( Europe, Moyen-Orient,
Extrême-Orient). Les géniteurs qui ont servi de points de départ
appartenaient certainement à des sous-espèces différentes et le dosage
des espèces utilisées n'a sûrement pas été le même car les objectifs
poursuivis n'étaient pas semblables, cela explique le remarquable
polymorphisme de l'espèce canine et le grand nombre de variétés
ethniques.
Il y aurait environ 800 races de chiens connue dans le
monde. La première race qui aurait été fixée serait le lévrier iranien
ou Saluki dont on retrouve l'effigie sur des poteries égyptiennes
datant de 7500 vant J.C.
Les romains avaient déjà sélectionné l'espèce canine et distinguaient;
- des canes venaitici ( chien de chasse), eux-mêmes répartis en;
- sagaces: chiens qui suivent le gibier à la piste
- celeres: chiens qui forcent le gibier à la course
- pugnaces: chiens attaquant le gibier qui se défend.
- des canes pastorales ( chiens bouviers et bergers)
- des canes villaciti ( chiens de maison).
La
sélection, surtout conduite par les Anglais au XVII, XVIII et XIX
siècles, a été à l'origine de la plupart des races connues actuellement.
Canidés et chiens sauvages
La famille des canidés comprend, parmi d'autres, le genre canis; parmi les représentants sauvages de celui-ci, on trouve:
- Le chacal commun ( canis aureus)

D'un
poids d'environ 10 kgs, il vit dans le Sud de l'europe,
en Afrique ( au
nord de l'équateur) et s'étend en Asie jusqu'en
Inde et en Indochine.C'est un animal des
savanes herbeuses ou
boisées; il s'adapte à la présence de l'Homme et
pénètre, la nuit,
dans les villages et la périphérie des grandes villes.
- Le chacal à flancs rayés ( canis adustus)
De
même stature que le précédent, son aire de distribution
se trouve en
Afrique, au sud des déserts du Sahara et de Lybie. I
l vit dans les
savanes herbeuses.
- Le chacal à chabraques ( canis mesomelas)
Plus
gros que les autres chacals ( 15 kgs), on le trouve en
Afrique australe
et en Afrique orientale. Son biotope est
semblable à celui des
précédents. Son comportement social est
comparable; il montre cependant
une plus grande faculté de
communication avec des congénères ( c'est le
représentant sauvage
du genre canis qui est le plus bruyant) et chasse
parfois avec des
animaux d'une autre espèce.
- Le coyote ( canis latrans)

D'un
poids de 12 à 18 kg, il est répandu dans toute l' Amérique du Nord
et
une partie de l' Amérique centrale et il vit dans les plaiens. Son
comportement social ressemble à celui du chacal.
- Le loup gris ( canis lupus)
C'est
le canidé sauvage le plus lourd ( de 27 à 80 kg). Il vit dans les
régions
circumpolaires des continents eurasiatique et américain. On
compte de nombreuses
sous-espèces fort différentes les unes des autres.
Les loups sont rassemblés en meutes
tout au long de l'année. La meute
est constituée par un couple et ses jeunes des années
précédentes.
Parfois, elle comprend plusieurs familles. Le nombre moyen d'animaux
est de 12 avec un maximum observé de 35. Les meutes rayonnent dans un
domaine
vital centré sur une tannière ( caverne, terrier ou ensemble de
buissons touffus) qui est
défendue ( territoire) en période de
reproduction. En été, les jeunes et les louves allaitantes
restent dans
l'abri, tandis que les adultes sortent pour chasser en groupe. En
hiver,
les louveteaux sont plus vigoureux et accompagnent la meute qui
se déplace au complet.
Des relations de dominance sont établies au sein
du groupe. Une meute chasse une fois
tous les deux ou trois jours.

- Le loup rouge ( canis niger)
Il
est un peu plus grand que le coyote et vit le long de la côte
atlantique de sud des Etats-Unis. C'est une espèce en voie de
disparition. Son comportement est comparable à celui du coyote.
- Le loup d'Abyssinie ( canis simensis)
Il
pèse entre 15 et 30 kg, son aire de distribution est limitée à
certaines
régions de l'Ethiopie. Il est menacé d'extinction à cause de
la chasse dont
il fait l'objet et de l'extension des zones cultivées.
Il vit en solitaire ou par couples.
En plus de ces espèces
de canidés sauvages , on observe en beaucoup d'endroits du monde, des
chiens domestiques ( canis familiaris) retournés à l'état sauvage ou
vivant en semi-liberté.
En Asie, en Amérique du Sud et dans
certaines régions de l'Europe ( sur le pourtour de la Méditerranée),
des chiens vivent en semi-liberté à proximité des rassemblements
humains et des agglomérations. Ils sont essentiellement détritiphages.
Leur origine est ancienne et leur morphologie est assez uniforme tandis
que les croisements avec les canidés sauvages sont relativement
fréquents. Ce sont des "chiens parias".
2) Le comportement exploratoire .
Le
chiot prend contact avec son environnement à partir du moment où il
peut se déplacer et quand ses organes des sens deviennent fonctionnels.
Le tact et le goût existent déjà à la naissance. Au 14ième jour,
l'olfaction s' installe, au 15ième jour, des stimuli auditifs sont
perçus, au 21ième jour, l'oeil commence à fonctionner ( les paupières
s'ouvrent entre le 12ième et le 15ième jour, la rétine est tout-à-fait
développée vers l'âge de 6 semaines).
Le comportement exploratoire se développe donc en même temps que les organes des sens et que le système nerveux central.
Ainsi,
on observe une évolution marquée entre les activités d'investigation
d'animaux d'âges différents s'échelonnant entre 5 et 16 semaines,
lorsqu'on les place dans un local inconnu et comprenant des objets tels
que miroir, chien en peluche, cage contenant un rat vivant, lampe
clignotante...
L'expérience précoce est très importante pour le
développement de l'aptitude à l'apprentissage. Un chiot qui, durant les
trois premiers mois de sa vie, a été confiné dans un environnement
constant et uniforme (chenil, magasin, local de quarantaine,
appartement) sera, plus tard, incapable de tolérer la complexité d'une
stimulation nouvelle et inhabituelle car son système nerveux n'ura pas
été sufisamment programmé.
Un animal qui n'a pas été en présence
d'un environnement suffisamment varié dès le jeune âge, a une
potentialité d'apprentissage et d'intelligence fortement limitée.
Le
chien adulte manifeste une comportement exploratoire très développé, il
est du même niveau que celui des primates et deux à trois fois plus
élevé que celui des rongeurs.
3) Le comportement alimentaire .
Pour manger une proie, les chiens saisissent entre leurs
dents canines et incisives, ils en arrachent ou en coupent des
framents, se servant parfois des membres antérieurs pour la fixer.
La
préhension d'aliments en morceaux ou semi-liquides se fait au moyen de
la langue et par des mouvements de la mâchoire inférieure.
Les
canidés sauvages ont un mode d'alimentation tel qu'ils sont capables
d'ingérer en peu de temps, une grande quantité de nourriture ( lors de
la capture d' une proie) et qu'ils peuvent, en contrepartie, subir
d'assez longues périodes de disette. D'autre part, dans certains
régions, et pendant certaines périodes de l'année, ils sont omnivores.
Cette
possibilité d'une alternance entre des festins et des périodes de
jeûne, se retrouve chez le chien domestique: si on lui présente un
repas plantureux et d'un goût agréable, il absorbera tout, même si cela
correspond à beaucoup plus que ses besoins. D'autre part, s'il ne mange
pas, même pendant une semaine, cela n'aura pratiquement pas d'effet sur
sa santé.
- Comportement alimentaire du chiot.
Durant
les trois premières semaines de la vie, l'alimentation est uniquement
constituée par le lait maternel. A partir de la troisième semaine, des
petites quantités de nourriture solide sont absorbées. Le sevrage
s'effectue entre la sixième et la septième semaine. Le chiot tète 7 à 8
fois par 24 heures. Le nombre de tétées par jour diminue
progressivement.
La tétée est un des premiers patrons-moteurs
qu'on peut observer chez le chiot. Il est inné et s'adresse aux tétines
de sa mère, mais aussi à d'autres objets de l'environnement. La
présence de lait constitue un renforcement et la réplétion de l'estomac
l' inhibe. On constate cependant que ces deux facteurs ne remplissent
pas toujours leur rôle: la tétée peut se poursuivre après le
tarissement de la mère et se faire sur des objets non-alimentaires.
D'autre part, elle peut continuer 15 à 20 minutes après que l'estomac
soit rempli ou se produire chez un chiot rassasié et endormi, s'il est
réveillé brusquement.
- Comportement alimentaire de l'adulte.
Le
nombre de repas par jour peut être ramené à deux ( ration d'allaitement
ou de travail) . Quand des chiens sont nourris "ad libitum", certains
adaptent leur ingestion de telle sorte que leur poids reste constant.
D'autres ne se limitent pas et deviennent obèses. Dans ces conditions,
on observe que le rythme journalier d'absorption des aliments va de 8 à
25. Il arrive fréquemment que les chiens qui ne mangent pas tout leur
repas en une seule fois enfouissent ou cache le reste.
L'effet de
groupe est très marqué: de jeunes chiens absorbent 15 à 20 % de
nourriture en plus s'ils reçoivent leur repas avec un congénéère. Si
celui-ci est affamé, cela induit une consommation supplémentaire de 30
à 200%. Ces excès ont un effet temporaire car le gain de poids calculé
sur plusieurs semaines est comparable à celui d'un sujet isolé.
Les
aliments présentés sous forme sèche ou sous forme broyée sont dédaignés
de prime abord. Par conditionnement, ils ne tarderont pas à être
considérés comme valables.
4) Le comportement dipsique .
Les
canidés boivent en lappant, c'est-à-dire qu'ils plongent dans le
liquide, leur langue dont ils disposent l'extrémité antérieure en forme
de cuillère.
On considère qu'un chien absorbe 60 ml d'eau par kilo
de poids vif. Cette quantité est contenue dans l'eau de boisson, mais
aussi dans les aliments. les besoins varient fortement selon divers
facteurs: températue, travail.....
Le nombre d'abreuvements par jour
et le volume absorbé par abreuvement sont très variables. Si un chien
dispose d' un accès permanent à l'eau de boisson, il peut boire à tout
moment, surtout lors du repas et peu pendant la nuit.
Quand un chien
assoiffé accède à l'abreuvoir, il boit d'un trait la quantité d'eau
nécessaire à compenser son déficit hydrique et pas plus.
Selon la
quantité d'eau contenue dans son alimentation, le chien adapte le
volume d'eau de boisson qu'il absorbe de telle sorte que la quantité
totale soit toujours, plus ou moins, identique.
Influence de degré d'hydratation des aliments sur la quantité d'eau de
boisson absorbée

5) Le comportement d'élimination .
Chez
les canidés sauvages, l'élimination des excréta, outre son rôle
physiologique, fait partie des moyens de communication entre animaux.
Chez le chien domestique, il en est de même, particulièrement pour le
mâle et la femelle en chaleur qui, de cette façon, montrent leur présence et leurs intentions.
La
défécation et la miction, chez les carnivores, sont des actes
volontaires, contrôlés par le système nerveux central et susceptibles
d'être églés par apprentissage ( éducation).
La défécation est effectuée, dans les deux sexes, en position accroupie, le dos légèrement arqué.
Nombre de défécations au cours d'une période de 24 heures en
fonction du type d'aliment

Les
matières fécales contiennent probablement des phéromones car, dans
certaines conditions, elles sont déposées sur des objets verticaux.
La miction est faite en position accroupie, par les femelles et par les
mâles impubères. Chez les mâles adultes, un membre postérieur et levé
et le jet est dirigé horizontalement ou obliquement de telle sorte
qu'un objet préalablement repéré soit aspergé.
nombre de mictions au
cours d'une période de 24 heures en fonction du moment du repas et de
la nuit.

Le
chiot, jusqu'à 14 jours, n' urine et ne défèque que lorsque sa mère lui
lèche l'abdomen ou la région ano-génitale ( chez les jeunes nourris
artificiellement, il faut provoquer l'élimination en frottant ces zones
au moyen d'un tampon enduit d'eau tiède).
Au cours de la troisième
semaine, quand il devient capable de se déplacer, il fait ses besoins
n'importe où, en dehors du nid qui reste propre.
A 7-8 semaines, au
fur et à mesure que ses déplacements se font plus loin, il donne sa
préférence aux endroits où il sent des traces d'urine ou de matières
fécales. Jusqu'à l'âge de 3-4 semaines, la chienne nettoye ses jeunes
activement après élimination. La miction se fait en position accroupie
dans les deux sexes. Une différence se marque progressivement chez les
mâles. Ils s'accroupissent moins bas, le rachis est légèrement arqué
d'un côté et un membre postérieur se soulève un peu. La position
caractéristique ( on dit que le chien "lève la patte") est acquise à
l'âge de 8-9 mois, au moment de la puberté. Certains chiens, bien que
sexuellement normaux, ne l'adoptent jamais. D'autres la prennent avant
la puberté. D'autres ne la lève qu' épisodiquement. En cas de
maladie, on observe parfois le retour au comportement infantile.
Lors
de leurs déplacements, les mâles ne vident pas d' un trait le contenu
de leur vessie, mais il le fractionnent ( on a observé jusque 80
mictions en quatre heures) de telle sorte que de petites quantités
soient émises à certains endroits précis: réverbère, angle d'un mur,
arbre, objet qui se distingue des autres par sa situation ou son
odeur, excreta d'un congénère ou d'un autre animal.
Cette façon de faire visant à déposer des phéromones sur ces objets.
Après
avoir éliminé des matières fécales ou de l'urine, certains chiens ,
mâles ou femelles, grattent vigoureusement le sol. Ce geste a également
la valeur d'une communication: les marques sont bien visibles et sont
imprégnées de l'odeur des glandes sébacées des coussinets plantaires.
La
miction et parfois la défécation peuvent exprimer une émotion intense (
joie, peur...). Ces manifestations peuvent signifier aussi la
soumission de ceux qui les effectuent.
6) Le comportement social .
a) Développement du comportement social
Le développement du comportement
social dans l'espèce canine s'effectue de manière progressive pendant
la croissance en suivant une chronologie pratiquement immuable.
J.P. Scott etJ.L. Fuller ont divisé le jeune âge du chien en plusieurs périodes:
- la période néo-natale: de 0 à 14 jours.
- la période de transition : de 14 à 21 jours.
- la période de socialisation : de 21 à 12 semaines.
- la période juvénile: de 12 semaines à la puberté.
- La période néo-natale
Pendant
cette période, l'interattraction sociale est très réduite et le
rapprochement des chiots l'un vers l'autre est dû à leur intérêt commun
pour le nid et leur mère. Il est aussi destiné à assurer une meilleure
thermorégulation.
- La période de transition
Elle
correspond à une ouverture du chiot au monde extérieur par la mise en
fonction de ses organes des sens et par un développement de ses
aptitudes motrices. Il explore sa mère et ses frères et soeurs. On
n'observe pas encore de réaction de peur.
- La période de sociabilisation
Elle peut être subdivisée en deux phases successives:
- la phase de formation: de la 4ième à la 7ième semaine
- la phase de socialisation proprement dite: de la 8ième à la 12ième semaine.
La phase de formation
Durant
cette période, le chiot identifie les espèces amies, c'est-à-dire
celles avec lesquelles des relations sociales peuvent être entretenues
( en principe l'espèce canine et l'espèce humaine). Il est attiré par
les individus qu'il rencontre, il n'éprouve pas de peur envers eux ou
la domine facilement. Il apprend à les reconnaître et à généraliser les
caractères de reconnaissance. A partir de l'âge de 40 jours, il
commence à avoir des réactions d'aversion envers des animaux ne
présentant pas ces caractères. La période correspondant à cette phase
de formation est donc une période critique pour l'apprentissage des
critères d'identification des espèces amies.
A
ce moment on observe aussi que certaines modalités du comportement
social commencent à se évelopper, principalement par le jeu. A tros
semaines et demi, le chiot effetue la posture d'invitation au jeu. A
partir de la quatrième semaine, le chiot apprend la " morsure inhibée",
celle qui est tolérée par un partenaire de jeu mais qui est
insuffisante lors d'un combat agressif. A cet âge apparaît également le
comportement de défense d'un objet ou d'une substance alimentaire.
La phase de socialisation proprement dite
Etapes du developpement comportemental du chien

Durant cette période, la crainte s'installe et limite de plus en plus
la possibilité d'établissement de rapports avec de nouvelles espèces.
Les individus nouveaux, ne présentant pas les caractères observés et
mémorisés pendant la période de formation font l'objet de réactions
de crainte ou de réactions agressives.
Par
contre, cet âge est propice à l' apprentissage déjà commencé
précédemment des moyens de communication et du comportement de
groupe.Par le jeu avec ses frères et soeurs, par les rapports avec sa
mère et avec d'autres animaux adultes, le jeune chien apprend à
accepter la suprématie des individus hiérarchiquement supérieurs. Il
apprend à suivre les leaders. Il a confiance en eux et attend une
certaine protection de leur part.
- La période juvénile
Elle
peut aussi être subdivisée en deux phases:
-
la phase de hiérarchisation: entre 3 et 4 mois
- la phase d'organisation en bande : entre 4 mois et la puberté
phase de hiérarchisation
Au
cours de cette phase, les relations de dominance et de subordination
sont établies entre les membres de la nichée par des combats qui
peuvent être sérieux. Un chiot, mâle ou femelle, devient l'individu dominant de la bande. Parmi
les plus dominés, on observe parfois des retards dans le développement
physique ou psychique ( juvénilité comportementale à l'âge adulte).
La soumission aux chiens adultes et à la mère n'est pas remise en question.
La phase de hiérarchisation comprend également le renforcement de la sociabilisation effectuée plus tôt.
phase d' organisation en bande
Durant
cette phase, les positions hiérarchiques se renforcent, le
développement comportemental typique de l'espèce étant pratiquement
acquis.
b) Moyens de communication.
1 - Communication olfactive
L'odorat est le sens le plus développé chez le
chien. La communication olfactive st donc beaucoup utilisée aussi bien
pour transmettre des messages à courte distance qu'à longue distance (
plusieurs kilomètres). Le chien détecte les acides aliphatiques à une
concentration 100 fois plus petite que celle décelable par
l'homme. Il peut distinguer les odeurs de jumeaux univitellins.
Le
rôle social du dépôt d'urine et de matières fécales a été vu plus haut.
De plus, des phéromones sont émises par les glandes anales et
circumanales, par les glandes à cérumen du conduit auditif externe et
par les glandes sudoripares et sébacées situées notamment au niveau du
coussinet plantaire et dans une zone particulière de la face supérieure
de la queue. ces substances sont différentes selon le sexe, l'âge,
l'état des organes reproducteurs, le rang social, la nourriture, l'état
émotionnel,....
Certains chiens ont l'habitude de se rouler dans des
matières qui dégagent des odeurs fortes ( crottin de cheval, cadavre de
lapin....), il semblerait qu'ainsi imprégné d'une odeur violente, ils
"impressionnent" leurs congénères.
2- Communication auditive
Comparativement à leurs congénères sauvages, les chiens
émettent beaucoup de sons. On note de grandes variations selon les
races: les Basenji n'aboient jamais ( leur larynx n'est d'ailleurs pas
conformé comme celui des autres chiens), certaines lignées de cockers
ou de teckels sont très bruyantes, les chow-chow et les chiens de
traîneau sont très discrets...
Le répertoire vocal canin est très
répandu: faibles plaintes, geignements, gémissements, halètements,
grognements, glapissements, jappements, aboiements, hurlements....
Le
chiot, dès sa naissance, émet plusieurs types de sons: un cri fort et
aigu qui est un signal de détresse ( quand sa mère se couche sur lui ou
quand il est isolé du reste de la nichée), des gémissements qui sont
produits à l'occasion d'un besoin quelconque ( éloignement de la source
de chaleur, vessie ou rectum rempli), des grognements ( en cas de
réplétion stomacale ou de satisfaction).
Le chien adulte gémit
rarement dans le cadre de la communication avec les autres chiens, ce
signal qui est une rmanence d'un comportement infantile est destiné à
l'homme. Son utilisation est le résultat de l'apprentissage.
Les cris aigus, les couinements expriment la douleur ou la crainte de la douleur.
L'aboiement est le son le plus utilisé. Il peut avoir diverses significations:
- saccadé, hargneux et groulé, il exprime la menace,
- sec et bref, il transmet un avertissement à ses congénères à la vue d'un danger ou d'une proie
- hurlé, il correspond à un état général d'excitation.
L'aboiement
est aussi utilisé dans le cadre de la défense du territoire. Les chiens
de chasse à courre aboient de façon différente selon le déroulement de
la chasse.
Le grognement annonce le combat.
Le hurlement est un son très élaboré et diffère d'un animal à l'autre. Il est bien connu chez le loup et le coyote. Il
est plus fréquent dans certaines races de chiens: husky, malamute,
saomyède, chiens courants. Le hurlement est émis dans diverses
circonstances:
- appel d'un individu ou d'un groupe
d'individus qui sont isolés ( les loups hurlent le plus souvent durant
la période de l'année où les jeunes deviennent pubères et commencent à
se disperser)
- lorsque le groupe est en proie à une excitation collective, par exemple, lorsque lors de la poursuite ou d'une chasse.
En général, lorsque le chien est assuré, sa voix est grave, quand il hésite ou quand il a peur sa voie devient aiguë.
3- Communication visuelle
Le chien voit moins bien que l'homme. Ilne distingue pas nettement le contour des objets et sa perception des
couleurs n'est sans doute pas très développée. Par contre, il voit
relativement mieux dans l'obscurité et décèle très bien les mouvements,
même à plusieurs centaines de mètres. les signaux visuels interviennent
donc de façon importante, surtout à courte distance.
Expression corporelle, mimique faciale, activité gestuelle: le port de la tête
( dressée ou abaisée), l'orientation du regard ( fuyant ou fixant le congénère),
le port des oreilles (dressées ou couchées), le fait de découvrir les dents de la
mâchoire inférieure, le port de la queue ( étendue, ou entre les jambes), lefait
de la remuer, la position du corps sur les membres ( bien d'aplomb, prêt à bondir,
prêt à se coucher, en décubitus sternal, en décubitus latéral avec présentation de
la région ano-génitale), la mise en évidence de zones du corps dont la teinte est
contrastée ou le pôils le plus long ( intérieur de la cavité buccale, gorge, ventre,
garrot, rein), piloérection....Tous ces éléments ont une valeur de signal à tel point
qu'on a pu établir une "anatomie sociale" du chien.
Il
faut cependant signaler que chez certaines races, cette anatomie de la
communication a été modifiée soit par la génétique, soit par la
chirurgie esthétique: qu'en est-il du port de la queue chez l'épagneul
breton, de la piloérection chez le lévrier afghan et de l'orientation
des oreilles chez le saint-hubert?

Plusieurs
signes sont généralement employés pour exprimer le même état ou la même
intention. Quand l'animal hésite entre deux dispositions ou deux
tendances, ses attitudes le traduisent par un mouvement de compromis
qui reflète avec une relative précision la nuance à exprimer ou bien
par un mouvement composite signifiant alternativement l'une ou l'autre.
Citons quelques attitudes particulièrement connues:

- Tête dressée, regard clair et dirigé vers le congénère,
oreilles droites et immobiles, queue portée: attitude de
domination ou de menace. Le dominant et le dominé
se disposent souvent l'un par rapport à l'autre de la
même façon que les traits d' un T. Le dominant est
représenté par le trait vertical orienté vers le milieu du
corps ( épaule) du dominé qui est figuré par le trait
horizontal.
- Tête en avant , oeil
dilaté, sourcils relevés, oreilles couchées, lèvre supérieure
retroussée découvrant les dents, cou tendu, queue portée: attitude de
manace et de préparation à l'attaque.
- Tête dressée, oreilles
droites, queue remuant, lèvre supérieure légèrement retroussée
(sourire): accueil amical. Cette attitude ne s' adresse habituellement
qu'à une personne humaine.
- Tête détournée, regard fuyant, oreilles couchées, cou rentré, queue remuant un peu: attitude de préparation à la fuite.
-
Tête orientée de bas en haut vers la bouche du congénère, oreilles à
demi-couchées, position accroupie, queue entre les jambes: attitude de
soumission ( rappel de la position adoptée par le jeune qui demande à
sa mère de régurgiter de la nourriture).Cette posture est parfois
accompagnée
du léchage des lèvres. Ce dernier, lorsqu'il est dirigé vers les mains
ou le visage du maître signifie aussi la soumission.
- Oreilles
couchées, décubitus latéral, queue entre les jambes, présentation du
ventre ou de la région ano-génitale au congénère ( rappel de la
position adoptée par le jeune lorsqu'il sollicite de la part de sa mère
un léchage du ventre ou de l'anus pour éliminer. Dans certains cas, en
face d'un propriétaire autoritaire ou de la part d'un chien hypersoumis
par exemple, ce comportement se prolonge jusque la miction de
soumission.
- Membres antérieurs fléchis avec appui sur les
coudes, cou arqué, pointe du museau tournée vers le haut, oreilles
dressées ( ou couchées), regard orienté vers le congénère ( ou
détourné), mouvements latéraux de la queue: attitude d'invitation au
jeu.
Dans certains cas; cette posture est accompagnée d'une attitude
de soumission ou de mouvements alternatifs d'approche et de retrait.
Parfois aussi, le chien pose un membre antérieur sur le dos du congénère.

4 - Communication tactile
Des
informations transmises par le sens du tact seraient subtilement
échangées dans certaines circonstances: chiens qui, se rencontrant, se
"tâtent" de la truffe, chiens qui se reposent ou dorment côte à côte.
c ) Comportement agonistique.
L'arme
de combat principale utilisée par l'espèce canine est sa denture. Des
coups de pattes ou des bousculades sont effectués pour se dégager ou
pour déséquilibrer l'adversaire. Chacun des combattants essaye d'éviter
les mâchoires de l'autre et de le saisir entre les dents où il peut
l'atteindre, c'est-à-dire, généralement au cou, au garrot ou à
l'épaule. Le vainqueur est celui qui parvient à jeter son antagoniste
au sol et à l' y maintenir sous la menace de ses dents ou grâce à ses
antérieurs. Le vaincu manifeste alors sa soumission en présentant la
gorge ou en adoptant une des attitudes déjà décrites.
Quand
un chien a l'intention d'attaquer, il le montre en adoptant l'attitude
suivante: oreilles dressées, queue relevée, regard braqué, lèvre
retroussée, corps bien d'aplomb sur les quatre membres, poils du garrot
et des reins hérissés.
d) Facteurs de cohésion du groupe.
- Hiérarchie de dominance
Au sein d'une meute de loups s'installe deux hiérarchies: une
entre
mâles et une entre femelles. Chez les mâles, on distingue, par
ordre
hiérarchique décroissant, un individu "alpha", des mâles adultes
subdominants, les mâles jeunes, puis les louveteaux de sexes mélangés
et enfin, éventuellement, un individu "oméga" dominé par tous les
autres qui peut être considéré comme "bouc émissaire".
Au sein des
mâles, c'est le loup "alpha" qui règle la position hiérarchique
de
chacun par son comportement plus ou moins dominateur. La hiérarchie
n'est donc pas linéaire à proprement parler.
Chez les femelles, il y
aussi un individu "alpha" qui se trouve ssur un plan
d'égalité avec le
mâle "alpha". Ensuite, on observe les femelles adultes
subdominantes
entre lesquelles s'établit un ordre linéaire, puis les femelles
jeunes
et enfin les louveteaux mâles et femelles qui sont soumis à tous.
La
femelle "alpha" domine les mâles subdominants qui dominent les
femelles subdominantes qui elles-mêmes dominent les jeunes mâles
auxquels sont soumises les jeunes femelles.
Les conditions de vie du
chien domestique ne lui permettraient qu'exceptionnellement de former
des meutes d'une taille suffisante pour constituer un système
hiérarchique semblable à celui du loup. Néanmoins, on observe au sein
d'une nichée de chiots, entre 3 et 4 mois ( s'ils sont toujours
ensemble à cet âge, ce qui n'est pas le cas normalement), s'établit une
hiérarchie linéaire ou complexe, les jeunes étant soumis à tous les
adultes.
Dans un foyer humain où vivent plusieurs chiens de
compagnie des rapports doùminant-dominé s'établissent entre les
individus. La position étant fonction de l'âge, du sexe et de la race
notamment.
- Guidage
Ce phénomène est très développé dans l'espèce canine. Dans un
groupe de chien, on peut observé qu'un des individus est guide pour une
activité particulière tandis qu'un autre le sera pour une autre
activité. Le guidange s'oberve aussi dans le cadre de l'acomplissement
des tâches du chien domestique: chien de traîneau, chiens d'aveugle.
- Associations préférentielles
Ce type de relation établi à l'origine entre la mère et ses
jeunes, puis entre les jeunes de la portée, constituerait un des
facteurs de cohésion déterminants au sein de la meute chez le loup. La
tendance à nouer des relations préférentielles est aussi très
marquée chez le chien.
- Comportement allélomimétique
Les chiens manifestent une tendance marquée à accomplir une
activité commune. Ce comportement allélomimétique peut s' observer à de
multiples ocasions: les chiots essayent de suivre leur mère dès
qu' il le peuvent, la présence d'un congénre a une action stimulante
lors de la prise des aliments, lors de la course ( un chien est plus
rapide s'il court avec un autre), lors du dressage ( utilisation d'un
"moniteur"), dans la chasse aux lévriers ( les chiens se renvoient
mutuellement le lièvre) et au sein des meutes de chasse à courre.
Ce comportement allélomimétique semble nécessaire au maintien de la cohésion des meutes, notamment au cours des chasses.
- Comportement de rassemblement du troupeau
Il existe probablement au sein des meutes et a été perfectionné
par le dressage et surtout par la sélection des chiens bergers et
bouviers.
e) Structure sociale.
Fox classe les canidés sauvages selon leur mode de chasse en trois catégories:
- Les représentants du type I ( exemple: renard)
Ils
vivent en solitaires. Les proies sont proportionnellement petites. Les
animaux adultes sont territoriaux et se rencontrent lors du rut. Les
jeunes quittent la mère peu après le sevrage. Il n'y a pas de fonction
de hiérarchie au sein de la nichée.
Les moyens de communication par expression corporelle ou faciale sont peu variés et peu peu nuancés ( "tout ou rien")
- Les représentants du type II ( exemple: chacal, coyote)
Ils
vivent en couple ou en groupes familiaux. Les proies sont plus grandes,
leur capture nécessite la coopération entre plusieurs animaux, elles
peuvent être partagées. Ces canidés ne sont pas territoriaux. Les
groupes sont stables et les jeunes passent la saison hivernale avec les
parents. La communicabilité entre les individus est plus développée, de
même que le jeu. Dans certains cas, on observe des relations
dominant-dominé. Lorsque les conditions écologiques changent, une
structure de type I ou III peut être adoptée.
- Les représentants du type III ( exemple: loup, lycaon)
Ils
vivent en meutes. Les proies sont encore plus grandes, parfois beaucoup
plus grandes que l'animal lui-même. La coopération est encore plus
poussée, la technique de chasse est sophistiquée. Lameute comprend une
ou plusieurs familles. La puberté étant tardive (2 ou 3 ans), les
jeunes restent longtemps en compagnie de leurs parents et de leur
progéniture des années précédentes ou suivantes. Le loup n'est pas
territorial, les domaines vitaux des meutes se recouvrent. La tanière
est cependant défendue contre les individus ne faisant pas partie du
groupe.
Les moyens de communication entre individus sont très
élaborés et une entraide réelle existe ( au retour de la chasse, mâles
et femelles régurgitent une partie du contenu stomacal afin de nourrir
les jeunes et les individus âgés ou éclopés.)
Selon
les conditions du milieu, les espèces appartenant au type III peuvent
changer leur mode de chasse et revenir aux types I ou II;
Le chien
chien domestique est un animal social. s'il en a la possibilité, il va
tendre à adopter une structure sociale comparable à celle du type III
de FOX.
Pour un chien de compagnie, la rue, le quartier, le parc ou
la campagne où il se promène seul ou en compagnie de son maître est le
domaine vital, tandis que la niche, la maison, la voiture ou le domaine
du propriétaire est assimilé à la tanière, c'est-à-dire le territoire
qui est défendu. L'homme occupe la place de l'individu "alpha" de la
meute dont son animal s' imagine faire partie.
e) Comportement social et utilisation du chien.
Pour
utiliser ou même vivre correctement avec un chien, il est souhaitable
de bien connaître les principes de l'apprentissage qui permettront de
réaliser une éducation et un dressage adéquats. Nombreux propriétaires
commettent des erreurs à cet égard, des chiens sont ainsi "gâchés"
définitivement et doivent malheureusement être éliminés .
- Socialisation
Pour qu'un chien domestique réponde aux critères exigés d'un
animal de compagnie ou de travail, il faut qu'il soit correctement
socialisé à l'homme.
Un chiot enlevé à sa mère et élevé au biberon,
sans contact avec ses congénères, est hypersocialisé à l'homme. Il
éprouve peu d'intérêt ou de la peur à l'égard des autres chiens. Son
attachement et sa dépendance vis-à-vis des personnes humaines sont
exagérés. On observe chez lui des troubles comportementaux:
comportement sexuel orienté vers l'homme, comportement maternel
perturbé ( lactation nerveuse), insuffisant ou inexistant (agalaxie),
absence du répertoire de communication interspécifique. Devenu adulte,
ce ne sera pas un chien et en tout cas, il n'aura pas conscience d'en
être un.
A l'inverse, un chiot privé de tout contact humain
pendant les trois premiers mois de sa vie est peureux ou agressif
vis-à-vis de l'homme. Il évite toute proximité et tout contact physique
avec lui. Il est éventuellement possible de l'apprivoiser (
socialisation secondaire), mais pas de l'éduquer ni de le dresser.
Devenu adulte, il sera absolument inutilisable.
Pratiquement, il est
donc essentiel que le chiot ait des contacts ausi bien avec les chiens
qu'avec l'homme, dès le début de la période de socialisation
( c'est-à-dire dès qu'il a 21 jours).
Le
nombre et la durée des contacts, de même que leur qualité, sont
importants. La simple distribution de nourriture ne créant aucun lien.
Les
chiots souvents manipulés et placés dans des situations variées et
nombreuses où l'homme et le chien sont impliqués, deviennent plus forts
psychiquement et sont plus aptes à comprendre le dressage.
Selon l'utilisation que l'on aura du chien, on le socialisera plus ou moins à l'homme et plus ou moins à l'espèce canine.
Ainsi
les chiens de compagnie, les chiens d'arrêt et retrievers peuvent être
fort socialisés à l'homme. Ils vivent en permanence aà son contact et
doivent être aptes à communiquer avec lui et à l'apprentissage.
Les
chiens de garde et de défense doient être relativement bien socialisés
à l'homme, suffisamment pour être bien dressés et pas trop pour ne pas
faire preuve d'un excès de soumission vis-à-vis d'un malfaiteur dont
ils sont supposés protéger leur maître ou ses biens.
Les chiens de
chasse à courre et les lévriers doivent être très bien socialisés à
l'espèce canine car ils vivent et chassent en meutes ou en petits
groupes. Leur utilisation implique une parfaite coordination de leurs
déplacements qui elle-même est sous la dépendance d'une bonne entente
et d'une excellente communicablilité entre les individus.
Le schéma habituellement conseillé est le suivant ( il est à adapter à la race du chien et à sa fonction):
- entre le 21ième jour et la fin de la 6ième semaine: contacts et manipulations par l'éleveur.
-
un jour de la 7ième semaine ( au cours de laquelle les chiots sont
normalement sevrés) transfert du chiot du domicile de l'éleveur jusque
chez son nouveau propriétaire.
De cette façon, la socialisation
primaire du chien est acquise par le contact avec la mère et les autres
chiots. les visites de l'éleveur permettent l'identification de l'homme
comme espèce amie. Le transfert à un moment où l'aversion envers ce qui
n'est pas connu n'est pas trop développée, évite le stress.
Il est à
noter qu'il y a matière à discussion sur le moment le plus favorable au
sevrage. Entrent en compte les possibilités de transmission de maladies
virales, le moment des vaccinations, la compétence de l'éleveur et
celle du maître.
Signalons qu'il est possible de socialiser des
chiens à d'autres espèces animales à condition de les mettre en contact
pendant la période de formation.
- communication entre l'homme et le chien.
Certaines attitudes, certains mouvements de l'homme ( parfois
effectués inconsciemment) représente des signaux pour le chien qui peut
y répondre.
- La stature verticale de l'homme et sa
taille plus grande impressionnent le chien qui se sent dominé. Par
contre, si l'on fait une chute sur le sol, on se trouve en infériorité.
L'insolite de la posture, surtout si l'on s'agite un peu, incite le
chien à attaquer.
- L'oeil humain est très précis en son
centre, son contour pupillaire étant nettement délimité, cette
disposition est moins précise dans l'espèce canine. Or pour un chien,
un regard fixe, focalisé et orienté vers lui, constitue un signal de
provocation ( dévisager, c'est menacer dans le langage canin). Pour
approcher un animal sur ses gardes, il convient de regarder
derrière lui, dans le vague, en ne laissant pas les yeux s'arrêter dans
les siens.
- La distance de fuite constitue la limite au-delà
de laquelle un chien se sent en sécurité. Une clotûre, une haie, les
barreaux d'une cage, la porte de la voiture ou de la maison peuvent se
substituer à la distance de fuite. Si on franchit la limite, le chien
se sent en danger et, selon son tempérament, il réagira par la fuite
(s'il peut) ou par le combat ou encore par la soumission.
Lors
de l'éducation du jeune chien, entre la 7ième et la 16ième semaine,
celui-ci est particulièrement réceptif à la notion de hiérarchie de
dominance. Le maître doit donc lui faire clairement comprendre que sa
place est celle d'un chef de meute et qu'aucune contestation ne sera
permise.
On affirme sa position hiérarchique supérieure par la voix,
par l'attitude, par l'orientation du regard. Il est conseillé de
prendre fréquemment dans les mains le chiot, se saisir son museau et de
le maintenir fermé ou de le plaquer au sol, d'agripper la peau du cou
et de le secouer.
Au sein de la meute, l'individu "alpha" est
flatté, caressé, léché, courtisé par les autres animaux. Si un
propriétaire cajole de façon excessive son chien, celui-ci adoptera une
position dominante.
Lors de l'éducation ou lors du dressage, il est
toujours préférable d'utiliser le renforcement positif que le
renforcement négatif ( récompenser un comportement souhaitable au lieu
de punir un mauvais comportement). Un des renforcements positifs qui
constitue une des meilleures récompense chez le chien est la caresse du
ventre ou de la gorge. Il faut savoir aussi qu'une punition ne peut
être prolongée après que l'animal a manifesté sa soumission et qu'elle
doit être administrée immédiatement après l' acte fautif et non
différée. En effet, le chien ne comprend pas la vengeance et réagira
par la peur ou par une agressivité permanente à cette crainte. De même,
il ne comprend jamais si on le punit lorsqu'il revient au pied après
avoir commis une faute. Parmi les renforcements négatifs, les coups ne
sont pas toujours perçus comme des punitions. Ils peuvent être
interprétés comme un jeu ( coup administré trop miollement ou avec un
journal) ou bien.....comme une récompense. Le contact physique avec son
maître lors de coup le remplit de joie même si ce contact est brutal.
la voix et l'attitude du maître ont un rôle aussi important que la
vigueur des coups. La main ou la laisse ne peuvent être utilisées car
l'animal doit associer punition et objet servant à punir. La pire des
punitions est de secouer le chien par la peau du cou.
- Tests de sélection comportementale
W. Campbell a mis au point une série de cinq test qui consistent en des manipulations des chiots:
Ces tests sont une indication, une idée, une papproximation du caractère du chiot , ils n'ont aucun caractère d'absolu...
Ils
doivent, idéalement, être réalisés à 7 semaines ( entre 6 et 8
semaines), c'est-à-dire après la phase de formation et avant que l'
éducation, le dressage et l'environnement aient modifié le caractère.
On considère que le chien est "fait" à l'âge de 5 à 6 mois.
A 7
semaines, les tests permettent de révéler les tendances innées et de
faire le bilan de l'influence de la mère et de la nichée, de l'état de
socialisation et de celui de l'expérience précoce.
Le caractère du
chiot sera ensuite modulé en fonction de son environnement, certaines
tendances allant s'exacerber et d'autres s'atténuer.
Comment réaliser ces tests:
Test d'attraction par rapport à l'homme
Définissez une zone de votre choix, pénétrez à l'intérieur et placez doucement
le chiot en son centre, puis éloignez-vous de lui de quelques mètres dans le
sens opposé à celui par lequel vous êtes entré. Agenouillez-vous alors et
essayer d'attirer le chiot en frappant doucement dans vos mains. Vous verrez
alors s'il vient vers vous ou non, et, dans l'affirmative, s'il porte son fouet
(queue) haut ou bas. Cela vous permettra d'apprécier son sens social et de tirer
des conclusions sur sa nature, plus ou moins confiante, ou indépendante
Test d'aptitude à suivre l'homme
Debout près du chiot, éloignez-vous-en, en marchant normalement. Ses
réactions révéleront clairement son aptitude plus ou moins grande à vous suivre.
S'il ne vient pas du tout, il est très indépendant. Assurez-vous tout de même
qu'il vous a vu démarrer.
Test de contrainte
Accroupissez-vous et couchez le chiot au sol en le roulant gentiment sur le
dos; tenez-le ainsi, une main posée sur sa poitrine pendant 30 secondes. Le
chiot peut se défendre férocement, crier, se débattre, mordre ou bien se calmer
et vous lécher les mains. Sa réaction indique l'acceptation ou le refus de votre
autorité ainsi que ses tendances-réflexes: réflexes actifs de défense (agressif)
ou réflexes passifs de défense (couard).
(Durée 30 secondes)
Test d'acceptation de la dominance de l'homme
Un chien dominant pose ses pattes antérieures sur la nuque et le garrot du
subordonné. Pour savoir s'il accepte votre domination, procédez de la façon
suivante: accroupissez-vous à côté du chiot couché; caressez-le doucement depuis
le sommet du crâne, en descendant le long du cou et du dos; exercez
éventuellement une certaine pression pour qu'il reste dans cette position. Son
attitude sous la caresse indique son acceptation ou son refus de votre dominance
sociale. Un chiot très dominant essaiera de mordre, grondera ou sautera sur
vous. Le chiot indépendant se contentera de s'écarter. (Durée 30 secondes)
Test de la position élevée.
Soulevez le chiot doucement, vos deux mains entrelacées sous son sternum, de
façon qu'il ne touche plus terre. Tenez-le ainsi 30 secondes: le chiot, qui n'a
plus aucun contrôle, doit se fier entièrement à vous et accepter votre
dominance. Vous observerez alors s'il s'accommode ou non de cette situation.
Vous le reposerez ensuite à terre et noterez le résultat.
(Durée 30 secondes
)
| Test d'attraction par rapport à l'homme | Test d'aptitude à suivre l'homme | Test de contrainte | test d'acceptation de la dominance de l'homme | Test de la position élevée. |
| chiot très dominant | le chiot vient immédiatement, la queue est portée haute, il se jette sur l'homme et mordille ses mains
| Il suit immédiatement, la queue est portée haute, il vient entre les pieds,mord les pieds | Il se rebelle violemment, se débat et mord | Il saute sur l'homme pose ses pattes, mord grogne | Il se rebelle, mord, grogne |
| chiot dominant | Il vient immédiatement, la queue haute et pose ses pattes sur les mains | il suit immédiatement, la queue est haute et il vient entre les pieds de l'homme | Il se rebelle violemment, se débat | IL saute sur l'homme, pose ses pattes, lèche les mains | se rebelle violemment |
| soumis | il vient immédiatement, la queue est basse | il suit immédiatement, la queue est basse | Il se rebelle, se calme et lèche les mains | Il se tourne et lèche les mains | Il se rebelle violemment, se débat et mord |
| très soumis | il suit avec hésitation, la queue basse | il suit avec hésitation, la queue est basse | il ne se rebelle pas et lèche les mains | Il se tourne asis sur son arrière -train, lèche les mains | il ne se rebelle pas et lèche les mains |
| inhibé | il ne vient pas | il ne suit pas et s'en va | | S' en va et reste au loin | |
Test complémentaires
Mettre le chiot avec des chiens adultes calmes et équilibrés
S'il recherche le contact et se met en position de
soumission (en offrant son ventre, couché sur le dos), l'animal est "bien dans
sa peau" et s'intègre dans la société canine, et il est permis de penser qu'il
en sera de même au sein d'une famille.
Si, au contraire, il refuse toute
autorité extérieure, des problèmes de dominances risquent de se poser. S'il
évite tout contact, des difficultés comportementales inhérentes à la peur et à
la timidité sont à prévoir.
Mettre le chiot dans un environnement inconnu
- Le chiot extraverti crie, aboie, se promène
(bonne réaction).
- Le chiot timide, inhibé, pour sa part, reste sur place,
tremble, a peur.
- Le lymphatique rampe modérément.
- L'indépendant flaire
à droite à gauche.
- Le soumis cherche une présence rassurante.
Réactions aux bruits
(sifflets,
claquements de mains)
Noter les réactions du chiot : réagit-il de façon
agressive en grognant ?, fuit-il ?, cherche-t-il à se cacher dans un coin ?,
est-il indifférent ? curieux ?, cherche-t-il une présence rassurante ?,
reste-t-il prostré de peur ? ....
Test du miroir
Il consiste à
placer le chien âgé de moins de 3 mois devant une glace.
- Si le chiot reste
immobile, il est équilibré mais plutôt hardi et dominant.
- S'il s'approche,
puis recule, manifestant à la fois de l'intérêt et de la réserve, il est tendre
et gentil.
- S'il grogne ou s'enfuit, il est craintif et peu sociable.
Mettre le chiot en présence d'un jouet télécommandé.
- S'il saute dessus, le
chiot est de nature plutôt agressive.
- S'il l'ignore, c'est un indépendant.
- S'il va se cacher, c'est un peureux.
- Enfin, s'il s'intéresse au
jouet, tout en prenant soin de l'éviter quand celui-ci se dirige vers lui, c'est
un chiot bien équilibré.
7) Le comportement reproducteur.
a) Déroulement de la reproduction.
Le chien mâle est pubère entre 6 mois et 3 ans, selon la race à
laquelle il appartient. Pour la plupart d'entre elles, cela se produit
entre le 9ième et le 12ième mois.
La lice a ses premières chaleurs
entre 8 et 14 mois. Dans de nombreuses races, le mâles sont adultes le
spremiers, dans d'autres ( salukis, chow-chow), ce sont les femelles.
Au
cours de leurs jeux, on observe, dès 5 mois, les chiots mâles font des
tentativs de saillie alors que les femelles ne présentent aucune
attitud eparticulière de cet ordre.
La chienne à deux cycles
oestraux par an ( un seul dans certaines races). le moment d'apparition
des chaleurs semble indépendant des saisons. La période pendant
laquelle la femelle présente des manifestations génitales dure environ
18 jours. Durant la première moitié se déroule le proestrus:
la vulve est oedématiée et un écoulement d'origine vaginale abondant et
sanguinolent est observé. La chienne attire les mâles, mais refuse la
saillie. Durant la seconde moitié de ces 18 jours, on assiste à l'oestrus
proprement dit: les écoulements d'origine vaginales sont souvent
plus clairs et plus discrets, la chienne est nerveuse et agitée, elle
recherche le mâle et accepte la saillie. L'ovulation se produit vers le 11 ième jour après le début des écoulements ( soit 2 jours après le début de l'oestrus).
Pendant
l'oestrus, le réflexe d'Amantea est positif: un attouchement de la
région périnéale provoque l'extension du rachis, la déviation de la
queue vers le côté opposé au stimuls et l'ouverture des lèvres vulaires.

b) Comportement sexuel
1) Recherche du partenaire:
Le mâle reconnaît la proximité d'une femelle en chaleurs par
l'odeur de son urine. Celle-ci contient probablement des phéromones
consistant en des métabolites des oestrogènes. Il faut cependant
remarquer que le chien ne sait pas de façon innée que l'odeur
particulière de la chienne en chaleurs correspond à une réceptivité de
sa part. La reconnaissance de la réceptivité de la chienne est surtout
le résultat d'un conditionnement par essais et erreurs.
Le mâle
flaire longuement l'urine de la femelle en oestrus. Il la lèche parfois
et peut, à cette occasion, effectuer le flehmen ( retroussement de la
lèvre supérieure). Il urine au même endroit et reste aux alentours ou
suit sa piste.
La lice ne reste pas inactive lors de l'oestrus, elle
recherche également un partenaire. On a même pu démontrer que la
précision d'orientation de la femelle vers le mâle est supérieure à
celle du mâle vers la femelle. Chez cette dernière, ce comportement est
inné, car il est présent chez un animal inexpérimenté.
2) Comportement précopulatoire:
Les premières avances sont marquées par une exploration
olfactive réciproque souvent suivie par des attitudes d'invitation au
jeu, par le frétillement de la queue, par des courses ensemble. Le mâle
reste très près de la femelle, il urine souvent, il lui flaire la tête
et le corps. Tandis que son excitation augmente, il passe de plus en
plus de temps à lui lécher la vulve. Si la lice est en proestrus, elle
ne s' immobilise pas suffisamment longtemps, se détourne, s'assied ou
se couche si le mâle veut la monter. On observe alors que les jeux et
les courses reprennent.
Il peut se produire que la chienne monte le
mâle ( surtout lorsqu'il est inexpérimenté) et éffectue quelques
poussées du bassin. Cela ne contrarie cependant pas le déroulement
normal d'un accouplement ultérieur.
3) Accouplement:
Après la monte, le mâle effectue de poussées du bassin qui
permettent l'intromission du pénis. Les animaux expérimentés réalisent
celle-ci dès la première monte en moins d'une minute. dans le cas
contraire, les tentatives se répètent, parfois pendant des heures....
La
partie postérieure du pénis ( bulbe du gland) entre en érection
seulement après l'intromission. ce phénomène est accompagné par une
contraction des muscles du vagin, ce qui empêche toute séparation des
deux animaux accouplés tant que le pénis n'est pas revenu à son volume
initial. Ce "nouage" dure entre10 et 30 minutes; l'éjaculation se
produit à ce moment.
La chienne cherche parfois à s'éloigner du chien lorsqu'ils sont "noués", celui-ci est alors traîné ou jeté sur le sol.
4) Comportement post-copulatoire:
Il
est limité à un bref léchage des régions anales. le mâle reste
réfractaire à tout comportement sexuel pendnat un certain temps. On
observe parfois plusieurs accouplements successifs ( jusque 5).
c) Intensité du comportement sexuel
L'établissement
de relations préférentielles conduit parfois à un choix du
partenaire qui peut être réciproque ou être le fait du mâle ou de la
femelle.
Chez les chiens se trouvant en semi-liberté, on observe des attroupements de mâles autour d'une chienne réceptive.
Celle-ci
accepte des partenaires successifs, l'ordre de passage s'établit selon
le rang hiérarchique. D'autre part, il est rare qu'une femelle accepte
de se faire couvrir par un mâle qu'elle domine.
Un mâle effectuera
normalement la saillie sur son territoire. Celui-ci étant bien connu de
lui et imprégné par son odeur. En dehors de ces lieux, il éprouve
souvent une certaine inquiétude telle qu'il refuse de s' accoupler tant
qu'il n'est pas familiarisé avec le nouvel environnement. Cela peut
prendre un certain temps, c'est pourquoi l'usage veut que ce soit la femelle qui se déplace.
Si
un chien est castré avant la puberté, le comportement sexuel ne
disparaît pas immédiatement. On observe une baisse lente et progressive
de l'activité génitale, l'éjaculation étant le phénomène le plus
sensible à l'absence d'androgènes. Ce sont les individus expérimentés
qui conservent le plus longtemps leurs capacités.

d) Gestation et accouchement
La gestation dure de 60 à 65 jours.
Quelques
jours avant l'acouchement, la chienne est inquiète, elle recherche un
"nid" et choisit un endroit qui ressemble à la tanière de ses ancêtres
sauvages, son appétit diminue au fur et à mesure. Les chiots naissent à
des intervalles variant entre 5 minutes et plusieurs heures ( en
moyenne ; 40 mnutes).
La présentation est indifféremment antérieure
ou postérieure. La mère rompt le sac amniotique, sectionne le cordon
ombilical et lèche vigoureusement son petit. L'arrière-faix est expulsé
quelques temps après et est ingéré, tandis que les liquides foetaux
sont absorbés par léchage.
e) Comportement maternel
Le comportement maternel est très intense au début de
l'allaitement. Durant les premiers jours, la chienne reste tout le
temps au nid, elle ne s'en éloigne que pour s'alimenter, s'abreuver et
faire ses besoins.
Progressivement, elle passe de moins en moins de
temps avec ses jeunes. A partir de la quatrième semaine, il arrivé que
certaines mères régurgitent leur contenu stomacal devant leur portée
qui s'empresse de la manger. Vers la cinquième semaine, la quantité de
lait produite par la chienne diminue. Elle n'accepte plus de nourrir
que pendant quelques courtes périodes par jour et repousse par des
grognements les chiots qui se montrent trop insistants.
f) Comportement néo-natal.
Le développement du comportement
social dans l'espèce canine s'effectue de manière progressive pendant
la croissance en suivant une chronologie pratiquement immuable.
J.P. Scott etJ.L. Fuller ont divisé le jeune âge du chien en plusieurs périodes:
- la période néo-natale: de 0 à 14 jours.
- la période de transition : de 14 à 21 jours.
- la période de socialisation : de 21 à 12 semaines.
- la période juvénile: de 12 semaines à la puberté.
- La période néo-natale
Pendant
cette période, l'interattraction sociale est très réduite et le
rapprochement des chiots l'un vers l'autre est dû à leur intérêt commun
pour le nid et leur mère. Il est aussi destiné à assurer une meilleure
thermorégulation.
La
période néo-natale ou phase végétative se déroule donc durant les deux
premières semaines de la vie. Les organes des sens du chiot sont loin
d'être tous fonctionnels. Le tact et le goût sont développés, il
possède le sens de l'équilibre et du vide.
Les activités motrices
sont réduites à ce qui est nécessaire pour trouver la mère ou les
autres chiots dans la tannière. Il arrête ses mouvements lorsqu'il
touche sa mère ou les autres chiots. Le tonus musculaire apparaît lors
de la première respiration. Les circuits nerveux qui commandent et
coordonnent les contractions musculaires ne fonctionnent pas tous.
L'alimentation est constituée uniquement de lait.
Pour localiser la
mamelle, le chiot effectue le "rooting reflex": il fouille du museau en
avançant. Il tète en piétinant vers l'avant au moyen des antérieurs, ce
qui favorise l'éjection du lait. Il peut également lécher.
Le
comportement éliminatoire est déclenché par le léchage de la zone
uro-génitale et du ventre par la mère. Il précède généralement le
comportement alimentaire.
La communication est limitée aux cris de
détresse et il n'existe pas d'interattractionssociales entre les
membres de la nichée. Le fait que les chiots se serrent les uns contre
les autres est destiné uniquement à assurer la thermorégulation.
Les
chiopts dorment beaucoup ( 85 à 98 % de leur temps). Les mécanismes
thermo-régulateurs sont insuffisants pour maintenir la température
corporelle. Le chien naît poïkilotherme et devient progressivement
homéotherme. Ce n'est qu'à quatre semaine que la thermorégulation est
assurée.
- La période de transition
Elle
correspond à une ouverture du chiot au monde extérieur par la mise en
fonction de ses organes des sens et par un développement de ses
aptitudes motrices. Il explore sa mère et ses frères et soeurs. On
n'observe pas encore de réaction de peur.
La période de transition ou phase d'éveil a lieu durant la troisième semaine.
Les
organes des sens deviennent progressivement fonctionnels. L'audition
apparaît entre 14 et 18 jours avec le réflexe de sursautement. Les
paupières s' ouvrent entre 10 et 16 jours et la vue se développe
graduellement.
Les capacités motrices évoluent aussi; le chiot peut
se tenir debout sur les quatre pattes à partir du 12ième- 14ième jour.
Il marche au lieu de ramper. Dès le vingtième jour, il s'assied. Les
mouvements pendulaires de la tête disparaissent dès qu'il peut
voir plus nettement.
Le comportement eploratoire apparaît à cet âge
et se traduit par les premières sorties hors du nid. Le rooting réflexe
disparaît. Eruption des premières dents de lait ( 21 jours) et
apparition de mouvements de mordillements et de mâchonnement. Le chiot
en capable de lapper. Dans certains cas, on observe que le jeune lèche
et mordille la commissure des lèvres de la mère pour solliciter la
régurgitation d'aliments prédigérés.
Le comportement éliminatoire
est oujours provoqué par la stimulation de la mère qui ingère les
excréta. Il commence a faire ses besoins hors du nid, soit n'importe
où, soit aù la mère élimine.
Le comportement social se marque par
l'apparition de certains signaux visuels tels que le fait de
remuer la queue et des signaux auditifs; grognements et aboiements sont
émis. Le chiot commence à jouer avec maladresse, il mordille ses
compagnons, mais les morsures sont peu douloureuses tant que les dents
ne sont pas présentes.
Les périodes d'activité représentent une part
plus importante du temps total (35%). Il est possible de conditionner
les chiots à partir de cette période.
- La période de sociabilisation
Lors
de cette période, les capacités sensorielles se perfectionnent:
l'orientation auditive et l'orientation visuelle apparaissent entre 20
et 25 jours. A 7 semaines, le fonctionnement des organes des sens est
comparable à celui de l'adulte.
La
coordination des organes locomoteurs est de plus en plus précise, ce
qui permet au chiot de s'éloigner de plus en plus du nid. A 7 semaines,
il marche, court, franchit des obstacles. La croissance est très rapide.
Le
comportement exploratoire se développe parallèlement aux aptitudes
sensorielles et motrices. Il s'adresse à l'environnement inanimé et
animé (mère, autres chiots, humains). Les différents organes des sens
entrent en jeu; le chiot renifle, regarde, mordille. Il s'approche des
sources de sons.
Concernnat le comportement alimentaire, on
assiste, entre la 4ième et la 7ième semaine, au passage progressif de
l'alimentation lactée à l'alimentation solide. La mère quitte le nid de
plus en plus souvent. Elle allaite en position debout tandis que les
jeunes courent après elle. Les chiots de cinq semaines sont parfois
repoussés par des grognements ou des coups de museau. Ce sevrage
progressif se termine à l'âge de 7 semaines. A cet âge, les dents de
lait fines et pointues blessent les mamelles, elles sont adaptées à la
préhension d'aliments semi-solide. la mastication est malaisée.
Le chiot lappe de l'eau et du lait à partir de la 3ième- 4ième semaine.
Le
réflexe d'élimination engendré par le léchage périnéal disparaît vers
21 jours. Le comportement éliminatoire se déroule dès la 4ième semaine
selon la séquence suivante: après une période de sommeil, les chiots
quittent le nid et urinent, ensuite, ils se nourissent, puis passent un
certain temps à jouer.
Au bout d' un moment, ils s'éloignent en
flairant le sol à la recherche d'un endroit pour déféquer et uriner. L'
intervalle de temps entre deux éliminations devient de plus en plus
long. Au début, la miction ou la défécation est effectuée sur tout
endroit qui a été utilisé précédemment, ensuite, à partir de 7-8
semaines, les endroits deviennent plus précis et sont de plus en plus
éloignés du nid ou de la source de nourriture.
Cette période
constitue une période critique pour le développemnt du comportement
social; apprentissage des espèces amies, des moyens de communication et
de la structure sociale.
Ainsi on remarque que les activités
ludiques se développent de plus en plus: combat stimulés, coups de
pattes, monter sur le dos des autres, ébauches du comportement sexuel (
monte, étreinte, poussées du bassin). A 7 semaines, le jeu constitue la
principale activité des chiots.
A 7 semaines, on observe des signaux
visuels consistant en des attitudes de dominance et de soumission
parfois nuancées. A un mois, le chiot aboit, grogne, pleure, son
répertoire vocal est pratiquement complet.
La communication tactile
est encore peu développée. On observe pas d'allogrooming sauf si un
autre chiot présente une plaie ouverte.
A 7 semaines apparaît le comportement allélomimétique avec parfois des attaques en groupe contre un individu de la nichée.
Le
comportement veille-sommeil évolue dans le sens d'une réduction du
temps de sommeil qui, à un mois, ne représente plus que 35% du temps
total et se répartit plus ou moins également entre sommeil normal et
sommeil paradoxal.
D'un point de vue éthologique, comme nous l'avons vu par ailleurs, elle peut être subdivisée en deux phases successives:
- la phase de formation: de la 4ième à la 7ième semaine
- la phase de socialisation proprement dite: de la 8ième à la 12ième semaine.
La phase de formation
Durant
cette période, le chiot identifie les espèces amies, c'est-à-dire
celles avec lesquelles des relations sociales peuvent être entretenues
( en principe l'espèce canine et l'espèce humaine). Il est attiré par
les individus qu'il rencontre, il n'éprouve pas de peur envers eux ou
la domine facilement. Il apprend à les reconnaître et à généraliser les
caractères de reconnaissance. A partir de l'âge de 40 jours, il
commence à avoir des réactions d'aversion envers des animaux ne
présentant pas ces caractères. La période correspondant à cette phase
de formation est donc une période critique pour l'apprentissage des
critères d'identification des espèces amies.
A
ce moment on observe aussi que certaines modalités du comportement
social commencent à se évelopper, principalement par le jeu. A tros
semaines et demi, le chiot effetue la posture d'invitation au jeu. A
partir de la quatrième semaine, le chiot apprend la " morsure inhibée",
celle qui est tolérée par un partenaire de jeu mais qui est
insuffisante lors d'un combat agressif. A cet âge apparaît également le
comportement de défense d'un objet ou d'une substance alimentaire.
La phase de socialisation proprement dite
Etapes du developpement comportemental du chien

Durant cette période, la crainte s'installe et limite de plus en plus
la possibilité d'établissement de rapports avec de nouvelles espèces.
Les individus nouveaux, ne présentant pas les caractères observés et
mémorisés pendant la période de formation font l'objet de réactions
de crainte ou de réactions agressives.
Par
contre, cet âge est propice à l' apprentissage déjà commencé
précédemment des moyens de communication et du comportement de
groupe.Par le jeu avec ses frères et soeurs, par les rapports avec sa
mère et avec d'autres animaux adultes, le jeune chien apprend à
accepter la suprématie des individus hiérarchiquement supérieurs. Il
apprend à suivre les leaders. Il a confiance en eux et attend une
certaine protection de leur part.
- La période juvénile
Elle
peut aussi être subdivisée en deux phases:
-
la phase de hiérarchisation: entre 3 et 4 mois
- la phase d'organisation en bande : entre 4 mois et la puberté
phase de hiérarchisation
Au
cours de cette phase, les relations de dominance et de subordination
sont établies entre les membres de la nichée par des combats qui
peuvent être sérieux. Un chiot, mâle ou femelle, devient l'individu dominant de la bande. Parmi
les plus dominés, on observe parfois des retards dans le développement
physique ou psychique ( juvénilité comportementale à l'âge adulte).
La soumission aux chiens adultes et à la mère n'est pas remise en question.
La phase de hiérarchisation comprend également le renforcement de la sociabilisation effectuée plus tôt.
phase d' organisation en bande
Durant
cette phase, les positions hiérarchiques se renforcent, le
développement comportemental typique de l'espèce étant pratiquement
acquis.
g) Elevage artificiel des chiots.
L'
élevage artificiel des chiots, oute les impératifs concernant l'aspect
quantitatif et qualitatif de l'alimentation, doit tenir compte de
certaines nécessités d'ordre éthologique: nombre de biberons par jour (
8 par jour du 1ier au 3ième jour; 6 par jour du 4ième au 12 ième jour;
5 à 3 par jour du 13ième au 45 ième jour).. Les apports d'aliments
solides commencent à partir de la 4ième semaine. On peut offrir la
possibilité pour les chiots de trépigner des antérieurs sur un rouleau
d'étoffe lorsqu'ils tètent. Des massages réguliers du périnée sont
nécessaires pour provoquer la miction et la défécation. La température
doit être suffisante ( 30 à 32° les 3 premiers jours, 27° du 4ième au
15ième jour, 23° du 16ième au 45ième jour).
e.
sommaire
Bibliographie:
- WE CAMPELL (1975)
Bhavior problems in dogs
- MW FOX ( 1965)
Canine behavior
glossaire
L'ére tertiaire comprend successivement l' Eocène, l'Oligocène, le Miocène et le Pliocène.
L'articulation du carpe correspond, chez l'homme, à celle du poignet. Chez les animaux, on parle de genou.
L' ère quaternaire comprend successivement le Pléistocène ( paléolithique ou âge de la pierre taillée), l'Holocène (néolithique ou âge de la pierre polie) et l'âge des métaux.
Patrons-moteurs.
Chaque comportement peut être divisé en une série de composants
organisés ayant une fonction particulière; ces unités sont appelées
"patrons-moteurs". Par exemple, le comportement alimentaire des bovins
comprend plusieurs patrons-moteurs dont l'un consiste en le fait de
brouter.